Nicolas DEBARGE

2010 - Le gardien de la paix Nicolas Debarge se noie en portant secours à un individu qui venait de prendre la fuite après avoir provoqué un accident matériel de la circulation en se jetant volontairement dans la Seine.

Le gardien de la paix Nicolas Debarge avait seulement vingt-cinq ans ; six ans et six mois de services civils et militaires. Il laisse une compagne et une famille bouleversée. Son père était également policier. Affecté à la sortie d'école de police de Oissel (Seine Maritime) en 2005 à la CSP Melun-Val de Seine, il intégrait la Brigade anti-criminalité en Juillet 2008. Ses douze lettres de félicitations, décernées à la suite d'interpellations de dangereux criminels et délinquants, sont un témoignage de son caractère volontaire et téméraire l est cité à l'ordre de la Nation et fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Il reçoit la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement, ainsi que la médaille d'honneur de la police nationale.
Dimanche 5 Septembre 2010. Le conducteur d'une Peugeot 206 percute plusieurs véhicules en stationnement sur le Quai Maréchal Joffre à Melun (Seine et Marne). En état d'ivresse très avancée, il  finit par accrocher un véhicule dont les occupants s'apprêtaient à partir.

L'ivrogne tente un demi-tour pour fuir, mais il heurte le terre-plein central et s'y retrouve immobilisé. Voyant qu'il n'arrivera pas à reprendre la route, il prend la fuite à pieds le long des quais.

Pour échapper à ses poursuivants, qui ne réclament qu'un constat d'accident, il se jette à l'eau... Un équipage de la brigade anti-criminalité de Melun circule non loin de là, et alerté par la clameur et le bruit, il intervient rapidement.

Le gardien de la Paix Nicolas Debarge, pompier volontaire à Savigny-Le-Temple, décide de porter secours au fuyard qui se trouve en grandes difficultés. Alors qu'il se trouve à sa hauteur et que les sapeurs pompiers déploient le matériel de secours, le jeune policier disparaît dans les eaux tumultueuses.

Son corps sans vie est retrouvé en milieu de journée par les plongeurs à l'aplomb de la promenade de Vaux. Le corps de l'automobiliste n'est retrouvé que le lendemain.

Le Ministre de l'Intérieur a rendu un vibrant hommage à ce jeune policier, passionné par son métier et unanimement reconnu comme un excellent professionnel.

Le chef de la caserne des pompiers de Savigny-le-Temple explique : « C'est une grosse perte. Il était parmi nous depuis deux ans et s'était intégré très vite par son dynamisme, sa gentillesse. Il tenait des gardes le soir ou la journée, durant ses jours de repos. Il a voulu porter secours, il avait cela en lui. »

Sources :
JORF n°0210 du 10 septembre 2010, page 16478, texte n° 74 "Citation à l'ordre de la nation"
JORF n°0071 du 25 mars 2011 page 5313, texte n° 2, "Décret portant nomination"
Le Parisien du 07/09/2010
Cérémonie d'obsèques du 09/09/2010

Christophe MOSER

2010 - Le brigadier Christophe Moser fait
une chute mortelle lors d'un exercice de
secours en haute montagne.
Mercredi 23 juin 2010. Une section de la Compagnie Républicaine de Sécurité N°29 basée à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) effectue une mission de reconnaissance de son secteur.

Elle se trouve dans la face ouest du Pic du Taillon, sur la commune de Gavarnie (Hautes-Pyrénées), à une altitude de 3040 mètres. Les conditions météo sont très bonnes et la neige est dure.

L’exercice touche à sa fin lorsqu'un accident se produit sur une goulotte : le brigadier Christophe Moser dévisse et fait chute mortelle de plus de 300m dans le vide alors qu'il se trouve désencordé.

Originaire de Montauban (Tarn-et-Garonne), Christophe Moser avait trente-sept ans et vivait en union libre avec Vanessa. La montagne était pour lui une véritable passion car avant même son entrée dans la police à l'âge de vingt-deux ans, il avait effectué son service militaire chez les chasseurs alpins. 

A l'issue de sa formation à l'école nationale de police de Marseille, il était affecté en région parisienne, dans le 16ème arrondissement de Paris puis à la CRS 2 de Vaucresson (Hauts-de-Seine). En septembre 2001, il intégrait logiquement la section montagne de la CRS 29.

Depuis plus de dix ans, après plus de trois cents sauvetages à son actif, il donnait toute la mesure de son courage et de son dévouement. Chef de cordée, sauveteur-skieur, sauveteur-canyon, sauveteur-spéléo, sauveteur en montagne, il avait enchaîné toutes les qualifications techniques jusqu'à obtenir, en 2007, sa promotion au grade de brigadier.

Christophe Moser est nommé Lieutenant de police à titre posthume, et cité à l'ordre de la nation. Il reçoit la médaille d'honneur de la police ainsi que les insignes de chevalier de l'ordre du mérite. Il aura obtenu à trois reprises la médaille d'acte de courage et de dévouement.

Sources et références :
La Dépêche du 24/06/2010
La Dépêche du 26/06/2010
Allocution de Brice Hortefeux du 26/06/2010

Aurélie FOUQUET

Source : http://www.chemin-de-memoire-parachutistes.org/t8704-aurelie-fouquet-la-policiere-municipale-tuee-en-service-par-des-braqueurs
2010 - L'agent de police municipale Aurélie Fouquet est tuée dans un échange de tirs avec un commando de malfaiteurs lourdement armés.

Cette mère de famille n'avait que 26 ans.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 20 Mai 2010. Un équipage de police de la direction territoriale de la sécurité de proximité du Val-de-Marne quitte une séance d'entrainement au tir. A peine opérationnels, les policiers remarquent un utilitaire de marque Renault dont l'une des portières semble porter des impacts de balles. Ils procèdent au contrôle du véhicule, il est 9h10.

A l'intérieur du Renault Trafic, cinq malfaiteurs se sont préparés à commettre un braquage contre un véhicule de transport de fonds et sont très lourdement armés. Le fourgon qui se trouvait arrêté à un feu rouge, repart brusquement en empruntant la départementale qui traverse la ville de Créteil (Val de Marne).

Une poursuite s'engage sur les autoroutes A86 puis A4. Les truands n'hésitent pas à diffuser du gaz lacrymogène, à vider des extincteurs sur le véhicule poursuivant. Toutes les unités de police sont alertées par radio.

A hauteur du tunnel de Champigny-sur-Marne, un équipage de CRS créée un ralentissement pour stopper le fourgon. Mais les truands sont déterminés et le font savoir en sortant de leur fourgon équipés de leurs fusils mitrailleurs. Ils tirent en rafale vers le véhicule de police. La fusillade est très intense. Un policier et trois usagers de la route sont blessés. La poursuite prend fin.

Vers 9h45, le fourgon prend la sortie N°8 de l'autoroute de l'Est. Mais au premier rond-point, sur le Boulevard de Friedberg, commune de Villiers-sur-Marne (Val de Marne), le conducteur perd le contrôle du véhicule et s'encastre dans une Hyundai. Ils sont immobilisés mais réagissent très vite en mettant le feu à leur camionnette. Des témoins de la scène signalent alors à la police municipale locale qu'un accident vient d'avoir lieu. Or la police municipale n'utilise pas directement les mêmes fréquences radio que la police nationale. Le pire est à venir.

Aurélie Fouquet et Thierry Moreau, agents de police municipaux de la commune, sont dirigés vers l'accident qui n'a rien de banal, mais ils n'en ont aucune idée. Voyant que des véhicules sont effectivement en feu. Ils stationnent leur véhicule à une trentaine de mètres avant pour baliser les lieux. Le deux policiers municipaux ont à peine le temps de sortir de leur Peugeot sérigraphiée qu'ils basculent dans une situation imprévisible et dramatique. Ils reçoivent plusieurs tirs en rafale. A hauteur d’homme. Pour tuer.

Le véhicule d'intervention est criblé par trente sept impacts de balles. Aurélie Fouquet est atteinte mortellement à la tête et au thorax. Thierry Moreau, malgré une balle dans l’épaule, riposte à plusieurs reprises, et doit même récupérer l'arme de son équipière. Un truand est blessé. Le commando s’enfuit en abandonnant une partie de leur matériel de guerre : des cadres-explosifs, des grenades… Leur trace se perd en Seine-Saint-Denis, de l’autre côté de l’A4 avec l’abandon d’une seconde voiture volée, une Mercedes maculée de sang.



Mercredi 26 Mai 2010. Les obsèques solennelles d'Aurélie Fouquet sont organisées en présence de plusieurs milliers de policiers municipaux et nationaux, ainsi que du Président de la République. Âgée de seulement vingt-six ans, Aurélie était mère d'un petit Alexis et vivait à Gretz-Armainvilliers. Elle travaillait depuis 2005 à Villiers-sur-Marne et était la plus jeune recrue de ce service qui compte onze policiers.

D'abord médiatrice au Plessis-Trévise (Val-de-Marne), Aurélie Fouquet était devenue policière municipale en 2003, réussissant son concours du premier coup. C'est à quelques kilomètres de là, à Nogent-sur-Marne, qu'elle a débuté sa carrière comme stagiaire. Cette jolie jeune femme avait reçu la médaille de la ville. Elle était considérée comme une fonctionnaire « exemplaire » par la mairie.


L'enquête aussitôt diligentée progresse rapidement. Et pour cause, deux jours avant les faits, trois fourgons utilitaires, dont celui qui vient d'être brûlé, avaient été repérés dans le Bois de Vincennes par la brigade de répression du banditisme. Les policiers ont procédé au balisage GPS de l'un d'eux, positionné sur la commune de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne).

Le soir du drame, au terme d'une surveillance, à 22h55, un homme ouvre la porte arrière du Renault Master balisé. Il se saisit de deux sacs et repart. Interpellation. Il s'agit de Malek Khider, quarante-et-un ans. Ce dernier a été alerté dans la matinée par un complice, présent lors de la fusillade, que le "casse" était compromis. Il s'est dès lors fabriqué des alibis toute la journée.

Dans les sacs : une kalachnikov, un pistolet-mitrailleur, une grenade, une combinaison, un brassard police. Dans le fourgon : une herse artisanale (des clous tripodes soudés à une chaîne), des bouteilles d’essence, du papier toilettes… La première pour ralentir, voire immobiliser un fourgon blindé. Le reste pour incendier la camionnette une fois le coup réalisé. Malek Khider, une réputation de voyou bien établie, malgré une condamnation à douze ans de prison aux assises pour une affaire de séquestration et de vol aggravé qui avait mal tourné en 1998, il est de nouveau en liberté. Il reconnait "l’association de malfaiteurs" mais réfute avoir été présent lors de la fusillade mortelle, puis, comme la loi le lui permet, il garde le silence.

L'ADN du sang présent dans les véhicules des malfrats est analysé. Il appartient à un certain Olivier Tracoulat, trente-cinq ans, déjà condamné en 1996 pour des vols à main armée violents ; il ressortait lui aussi libre en 2007. Les traces ADN présentes sur les fusils mitrailleurs retrouvés désignent Rabia Hideur, quarante-deux ans, le cousin de Khider ; et Daouda Baba, vingt-sept ans, déjà confondus dans des affaires de car-jacking. Ils sont interpellés tour à tour le 11 Janvier 2011 avec Georges et William Moscheh et Jean-Claude Bisel. Tous sont suspectés d'avoir participé de prêt ou de loin à la fusillade, et sont mis en examen.

Le "cerveau" de l'opération serait un certain Rédoine Faïd, trente-neuf ans, un braqueur originaire de Creil (Oise) au lourd passé judiciaire, connu pour de violentes attaques à main armée en bande organisée. Il était condamné en 1997 à vingt ans de prison... Le commando aurait visé l'attaque d'un fourgon blindé. Ce sinistre individu était un temps présenté par les médias comme un repenti du crime, ayant eu l'audace d'écrire un livre à ce sujet. Ce dernier était interpellé par la DCPJ à Villeneuve d'Asq (Nord) en Juin 2011 au terme d'une longue cavale.

13 Avril 2013. Faïd s'évade de la maison d'arrêt de Lille-Sequedin (Nord) où il était détenu depuis le début de l'année. Il n'existe aucune prison de haute sécurité en France. L'enquête est confiée à la police judiciaire de Lille et l'office central de lutte contre le crime organisé.

29 Mai 2013. Faïd est interpellé dans un hôtel de Pontault-Combault (Seine-et-Marne). Fin de cavale.

3 Juillet 2014. Renvoi aux assises des neuf personnes inculpées dans le cadre du meurtre d'Aurélie Fouquet. Redoine Faïd ne sera pas jugé pour meurtre mais pour «tentative de vol en bande organisée en état de récidive», les investigations n'ayant pas établi son implication directe dans la course poursuite et la fusillade mortelle.

Jeudi 14 Avril 2016. La cour d'assises condamne des neuf membres du commando. La responsabilité de la mort de la jeune policière est imputée à Tracoulat, présumé mort, lequel est condamné par défaut à une peine de 30 ans d'emprisonnement. Baba, reconnu coupable également du meurtre, écope de 20 ans, des traces de brûlures sur son corps et son ADN sur l'une des armes automatiques l'ont confondus sur sa présence sur la scène de crime et sa participation active. Faïd, 18 ans, considéré comme l'instigateur. Khider condamné à 15 ans pour association de malfaiteurs. Hideur, 10 ans, reconnu dans l'association de malfaiteurs, son ADN avait été retrouvé sur l'une des armes automatiques. Mosheh, 5 ans, pour l'association de malfaiteurs, pour le même motif. Garnier, 5 ans, pour son rôle logistique. Bisel, 1 an, pour recels de malfaiteurs, seul a avoir désigné Tracoulat comme membre du commando.

Lundi 11 Juillet 2016. Acquitté en première instance, Fisal Faïd est condamné par la cour d'appel de M'Sila (Algérie) à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de la jeune policière. Ce dernier était formellement reconnu par un témoin des faits comme étant le tireur. Fisal Faïd avait pris la fuite dans son pays d'origine dès le lendemain de la fusillade où il espérait trouver refuge. Il y était par ailleurs condamné à 10 ans de réclusion criminelle dans le cadre d'un trafic de stupéfiants d'envergure internationale.

Jacky LENGLOIS

2010 - Le gardien de la paix Jacky Lenglois est victime d'un accident de la circulation alors qu'il circule à moto après avoir quitté son service à Douai.
Mercredi 19 Mai 2010. Jacky Lenglois quitte son service au commissariat de Douai (Nord), où il travaille depuis plus de quinze ans en brigade anti-criminalité. Vers 19h00, il circule en moto sur la RN43 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), lorsqu'un conducteur héninois de vingt-sept ans, monté à bord d'une Audi A4, lui coupe la route pour entrer dans une propriété privée.

Le choc est très violent. Les services de secours constatent le décès du policier à leur arrivée sur les lieux. Jacky Lenglois avait quarante-sept ans. Il vivait avec Malika et était père de quatre enfants.

Suite à une série de tests, le conducteur a été contrôlé positif aux amphétamines. Il est placé sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès au motif d'homicide involontaire.

Jacky Lenglois repose au cimetière de Leforest (Pas de Calais).

Florian GUYOT

2010 - Le gardien de la paix Florent Guyot est victime d'un accident de la route sur le périphérique parisien.
Samedi 10 Avril 2010. Le gardien de la paix Florian Guyot rejoint son service aux compagnies centrales de la circulation de la Préfecture de police de Paris. Mais vers 5h45, alors qu'il circule en moto sur le périphérique intérieur, il est percuté violemment par un taxi parisien à hauteur de la Porte de St-Ouen. Les circonstances de l'accident demeurent imprécises.

Florian Guyot avait trente-deux ans. Il avait incorporé la 210ème promotion à l'école nationale de police de Nîmes (Gard) en 2006 avant de rejoindre la Direction de l'Ordre Public et de la circulation. Décrit comme généreux et jovial, il envisageait d'être formé pour devenir motard de la police nationale.

Jean-Serge NERIN

2010 - Le brigadier-chef Jean-Serge Nérin est abattu sur un chemin rural par des membres de l'organisation terroriste ETA.

Âgé de cinquante-deux ans, "Nano" est entré le 1er octobre 1979 à l'École nationale de police à Vannes. Stagiaire, il est affecté le 1er mars 1980 au commissariat de Dammarie-les-Lys où il fit toute sa carrière gravissant les échelons pour devenir brigadier-chef.

Il avait reçu la médaille de la Police Nationale et la gestion rigoureuse de sa brigade fut à plusieurs reprises soulignée par ses supérieurs.

Originaire de Cayenne (Guyane), Jean-Serge Nérin était l'heureux père de quatre enfants. Prisca 32 ans, Florian 18 ans, et deux jumelles de 16 ans Anaïs et Melissa. Marié à Dominique, il devait partir en retraite en 2012.
Mardi 16 Mars 2010. Un vol à main armée est commis sur le site de vente de véhicules d'occasion "AutoContact" situé à la limite de la commune de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne). L'enceinte grillagée du dépôt-vente se situe au milieu des champs, au bord d'une route qui permet de relier notamment le grand centre commercial de Villiers-en-Bière (Seine-et-Marne). Sous la menace de leurs armes, les malfaiteurs font main basse sur six véhicules et repartent en trombe, laissant le gérant et son employé ligotés, sous le choc. Il est environ 19h.

Le vol n'est pas encore signalé ; un équipage de police composé d'un brigadier-chef et de trois gardiens de la paix remarque un véhicule BMW qui s'engouffre à très vive allure sur le chemin vicinal de Fortoiseau.

Les policiers intrigués progressent et voient trois hommes et une femme remplissant les réservoirs de quatre véhicules. Ils effectuent un contrôle sans avoir connaissance de ce qui vient de se produire. Des coups de feu retentissent en direction des policiers, néanmoins, ces derniers parviennent à neutraliser l'un d'entre eux et figent la situation. Ils saisissent un Smith & Wesson SW 1911 .45 ACP dont le numéro de série a été limé. Soudain deux autres véhicules surgissent. Une nouvelle fusillade particulièrement nourrie éclate aussitôt, ne laissant aucune chance aux policiers.

Le brigadier-chef Jean-Serge Nérin, cinquante-deux ans, est atteint mortellement de deux balles au thorax provenant de deux armes différentes. L'une se loge sous l'aisselle où le gilet pare-balle ne le protège pas et lui sectionne l'aorte. Seize impacts de balles criblent le Renault Kangoo des policiers intervenants. Grâce à leurs complices, trois individus sont libérés et chargés en catastrophe dans un Renault Espace. Ils repartent rapidement, abandonnant néanmoins l'un des leurs toujours menotté. Il s'agit d'un certain Joseba Fernandez Aspurz, vingt-sept ans.

Mardi 23 Mars 2010. Les obsèques officielles de Jean-Serge Nérin ont lieu à Melun, en présence des chefs d'état français et espagnol.

L'ENQUÊTE


Bien connu des services de police espagnols, Joseba FERNANDEZ ASPURZ, alias "PEQUEÑO" ne tarde pas à avouer son appartenance à l'ETA. Recherché par la plus haute instance pénale espagnole depuis le 4 Mars 2010, il devait effectivement répondre d'actes de violences urbaines commis à Pampelune deux ans plus tôt. Les services anti terroristes français et espagnols travaillent de concert pour retrouver ses complices.

20 Mai 2010. Interpellation de trois etarras à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Mikel Kabikoitz CARRERA SAROBE alias "ATA", identifié comme étant le "chef militaire" de l'organisation est pris avec son lieutenant, Arkaitz AGIRREGABIRRIA DEL BARRIO, alias "KEMEN", recruteur et remplaçant à la direction en cas de chute du premier. "ATA" est soupçonné depuis d'être l'un des auteurs des tirs mortels sur le policier et "KEMEN" d'avoir été présent sur les lieux du crime, notamment lors du braquage du concessionnaire. Le troisième etarra est une femme :  Maite ARANALDE IJURCO, un "satellite" de l'organisation déjà condamnée en 2009 pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste.

Interpellation également à Urrugne (Pyrénées-Atlantiques) d'un couple de français formé par Benoît ARAMENDI et Laeticia CHEVALIER. Ces proches de l'ETA sont suspectés d'avoir fourni un appartement aux membres du commando et de les approvisionner.

10 Juin 2010. Interpellation d'un etarra à Saint-Mexant (Corrèze) alors qu'il tente de dérober un véhicule. Considéré comme l'un des dirigeants militaire et logistique de l'ETA, Iosu URBIERTA ALKORTA a laissé une empreinte ADN sur un ruban adhésif destiné à bâillonner l'une des victimes du dépôt vente de Dammarie-lès-Lys

20 Octobre 2011, ETA déclare "officiellement" mettre fin à son activité de lutte armée. Jean-Serge Nérin serait donc la première et l'ultime victime policière française du terrorisme basque espagnol.

14 Janvier 2012. Interpellation de trois etarras en gare de Joigny (Yonne). Jon ETXEBERRIA OIARBIDE, 33 ans, a été intercepté alors qu'il descendait d'un train, attendu par deux dirigeants de l'organisation de jeunesse "SEGI", considérée comme un vivier de l'ETA, selon le ministère espagnol de l'Intérieur. Il est soupçonné d'avoir participé à la fusillade de Dammarie-les-Lys.

17 Mars 2012. Une rue de Dammarie-les-Lys est baptisée au nom du Commandant de police Jean Serge Nérin, en présence de sa famille et du personnel du commissariat où il aura passé toute sa carrière.

28 Octobre 2012. Interpellation de deux etarras dans un hôtel de Mâcon (Saône-et-Loire). Isazcun LESACA ARGUELLES alias "ANE", est figure majeure de l'ETA condamnée par contumace en 2007 et 2012 à des peines de quatre à six ans de prison au motif de "direction ou organisation d'un groupement formé en vue la préparation d'un acte de terrorisme." Ses empreintes ADN sont présentes sur les scènes de crimes de Dammarie-les-Lys. Elle est accompagnée de Joseba ITURBIDE OCHOTECO, tous deux en possession d'armes prêtes à faire feu. Les faits reprochés à ce dernier relèvent de l'association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste. L'enquête vise également toute une série d'infractions, comme la détention et le transport d'armes, le recel de vol en bande organisée ou encore le recel en bande organisée de financement du terrorisme.

17 Mars 2014. Une ordonnance de mise en accusation de deux juges antiterroristes renvoie cinq accusés devant la cour d'assises spéciale de Paris pour le meurtre du Brigadier-chef Jean-Serge Nérin. Seront dans le box des accusés : "ATA", "KEMEN", "PEQUEÑO", "ALKORTA" et "ANE". Un sixième etarra toujours en fuite sera jugé en son absence, il s'agit de Xabier GOYENECHEA IRAGORRI alias "GOIENE", trente-quatre ans.

18 Juin 2014. Le tribunal correctionnel de Paris condamne "MAITE" a dix ans de prison pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en récidive. Benoit ARAMENDI est condamné à quatre ans. Ces peines se confondent avec la durée de détention provisoire. Suites judiciaires inconnues pour la compagne de ce dernier, Laeticia CHEVALIER. (20 Minutes du 18/06/2014)

8 Juillet 2015. "GOIENE" est interpellé avec un complice dans une maison d'Ossès (Pyrénées-Atlantiques), à la suite d'un renseignement reçu par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Mercredi 2 Décembre 2015. La cour d'assises spéciale de Paris condamne six etarras dont la participation au braquage du concessionnaire de Dammarie-les-Lys et au meurtre du brigadier-chef Nérin est irréfutable.

Mikel Carrera Sarobe, 43 ans, désigné comme l'un des auteurs des tirs mortels a été condamné à la réclusion criminelle dite à "perpétuité". Xabier Goyenechea Iragorri, 35 ans, désigné aussi comme l'un des auteurs des tirs mortels a été acquitté de ce chef, et condamné à quatorze ans  de réclusion pour sa participation au braquage. Arkaitz Aguirregabiria del Barrio, 32 ans, vingt-cinq ans de réclusion. Joseba Fernandez Aspurz, 32 ans, seize ans de réclusion. Iosu Urbieta Alcorta, 37 ans, condamné à seize ans de réclusion. Enfin, Izaskun Lesaca Arguelles, 40 ans, quatorze ans de réclusion.


Sources :
Journal officiel n°66 du 19 mars 2010 page 5565, texte n° 7, "Citation à l'ordre de la nation"
Association française des victimes du terrorisme - AFVT.ORG
El Correo, article du 30/03/2014, "Un segundo asesino en el ultimo crimen de ETA"

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