René CANTO

1996 - Le capitaine de police René Canto est abattu par deux malfaiteurs fichés au grand banditisme corse au cours d'une filature dans les hauteurs d'Ajaccio.


Originaire de Béziers (Hérault), il était âgé de trente-cinq ans. Surnommé le "chevalier blanc", il est décrit par ses proches et collègues comme un formidable amuseur, plein d'énergie et enthousiaste. Après treize ans de services civils et militaires, il se révélait également un excellent chef d'équipe.

Marié et père de deux enfants, René Canto est nommé Commissaire de Police et élevé au rang de chevalier de la légion d'honneur à titre posthume. 

Cité à l'ordre de la nation, il repose désormais au cimetière de Béziers.
En Mars 1996, un détachement d'une quinzaine de policiers de l'unité d'élite RAID (Recherche, assistance, intervention et dissuasion) travaille en appui de la police judiciaire à la surveillance des mouvances nationalistes corses, alors en proie à des luttes intestines. Près de quarante individus ont effectivement trouvé la mort dans une série de règlements de comptes à l'arme de guerre entre insulaires.

A Cuncolta Naziunalista (ACN), mouvement né en 1987 regroupant l'essentiel des nationalistes corses, sert alors de représentant politique légal du FLNC, interdit en 1983. Mais en 1989 une première scission donne naissance à Accolta Naziunali Corsa (ANC) et en 1990, une nouvelle rupture interne crée le Mouvement pour l'autodétermination (MPA).

Mardi 16 Avril 1996. Neuf policiers en civils, circulant à bord de trois véhicules banalisés, procèdent à la filature d'un véhicule Toyota sur le Chemin de Loretto dans les hauteurs d'Ajaccio (Corse-du-sud). La Toyota est montée par deux activistes fichés au canal historique du FLNC : Jean-Luc Orsoni, vingt-huit ans, et Charles Santoni, trente-trois ans.

Les policiers agissent sur commission rogatoire dans le cadre d'une tentative d'assassinat commis le 8 Mars 1996 contre Yves Manunta, militant nationaliste de l'ANC. Charles Santoni serait impliqué. Ordre est donné aux policiers de procéder à l'interpellation des deux individus, mais ces derniers les repèrent. Dans une courbe, les deux malfaiteurs porteurs de gilets par balle et lourdement armés stoppent leur véhicule et choisissent d'attendre leurs poursuivants. Il est 19h15.

Une fusillade très violente éclate. Dans la Renault Clio banalisée, le Capitaine de police René Canto, en position de chef de bord, est atteint mortellement par trois projectiles. A ses côtés, le gardien de la paix Louis Garcia est grièvement atteint au ventre. Le brigadier-chef Paul-André Courtine s'extirpe de l'arrière du véhicule de police et abat Jean-Luc Orsoni tandis que Charles Santoni est blessé et neutralisé. Trente huit coups de feu ont été tirés en quelques instants.

Jeudi 18 Avril 1996. Une cérémonie est organisée autour du corps du Capitaine René Canto à l'aéroport de Campo Dell'Oro en présence de nombreux officiels et de ses proches collègues.

Le RAID est remplacé sur le terrain par des policiers de l'Office central de répression du banditisme et l'enquête confiée à la Police judiciaire d'Ajaccio ainsi qu'à la 14ème section anti-terroriste du parquet de Paris.

Jeudi 25 Novembre 1999. La cour d'assises spéciale de Paris condamne Charles Santoni a vingt-huit ans de réclusion criminelle. Ce dernier a toujours laissé entendre lors du procès qu'il s'agissait d'une méprise et que les policiers ont été confondus avec des rivaux du MPA. Reste qu'il a bien tiré de façon préméditée pour tuer.

Sources et références :
Journal officiel n°116 du 19 mai 1996 page 7566, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel n°138 du 15 juin 1996 page 8913 , "Ordre de la légion d'honneur, décret portant nomination"
Le Monde, article de Acacio Pereira du 29/11/1999, "Le procès du nationaliste corse Charles Santoni [...]"
Libération du 13/02/1998 , "Mon fils, le capitaine René Canto, policier du RAID [...]"
Libération du 23/11/1999 , "En 1996, un policier du Raid était tué à Ajaccio. Santoni, un Corse au box"
Libération du 26/11/1999 , "Meurtrier d'un policier, Santoni condamné à 28 ans [...]"
"Le jour où j'ai tué HB" - Daniel Boulanger, de l'Académie Goncourt éd.2007

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