Eric LALES

2011 - Le gardien de la paix Eric Lales est abattu par un malfaiteur armé d'un fusil automatique alors qu'il suit la progression d'un véhicule impliqué dans de nombreux cambriolages près de Marseille.

Âgé de 37 ans, il était marié à Delphine et heureux père de deux petites filles : Cyrielle et Maëlis. 


En poste à la brigade anticriminalité d'Aix-en-Provence depuis 2006, Eric Lales venait de quitter la région parisienne et le commissariat de Cergy-Pontoise où il était affecté depuis 1998, pour revenir s'installer en Provence. Il avait débuté sa carrière à Creil en qualité de policier auxiliaire, en 1995.

Décrit comme un policier de vocation très opiniâtre, il a toujours fait preuve d'une grande détermination contre la délinquance. Il repose désormais à Montfort-sur-Argens dans le Var d'où il était originaire.
Lundi 28 Novembre 2011. Une association de malfaiteurs écume le pourtour de l'étang de Berre à bord d'une BMW et d'une Audi RS4 volées. Il est 2h30 du matin. Déjà impliqués dans de nombreux cambriolages de commerces de la région marseillaise en découpant les rideaux métalliques, ceux-ci ont entrepris un casse dans la zone commerciale des Estroublans à Vitrolles (Bouches-du-Rhône) lorsque la RS4 est finalement repérée et prise en chasse par deux véhicules de la brigade anti-criminalité, dont toutes les unités avaient été alertées.

Très expérimentés, les policiers jettent une herse de type stop-stick dépliable sous les roues des fuyards, ce qui a pour effet de crever les pneus de leur véhicule. La situation semble donc tourner à l'avantage des policiers.

Cependant, les truands sont déterminés. Alors qu'ils précèdent l'un des véhicules de police, l'un d'eux exhibe soudainement une arme automatique type "Kalachnikov" et  tire en direction des intervenants se trouvant à leur proximité immédiate. La poursuite prend dramatiquement fin : en position de chef de bord, le gardien de la paix Eric Lales, trente-sept ans, affecté à la Brigade anti-criminalité d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), est frappé par trois projectiles de gros calibre. Transporté au Centre Hospitalier Nord de Marseille et son état de santé inspire aussitôt les pires inquiétudes.

Le véhicule Audi est retrouvé abandonné. A l'intérieur gît le corps de Patrick Lombard, vingt-neuf ans, victime collatérale du tir de son complice sur le véhicule de police. Cet individu avait commis son premier délit à l'âge de 15 ans et accumulait depuis sa majorité une quarantaine de condamnations. Il venait de sortir de prison où il purgeait une peine pour « vol avec violences et séquestration ». Les enquêteurs retrouvent également le butin des malfrats dans l'Audi : de simples denrées alimentaires volées dans une grande enseigne... La BMW sera retrouvée calcinée.

Jeudi 8 Décembre 2011. Le gardien de la paix Eric Lales succombe à ses blessures à l’hôpital Nord de Marseille. Il était marié à Delphine et laisse deux petites orphelines.



A gauche, le véhicule des policiers de la  BAC, à droite, celle des malfaiteurs.
24 Décembre 2011. Interpellation de Jean-Baptiste Dominici, trente-cinq ans, dans un camp de gitans sédentarisés de Ruisseau Mirabeau dans le 15ème arrondissement de Marseille. Il était recherché dans le cadre d'un mandat d'arrêt délivré par la cour d'assises du Gard pour une condamnation à quinze ans de réclusion criminelle pour le braquage d'une bijouterie à Beaucaire en 2007. La Police judiciaire établie qu'il a participé à la fusillade de Vitrolles. Son statut de fugitif aurait pu le pousser à échapper à la police à n'importe quel prix.

Avril 2012. Interpellation de trois nouveaux suspects dans un camp de gitans situé entre Gignac-la-Nerthe et Ensuès-la-Redonne : Bruno Bonati, trente-sept ans, Auguste Debard, vingt-huit ans, et Jean-Joseph Bengler vingt-deux ans, lequel est suspecté d'être à l'origine des tirs mortels sur le policier et le complice. Un cinquième individu, Lionel Le Gratiet, est inculpé pour "soustractions de criminels" au terme de leur minable forfait.

Vendredi 17 Mars 2017. La cour d'assises des Bouches du Rhône condamne Dominici et Bengler à la réclusion criminelle dite "à perpétuité" sans toutefois l'associer à une peine de sûreté. Debard et Bonati prennent respectivement 7 et 12 ans de réclusion criminelle pour "association de malfaiteurs" et "vols en bande organisée". Gratiet est relaxé du délit de "soustraction de malfaiteurs".

Sources et références :
Journal officiel n°0287 du 11 décembre 2011 page 21050, texte n° 8, "Citation à l'ordre de la nation" 
La Provence du 03/03/2017, "Assises: le meurtre du policier aixois enfin jugé "
La Provence du 17/03/2017, "Cour d'assises d'Aix : Peines maximales requises" 
La Provence du 17/03/2017, "Cour d'assises d'Aix : perpétuité pour les deux hommes [...]" 

Anne PAVAGEAU

2011 - La brigadière Anne Pavageau est tuée par un aliéné muni d'une arme blanche qui menaçait le personnel de la préfecture du Cher.

Mariée à Sébastien qu'elle a épousé en Juin 2011, Anne avait deux enfants, âgés de 18 mois et de quatre ans.

Son meurtrier a été déclaré irresponsable
pénalement en 2013.
Vendredi 14 Octobre 2011. Un individu se présente à la préfecture du Cher et entend obtenir un permis de port d'arme de 4ème catégorie. Essuyant un refus, il quitte les locaux administratifs dans une colère noire.

Vers 10h30, il revient porteur d'un katana japonais long d'un mètre. Menacé, le personnel alerte la police. Trois policiers du Groupe de sécurité de proximité du commissariat de Bourges (Cher) arrivent sur place alors que l'individu est isolé dans un couloir exigu d'une salle d'attente de la préfecture, pensant que sa situation va se régulariser.

Surpris par l'arrivée des policiers qui viennent à sa hauteur, l'individu se montre aussitôt hostile. Il s'empare de son arme et tente de donner des coups blessant à la main un gardien de la paix. Dans la bousculade, la brigadière Anne Pavageau est déséquilibrée et tombe au sol. Sans hésitation, le forcené lui assène deux violents coups de sabre qui lui sont fatals.

Un adjoint de sécurité applique un tir avec son arme de service et neutralise l'agresseur au genou. Ce dernier se nomme Olivier Roson, trente-trois ans ; professeur de sciences et vie de la terre au Lycée Jacques Coeur à Bourges. Décrit par ses élèves comme quelqu'un de mystique, très porté par la religion et aux théories débordantes d'imagination, il inquiétait par ses méthodes douteuses.

Anne Pavageau, née Ribière-Gauville, avait trente ans. Affectée à la circonscription de sécurité publique de Bourges depuis mai 2006, membre de la brigade de nuit dans un premier temps, elle a occupé un poste au bureau des plaintes à partir du 1er décembre 2008. Elle avait intégré à sa demande le groupe de sécurité et de proximité.

Elle était scolarisée au lycée Jacques-Coeur. D'abord étudiante au centre universitaire d'étude juridique de Bourges, elle intégrait l'université de Limoges (Haute-Vienne) en 2002. Elle s'est finalement formée au métier de policier à l'école nationale de police de Draveil (Essonne) de 2005 à 2006.

Mariée également à un policier qu'elle a épousé en Juin 2011, Anne avait deux enfants, âgés de 18 mois et de quatre ans.

Janvier 2012. Alors écroué à la maison d'arrêt de Fresnes en attendant son jugement, un collège d'experts psychiatres conclue finalement à l'abolition du discernement d'Olivier Roson au moment des faits : il est diagnostiqué schizophrène. 

27 Août 2013. La cour d'appel de Bourges ordonne l’admission d’Olivier Roson, dont la détention provisoire est désormais révolue, en soins psychiatriques sous forme d’une hospitalisation complète dans une unité pour malades difficiles.

L’ancien professeur du lycée Jacques-Cœur a également interdiction, pendant quinze ans, d’entrer en contact avec les parties civiles, d’exercer une profession en relation avec des mineurs, de paraître dans le Cher, d’entrer dans tout commerce vendant des armes et de porter des armes.

Juin 2015. Olivier Roson bénéficie d'un régime de liberté et quitte l'unité pour malades difficiles.

Sources :
Paris-Match du 20/10/2011, "Bourges: la grande émotion aux obsèques de la policière"

Frédéric HOIRET

2011 - Le brigadier Frédéric Hoiret meurt dans un accident de la route alors qu'il est en service commandé près de La Rochelle. Marié et père d'un petit garçon, il avait 36 ans.

Avec l'aimable autorisation de son épouse.
Jeudi 28 Avril 2011. Trois gardiens de la paix motocyclistes de La Rochelle (Charente-Maritime) sont de retour d'une mission à Saintes. Mais un grave accident de la route se produit alors qu’ils empruntent la départementale 137, au lieu-dit Bel Air près de Tonnay-Charente.

Une automobiliste de soixante-deux ans, domiciliée à Ballon, circulant dans le sens Rochefort-Saintes et transportant ses trois petits-enfants se déporte pour une raison inconnue sur le milieu de la voie de circulation, alors que les trois policiers viennent en sens inverse.

Le brigadier de police Frédéric Hoiret, trente-six ans, est percuté de front et meurt sur le coup. Il était marié avec Sylvie et père d'un petit Hugo, âgé de cinq ans.

Entré dans la police en 2001, il obtenait à sa sortie d'école un poste à la police aux frontières de Calais (Pas-de-Calais) avant de rejoindre la circonscription de Versailles (Yvelines) en tant que policier motocycliste. Muté à sa demande le 1er Octobre 2009 à la brigade motocycliste urbaine de La Rochelle, ses qualités professionnelles étaient unanimement appréciées.

Frédéric Hoiret est cité à l'ordre de la nation et élevé au grade de Chevalier de légion d'Honneur. Il est également nommé Major de Police à titre posthume.

Sources :
Sud-Ouest du 03/05/2011, "Hommage national au major Frédéric Hoiret"
Sud-Ouest du 29/04/2011, "Un policier tué à moto"

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