Guillaume VISCAINO

2001 - Le gardien de la paix stagiaire Guillaume Viscaino est victime d'une explosion de gaz alors qu'il sécurise les lieux de l'intervention.

Page réalisée avec l'aimable autorisation
de sa famille.
Jeudi 5 Avril 2001, 17h15. Les sapeurs-pompiers de la 1ère compagnie de Lyon interviennent au 1 rue Jubin à Villeurbanne (Rhône) où les riverains signalent une forte odeur de gaz. Ils sont logiquement rejoints par des agents EDF-GDF et d'un équipage de police de Villeurbanne chargé d'établir un périmètre de sécurité. La fuite est localisée dans une blanchisserie du rez-de-chaussée ; mais l'air y est saturé par le gaz, et le risque d'explosion est très important.

Les sapeurs pompiers mettent rapidement en place une ventilation et les policiers présents tentent d'évacuer les riverains de la scène. Mais à 17h59, une forte explosion retentit dans tout le quartier Charpennes. Une trentaine de logements sont sérieusement touchés et le carrefour de la Rue Jubin et du Cours Emile Zola est jonché de débris et de corps inanimés. Un millier de badauds s'agglutinent sur les lieux de l'intervention.

Le gardien de la paix stagiaire Guillaume Viscaïno, et l'adjudant-chef Bernard Pauletto des sapeurs pompiers de la 1ère compagnie de Lyon-Corneille, trouvent tous deux la mort. Sept blessés graves sont médicalisés en urgence sur place, dont les deux équipiers de ce jeune policier, cinq pompiers et un agent GDF, qui malgré de graves brûlures menait à bien sa mission en barrant le gaz. Cet évènement marquant a considérablement changé la procédure d'intervention sur les fuites de gaz.

Originaire de Bagnols-sur-Cèze (Gard), Guillaume Viscaino était âgé de vingt-quatre ans. Sportif, féru de karaté et d'aïkido, il était surtout passionné par le cyclisme. Il avait effectué son service militaire dans la police nationale, au commissariat de Toulon (Var) avant d'y envisager une carrière. Issu de la 171ème promotion de l'école de police de Nîmes (Gard), il intégrait le 20 Novembre 2000 l'unité de police de proximité de Villeurbanne.

Il est nommé chevalier dans l'ordre national du mérite, cité à l'ordre de la nation et décoré de la médaille d'or pour actes de courage et de dévouement, et de la médaille d'honneur de la police nationale. Il est également nommé brigadier de police à titre posthume.

Samedi 17 Novembre 2001. La treizième chambre du tribunal correctionnel de Lyon a condamné le propriétaire de la blanchisserie à huit mois de prison avec sursis assortis de 1000 euros d'amende. Ce dernier était jugé pour ne pas avoir respecté les normes de sécurité de son installation.

Vendredi 5 Avril 2002. Une plaque commémorative était apposée sur les lieux du drame.

Depuis ce drame, l'organisation des secours a évolué, et les fuites de gaz sont désormais classifiées : procédure classique (PGC) ou renforcée (PGR). Auparavant, seul l'opérateur historique prenait la décision de couper l'alimentation en gaz, car cela impliquait de longues opérations de remises en services coûteuses. Lors d'une PGR, les intervenants ont l'initiative de faire couper le réseau sans l'assentiment de l'opérateur.


Sources:
Entretien avec Anne Viscaïno
JORF n°89 du 14 avril 2001 page 5834, "Citation à l'ordre de la nation"
SDIS du Rhône, PDF du 20/03/2011, "Rappel des circonstances de l'explosion "
Le Progrès du 20/09/2008, "Villeurbanne : l'explosion mortelle devant le tribunal"
Le Progrès du 27/02/2011, "Ce drame a obligé de faire évoluer les opérations de secours"

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