Marie-Christine BAILLET

1991 - La gardienne de la paix Marie-Christine Baillet est volontairement fauchée sur un barrage de police, dans un contexte de violences urbaines au Val-Fourré.

Originaire des Landes, elle avait trente-deux ans et officiait depuis huit ans et huit mois dans la police nationale. Elle est élevée au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur et nommée officier de paix à titre posthume.

Domiciliée au Val-Fourré depuis son affectation, elle repose désormais au cimetière de Mont-de-Marsan (Landes).

Son meurtrier a été condamné à dix ans de réclusion criminelle.

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Lundi 27 Mai 1991. Aïssa Ihich, dix-huit ans, meurt d'une crise asthmatique alors qu'il se trouve sous le régime de la garde à vue au commissariat de Mantes-La-Jolie (Yvelines). La commune, déjà en proie aux violences urbaines, connait plusieurs jours d'émeutes et des nuits très mouvementées.

Dimanche 9 juin 1991. Des riverains signalent que plusieurs véhicules circulent de façon anarchique dans la cité du Val Fourré. Vers 1h45, une Renault 9 signalée volée est repérée par un équipage de police dans le village de Gassicourt. Les deux occupants refusent catégoriquement d'obtempérer et une poursuite s'engage entre les deux véhicules.

Avertis par radio, les gardiens de la paix Pascal Hiblot, Marc Aucouturier et Marie-Christine Baillet immobilisent leur véhicule d'intervention au croisement de la Rue Sainte-Anne et  de la Rue Gassicourt, persuadés que les fuyards prendront une rue adjacente. Mais le conducteur de la Renault 9 alors lancée à plus de 120km/h va forcer le passage.

Les policiers sortent précipitamment de leur Renault 21 Nevada. Positionnée à l'arrière gauche de leur véhicule de service, Marie-Christine Baillet marque un temps de retard et n'a aucune chance d'éviter la Renault 9 qui s'est déportée volontairement. Elle est écrasée très violemment lors du choc. Les deux occupants de la Renault 9 désormais accidentée prennent aussitôt la fuite.

Sur place, les policiers découvrent le corps inanimé de leur collègue, éjectée à plusieurs dizaines de mètres du point d'impact. Alors qu'ils attendent les secours et que l'un d'eux procède à un massage cardiaque, un nouveau drame va se jouer. Une Volkswagen Jetta, une Renault 11 et une Mazda volées, engagées plus tôt dans le rodéo avec la Renault 9, arrivent à très vive allure dans leur direction.

Se sentant à nouveau menacé, le gardien de la paix Pascal Hiblot se met en opposition, tire à trois reprises, et atteint mortellement le conducteur de la Volkswagen Jetta, Youssef Khaïf, vingt-trois ans. D'importants renforts et services de secours convergent sur place, la situation est explosive. Marie-Christine Baillet est transportée au centre hospitalier de Mantes-la-Jolie dans un état très critique. Victime d'un arrêt cardiaque, elle entre dans un coma profond dont elle ne reviendra jamais.



Mardi 11 Juin 1991. Lhadj Saïdi, dix-huit ans, est interpellé par la Police Judiciaire de Versailles, en compagnie de trois autres individus. Tous sont originaires de la cité des Ecrivains, au Val Fourré. Saïdi a reconnu être le conducteur de la Renault 9 qui a percuté Marie-Christine Baillet. Il est inculpé et écroué pour "vol, recel de vol, violences volontaires à agent de la force publique avec arme par destination ayant entrainées la mort, dégradations". L'affaire est instruite par le juge Patrick Desmure.

Vendredi 4 Juillet 1997. La cour d'assises des Yvelines condamne Ladj Saidi à dix ans de réclusion criminelle au terme d'un long et difficile procès. Cette peine englobant la durée de détention préventive, Saïdi sort de prison trois ans plus tard et peut même assister au procès du gardien Hiblot.

Vendredi 28 Septembre 2001. La cour d'assises des Yvelines acquitte le gardien de la paix Pascal Hiblot, dont la situation de légitime défense n'était pas reconnue -ses tirs ayant eu lieu alors que la Volkswagen Jetta changeait de trajectoire et avaient atteint le conducteur à la nuque-. L'altération de son discernement due à la mort de sa coéquipière a été reconnue.


Sources et références :
JORF n°142 du 20 juin 1991, "Citation à l'ordre de la nation"
L'Humanité du 13/06/1991, "Mantes-la-Jolie : une ville meurtrie"
Libération du 05/07/1997, "Dix ans de réclusion pour Ladj Saïdi"
Libération du 06/07/1998, "A Mantes-la-Jolie, un mort attend toujours justice"
L'Humanité du 23/09/2001, "Pas de justice, pas de paix"
Le Parisien du 09/06/2011, "Il y a vingt ans, le Val-Fourré s'embrasait"  
Le Parisien du 14/06/2016, "Policiers tués : le lourd tribut du commissariat de Mantes-la-Jolie"

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