Stéphane GATTEAU

2012 - Le brigadier Stéphane Gatteau est victime de violences volontaires alors qu'il tente de raisonner un individu auteur d'une agression à Arras.

Originaire du Pas-de-Calais, Stéphane Gatteau avait 40 ans. Décrit comme quelqu'un de calme et très ouvert au dialogue, il meurt trois jours après l'agression.
Dimanche 11 Novembre 2012. Vers 2h00 du matin, une rixe éclate entre plusieurs individus et le responsable d'un bar qui vient de les refouler de l'établissement à cause de leur comportement, rue aux Ours à Arras (Pas-de-Calais).

Un policier qui n'est pas en service assiste à la scène. Stéphane Gatteau, brigadier en fonction au groupe d'appui judiciaire au commissariat de Lille-sud ne fait pas état de sa profession, mais il décide d'intervenir.

L'individu prend la fuite à pieds à travers la Place des Héros. Dans une brève poursuite qui les emmène à l'angle de la Rue Désiré Delansorne, l'individu fait soudain volte-face, et assène un puissant coup de poing à son poursuivant, au niveau de la tempe. Le policier perd immédiatement connaissance tandis que le malfaiteur continue de le frapper au sol, comme le prouveront les images de la vidéosurveillance. Mickaël Morvan, trente-deux ans, est interpellé par un équipage de Police.

Mercredi 14 Novembre 2012. Le brigadier Stéphane Gatteau meurt au CHRU de Lille des suites d'une hémorragie cérébrale, consécutivement au coup qu'il a reçu à la tempe. Il avait quarante ans. Son meurtrier, déjà condamné pour des faits de droit commun, est mis en examen et écroué pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Mardi 11 Décembre 2012. Le maire de la commune d'Arras autorise et célèbre l'apposition d'une plaque commémorative en mémoire de Stéphane Gatteau, en présence de ses proches.

Mercredi 15 juin 2016. La cour d'assises du Pas-de-Calais condamne Mickaël Morvan à six ans de réclusion criminelle. Douze ans avait été requis contre le meurtrier qui comparaissait libre, puisque sous contrôle judiciaire depuis trois ans. Il était écroué à l'issue de l'énoncé du verdict.

Sources et références:
La Voix du Nord du 15/06/2016, "[...] l'accusé condamné à six ans de réclusion"
Nord Eclair du 14/06/2016, "Stéphane Gatteau, le chevalier des causes perdues"
La Voix du Nord du 13/06/2016, "[...] l'accusé impulsif a-t-il vraiment changé ?"
La Voix du Nord du 11/11/2013 , "[...] un an après [...] l'instruction est presque achevée"
 

Amaury MARCEL

2012 - Le gardien de la paix Amaury Marcel meurt dans une collision provoquée par un conducteur sous l'emprise de l'alcool et de produits stupéfiants.

Amaury Marcel a été gendarme adjoint au sein du Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie de Cannes et était médaillé de la Défense nationale, avant d'exercer à la Police Aux Frontières d'Orly (Val de Marne).

Il venait d'être affecté le 1er septembre 2012 à la circonscription de sécurité publique de Cannes. Décrit comme quelqu'un de jovial, il laisse une famille aimante et unie.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de la famille Marcel.
Samedi 22 Septembre 2012. Un véhicule de location Mercedes cabriolet monté par quatre personnes dépasse à une vitesse très excessive un équipage de police sur une grande artère de la commune de Cannes (Alpes-Maritimes). Il est 3h du matin.

Les policiers la signalent immédiatement à l'opérateur radio alors que le bolide refuse de se soumettre au contrôle et prend tous les risques pour prendre la fuite (feux rouges, sens interdits,...). Les policiers sont vite distancés.

A 3h12, à bord de leur Renault Scenic, deux gardiens de la paix qui ont reçu le signalement du cabriolet sillonnent la voie rapide en direction d'Antibes. Alors que le véhicule de police franchit le boulevard de la République au feu vert, l'équipage est percuté par le cabriolet sur leur flanc droit avec une violence inouïe. Le véhicule d'intervention est projeté sur plusieurs dizaines de mètres, l'équivalent de cinq voies de circulation.

Assis en position de chef de bord, le gardien de la paix Amaury Marcel, vingt-sept ans, meurt sur le coup. Son équipier, Mickaël Fillon, trente-six ans, est très grièvement blessé.

Seul à pouvoir se tenir encore debout, le malfaiteur à l'origine de la collision choisit de fuir les lieux de l'accident en abandonnant les corps inanimés de ses ami(e)s et de ses victimes dans ce qu'il reste des véhicules.

Dans la Mercedes, Anissa Ghezali, dix-neuf ans, est découverte sans vie. Le meurtrier est interpellé quelques instants plus tard par un équipage de la brigade anti-criminalité. Il s'agit d'Adel Briki, vingt-sept ans. Le scélérat venait de se voir restituer un permis de conduire probatoire, perdu suite de nombreuses infractions au code de la route, dont de nombreux délits. Les analyses toxicologiques révèlent un taux de 1,32g d'alcool par litre de sang et la présence de produits stupéfiants dans son organisme. Le véhicule Mercedes était loué à l'occasion d'un mariage. Briki est mis en examen pour « homicide , blessures involontaires et mise en danger de la vie d'autrui ».

10 Décembre 2013. Le tribunal de grande instance de Grasse rend un verdict après six heures de procès : Adel Briki est condamné à douze ans d'emprisonnement, et une interdiction d'obtenir un permis de conduire pendant une durée de dix ans. La peine maximale de vingt ans était requise par le Procureur Philippe Toccanier, qui déclarait à son sujet : « Il est l’incarnation du mépris, un multirécidiviste, seize condamnations dont huit pour délits routiers, cinq pour violence sur personnes dépositaires et  refus d’obtempérer ».

Sources et références :
Entretien avec la famille Marcel
Le Dauphiné Libéré du 10/12/2013, "12 ans de prison pour le chauffard qui avait tué un policier [...]"

Didier BALME

2012 - Le brigadier-chef Didier Balme est victime d'un accident de la circulation alors qu'il se rend à son service en Guyane. Il avait 50 ans.
Lundi 17 Septembre 2012. Le brigadier-chef Didier Balme circule à moto sur la route de Kourou (Guyane) où il réside, pour se rendre à la Compagnie départementale d'intervention basée route de Baduel. Vers 7h15, arrivé au niveau de la montagne des Pères, il est percuté sur sa voie de circulation par une camionnette qui se dirigeait vers Kourou. Le policier est tué sur le coup.

Entré dans l'administration en 1983, Didier Balme était marié et père de trois enfants majeurs restés en métropole. D'abord affecté au commissariat du 6ème arrondissement de la capitale phocéenne en brigade de roulement de nuit, puis à Plan-de-Cuques, il passe la majeure partie de sa carrière en brigade anticriminalité. En poste à Cayenne depuis septembre 2011, il était nommé à la tête de la deuxième section de la compagnie départementale d'intervention basée route de Baduel, alors spécialisée dans le maintien de l'ordre.

Sources:
site internet de la préfecture de Guyane

Pascal BOUTON

Le gardien de la paix Pascal Bouton est victime d'un accident de la circulation au guidon de sa moto dans la soirée du 26 Août 2012 près de la commune de Marigny-Saint-Marcel (Haute-Savoie), alors qu'il se rend à son service. Éjecté de son engin suite à la collision avec un autre véhicule, il décède sur place, malgré l'intervention des secours. Affecté à l'unité cynophile légère la Circonscription de Sécurité Publique d'Annecy (Haute-Savoie), il avait cinquante-deux ans.

Un texte écrit par sa fille Sandrine :

Papa était devenu grand-père le 19 avril 2012 à 11h précise.

Il a été le premier à venir à la maternité avec des vêtements pour bébé prématuré, c'est qu'il était drôle en plus...

Papa est né le 18 Mai 1960 à Charlevilles-Mézières dans les Ardennes, 3 ème fils d'un fratrie de 6 enfants, c'est le bricoleur de la famille et le clown par la même occasion, son truc c'est la pêche, jouer dans la décharge et mettre des pétards dans la bouche des grenouilles.

Il commence comme tourneur-fraiseur puis descend sur Paris où il rencontre ma mère via la CIBI, sanglier son pseudo il me semble. Il passe son permis moto.

Ils voyagent un maximum, s'installent... et me voilà le 26 Octobre 1985, ma mère sous anesthésie générale c'est mon père qui m'accueillera et choisira mon prénom, chose qu'il aimait me rappeler tous les ans en m'appelant toujours en premier.

C'est au tour de mon frère Vincent d'arriver le 23 Mai 1990.

Une vie normale dans un pavillon à Ozoir-la-Ferrière, où il aimait jardiner, vider le bassin des poissons, donner un coup de mains aux voisins qui finissent par lui demander s'il est au chômage tant ses horaires étaient décalés, le travail de nuit !

On récupère les oiseaux blessés et on les soigne, nous avions une famille de hérissons qu'il aimait bien filmer de nuit et nous aussi par la même occasion en douce, c'était plus drôle au visionnage.

Il a travaillé au commissariat de Pontault-Combault où il adorait s'occuper de ses chiens, il y va d'ailleurs avec nos chiens pour les faire courir. Mais son rêve, c'est de venir s'installer en Haute-Savoie et pêcher dans le lac d'Annecy, ce qui sera fait en 1996 juste après le séisme d'Annecy.

Avant ce départ, je me souviens d'avoir fait une fête avec mes copains du collège, toute la classe était venue et mon père est passé pendant son service pour nous surveiller. Les garçons étaient comme des fous « c'est une vraie arme monsieur, mais vous êtes un vrai policier, wouaaaaaaaa »

Papa ne parlait pas trop de son métier sauf quand ça devenait trop lourd je pense et tentait souvent, trop souvent de nous protéger. En rentrant de soirée je savais qu'il pouvait me présenter à tout moment l'alcootest, il adorait fouiller pour savoir qui je fréquentais, ça m'a valu d'éviter pas mal de soucis.

Une fois sur la route des vacances, une voiture devant nous part sur une chicane, se soulève sur les 2 roues droites puis part en tonneau avant de prendre feu, dedans 2 adultes et 2 enfants qu'il sortira indemnes, la voiture sera entièrement détruite par les flammes, il a appelé les secours puis nous sommes repartis sur la route des vacances l'air de rien.

Sa blague préférée était de demander « comment dit-on lapin à un sourd ? » et là il hurlait le mot lapin dans les oreilles, éclaté de rire. Je crois que son humour était une soupape de sécurité et sa façon à lui de montrer ses émotions tant il ne savait pas communiquer autrement.

Quand nos parents ont divorcé, la communication est devenue difficile entre nous tous.

C'est à la naissance de mon petit garçon presque 12 ans après que j'ai tenté de ravaler mes vieilles blessures et de renouer un peu plus avec mon père. Mon petit garçon n'a vu son grand-père que 2 fois, et n'aura aucun souvenir ni aucune photo avec lui.

Le dimanche 26 Août à 21h32, je vois le nom de sa femme m'appeler, je pense que c'est une erreur, on ne se parle pas trop voir on ne se connaît pas tant que ça.

Je décroche et j'entends la voix tremblotante de la fille de sa femme qui me dit « Sandrine, c'est Leila, ton père a eu un accident de moto, il est mort » c'est tout flou pendant quelques secondes, sa femme Christiane est incapable de placer un mot, on se dit qu'on se rappelle.

Je me suis effondrée par terre sous le choc, cette impression de vide immense, brisée c'est le mot.

J'appelle mon conjoint qui est de sortie avec ses copains, qui rentre immédiatement mais le plus dur c'est qu'il faut que je prévienne mon frère qui vit à Saint Etienne et ma mère, ce que je fais sèchement.

Tout un tas de pensées me traversent, des plus sordides aux plus anciennes et là je me dis qu'il devait m'accompagner pour mon mariage, qu'il va être autopsié, que ça va durer longtemps.

Une voiture de touristes australiens a refusé une priorité certainement sans faire le forcing, juste par oubli, notre cerveau étant notre pire ennemi, je ne leur en veux même pas, c'est arrivé et c'est tout. Percuté, il a volé avant de s'écraser sur un poteau. Mort sur le coup, les secours n'ont rien pu faire et à quoi bon, mon père un légume dans un fauteuil, jamais de la vie il aimait trop bouger.

Son corps est présenté en chambre funéraire quelques jours plus tard. Le plus dur sera de rentrer, on sait que nos parents vont mourir mais pas à 52 ans quand on pète le feu. Il est sur le dos en costume de marié, les mains croisées, on dirait qu'il tape une sieste, je demande aux autres de sortir je crois qu'on a des choses à se dire tous les deux. Je lui ai demandé de se réveiller, je lui ai dit que je l'aimais, j'ai enlevé quelques poussières sur son costume et je suis partie.

Mon frère quant à lui n'a pas souhaité le voir comme ça, il voulait garder une image de son père en pleine forme et n'avait pas à se justifier, on appréhende le décès d'un proche comme on le sent.

Je suis passée sur le lieu de l'accident, et je préfère faire 20 km en plus que de passer par cet endroit. Un endroit limité à 50 km/h, un carrefour normal.

Il recevra les honneurs sur le parvis de l’Église Notre-Dame de Liesse à Annecy le vendredi 31 Août 2012 sous une pluie battante, il y a du monde et je pousse quelques personnes pour être devant, je suis sa fille, ne l'oubliez jamais.

Le 26 Octobre 2012 j'ai attendu son appel secrètement.

Je suis passée par tous les stades, de la colère, au déni à l'immense tristesse puis à nouveau par la colère et puis il faut lâcher prise à un moment et avancer.

Je suis allée sur sa tombe le mercredi 3 juillet 2013 pour la première fois quand mon fils a fait ses premiers pas parce que c'est dur d'enterrer son père, parce qu'on ne vit pas tous un décès de la même manière, parce que c'était un cap à passer. Je lui ai apporté les bonbons qu'on mangeait en voiture, des stoptout. Triangle 3, allée 8, emplacement 156, comme au camping sauf que là on ne rentre jamais à la maison.

C'est un événement terrible dans une vie, les gens s'éloignent de vous car ils ne veulent pas être confrontés à ce qui arrivera inévitablement, ce sont des mois de questionnement, de coups durs et bas, des mois de solitude où on lutte avec ses démons mais j'en tire du positif malgré tout.

Déjà nous avons hérité de son humour super pourri mais qui détend toujours l'atmosphère, grâce à lui je sais qu'aux futurs anniversaires de mon petit garçon, je pourrais construire une roue de la fortune avec une roue de vélo ça passe inaperçue, que non se cacher derrière un porte-manteaux en enfilant les vestes dessus n'est pas judicieux, qu'il ne faut pas tenter de smasher un nid de frelons à la raquette de badminton quand les frelons sont encore dedans ou que pour avoir des essuie-glace flambant neufs il suffit d'avoir un marqueur noir dans la boîte à gants.

J'ai eu un papa secret et drôle, j'ai eu un papa travailleur et orgueilleux, j'ai eu un papa sportif et bout en train, j'ai eu un papa.

Sandrine

Gilles BRAZILLET

2012 - Le major Gilles Brazillet est victime d'un accident mortel de la circulation alors qu'il rejoint le commissariat de Noisiel.

Vendredi 20 Avril 2012. Le Major Gilles Brazillet est victime d'un accident de la circulation sur l'autoroute A4, sens Provins/Paris, près de Crécy-la-Chapelle alors qu'il gagne le commissariat de Noisiel (Seine-et-Marne). La pluie serait à l'origine de l'accident.

Particulièrement estimé de ses collègues, il s'était fait remarquer de sa hiérarchie par ses qualités professionnelles et avait été récemment promu. Il a trouvé la mort à moins d'une vingtaine de kilomètres de son lieu de travail : l'une des circonscription les plus difficiles de Seine-et-Marne.

Âgé de quarante-neuf ans, marié à Corinne et père de quatre enfants, il était décrit comme un homme de cœur, doté d'une grande sensibilité et particulièrement dévoué à sa commune de Champaubert-la-Bataille où il venait d'être élu aux dernières élections municipales.

Sources :
Le Parisien du 21/04/2012, "Un policier tué dans un accident de la route"

Cédric PAPPATICO

2012 - Le brigadier-chef Cédric Pappatico est fauché volontairement par un véhicule monté par une bande de malfaiteurs surpris en flagrant délit de vol aggravé. Marié et père de famille, il avait 32 ans et attendait la venue au monde d'un deuxième enfant.


Entré à l’école nationale de police de Nîmes en décembre 1999, il est affecté à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) à l'issue de sa formation. En septembre 2005, il intègre les Renseignements Généraux de Savoie à Chambéry. En juillet 2010, il est affecté, à sa demande, à la Brigade anti-criminalité de Chambéry et prend la direction du groupe de nuit. Brigadier de police en 2007, il est nommé brigadier-chef en 2009. Décrit comme quelqu'un de discret, d'avenant et souriant, il pratiquait avec passion depuis dix ans le Ju-Jitsu.

La 17ème promotion d'officiers des police a choisi pour éponyme son nom. Depuis Mars 2013, une salle de sport a été inaugurée en son nom et dédiée à sa mémoire au sein du commissariat de police de Chambéry.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mercredi 11 Avril 2012. Une association de malfaiteurs exécute un vol avec effraction dans une grande enseigne d'électroménager dans la zone commerciale de Saint-Alban-Leysse (Savoie) en procédant à la découpe du rideau de fer métallique avec une disqueuse. Un témoin remarque la scène et contacte police-secours : il est 00h22.

Quelques instants plus tard, la brigade anti-criminalité de Chambéry composée de deux policiers expérimentés arrive sur place. Ils constatent que les malfaiteurs chargent le coffre d'un Porsche Cayenne. Le véhicule de police est placé de front contre le 4x4 pour éviter qu'il ne prenne facilement la fuite, mais le conducteur du véhicule volé le percute.

Le brigadier-chef Cédric Pappatico met pieds à terre, mais dans le même temps le conducteur du 4x4 effectue une manœuvre rapide et  fauche délibérément le policier qui s'est mis en opposition.  Le malheureux policier est trainé sur près de trente mètres. Son équipier, le gardien de la paix Vincent Longue, applique deux tirs en direction du véhicule des malfaiteurs alors que son conducteur semble manoeuvrer pour revenir l'écraser à son tour.

Une partie du butin et des indices compromettants sont abandonnés sur place par les malfaiteurs. Les services médicaux d'urgence devaient constater le décès du brigadier-chef Pappatico sur les lieux du drame. Le véhicule Porsche Cayenne est retrouvé incendié volontairement en banlieue lyonnaise, à Décines-Charpieu (Rhône).



Samedi 14 Avril 2012. Les obsèques officielles du brigadier-chef Cédric Pappatico ont lieu dans la cour d'honneur de la Préfecture de Chambéry. Originaire de Sète (Hérault), il était marié à Sandrine et père d'une petite Léa âgée de sept ans et attendait la venue au monde d'un deuxième enfant.

L'enquête dilligentée par la police judiciaire fait apparaître que l'association de malfaiteurs à l'origine du crime est également impliquée dans une série de vols réalisés selon le même mode opératoire entre le Territoire de Belfort, la Suisse et jusque dans l'Ain.

Samedi 9 Juin 2012. Trahis par des écoutes téléphoniques et des traces ADN, trois individus sont interpellés et mis en examen pour "association de malfaiteurs", "vol de véhicule" et "vol précédé ou suivi de violences ayant entraîné la mort en vue de favoriser la fuite des auteurs", un crime passible de la réclusion à perpétuité. Sont placés en détention provisoire : Rachid Bellakehal, Mohamed Hamied et Nabile Medjadji.

Mercredi 21 Décembre 2012. Un quatrième individu, Kamel Abbed, est identifié puis interpellé à son domicile à Vaulx-en-Velin (Rhône). Il est placé en détention provisoire à son tour.

Octobre 2013. Un cinquième individu, Slim Ben Hamed, est localisé dans son pays d'origine : la Tunisie grâce à un mandat d'arrêt international est lancé à son encontre. Il s'agirait du conducteur du véhicule incriminé. Non extradable, il reste cependant sous contrôle judiciaire dans son pays et devrait seulement être jugé par défaut.

Juin 2016. La cour d'assises de Chambéry condamne les cinq malfaiteurs à des peines allant de 29 ans à 30 ans. Seul Slim Ben Hamed est condamné en son absence à la réclusion criminelle à perpétuité.


Sources :
JORF n°0089 du 14 avril 2012 page 6879, texte n° 51, "Citation à l'ordre de la nation"
JORF n°0212 du 13 septembre 2015 page 15991 ,texte n° 2, "Décret portant nomination à titre exceptionnel"
France-info du 10/06/2016, "Verdict: de 29 ans à la perpétuité pour les cinq accusés"
Le Dauphiné Libéré du 11/10/2013, "[...] un suspect recherché en Tunisie"
Le Midi Libre du 11/04/2012, "Sète pleure le policier tué en opération"
Paris-Normandie du 26/05/2016, "Cinq hommes aux assises pour la mort d'un policier écrasé en 2012"

Patrick MOLL

2012 - Le Commandant de police Patrick Moll est victime d'un accident de la circulation alors qu'il intervient sur une scène de crime. Il avait 58 ans.
Mercredi 15 Janvier 2012. Le Commandant de police Patrick Moll, cinquante-huit ans, de l'antenne de la Police Judiciaire de Metz (Moselle), est victime d'un accident de la circulation sur l'autoroute A31 à hauteur de la commune d'Autreville-sur-Moselle, alors qu'il se rend sur une scène de crime près de Yutz. Il succombe le 17 Février à ses blessures après cinq semaines de coma.

Décrit comme un "flic à l’ancienne", ce père de famille a traversé les époques en cultivant sa bonne humeur malgré la lourdeur des affaires judiciaires qui ont pavé son chemin. De Nancy, où il a passé la majeure partie de sa carrière, à Metz, l’homme, autant que le policier, a toujours fait l’unanimité. Passionné, attaché à son service dont il était, à la fois, un adjoint fidèle, l’ancien à qui l’on venait demander conseil, le confident, et le papa, Patrick Moll de rempiler pour une année supplémentaire alors que la retraite lui tendait les bras.

Avec pour moteur, l’envie de faire éclater la vérité de certains dossiers et de rendre justice aux victimes. «Avant de m’arrêter, je compte bien livrer à la justice les individus qui ont monté le guet-apens mortel du fourgon blindé, à Metz-Nord», disait--il souvent, dans l’intimité de son petit bureau, au troisième étage de l’hôtel de police. Un espoir fauché brutalement.

Par décret du président de la République, Patrick Moll, commandant de police à l'emploi fonctionnel, mortellement blessé dans l'exercice de ses fonctions, est nommé, à titre posthume, dans le corps de conception et de direction de la police nationale, au grande de commissaire divisionnaire de police.
Sources :
JORF n°0053 du 2 mars 2012 page 4019, texte n° 47, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Républicain Lorrain, article du 18/02/2012, "Metz: le numéro 2 de la police judiciaire est décédé"

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