Catherine CHOUKROUN

1991 - La gardienne de la paix Catherine
Choukroun est victime de coups de feu tirés depuis un véhicule alors qu'elle opère sur un contrôle radar sur le périphérique parisien.

Âgée de vingt-sept ans, elle était mariée à Gilles, et le couple domicilié à Brunoy venait d'avoir une petite Estelle âgée de six mois.

La jeune policière qui venait de reprendre son service après un congé maternité avait fait le choix de travailler la nuit afin de pouvoir mieux s'en occuper.

Nommée brigadier de police à titre posthume, elle est citée à l'ordre de la nation.

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Mercredi 20 février 1991. Un équipage de la compagnie de circulation urbaine de la préfecture de police vient d'établir un point de contrôle radar fixé sur la bretelle d'accès de la porte de Clignancourt dans le 18ème arrondissement de Paris.

A 1h24, un véhicule monté par trois individus, dont une femme assise à l'arrière, circule à faible allure et finit par s'arrêter à hauteur de la Peugeot 405 des policiers
comme pour demander un renseignement ou une indulgence. La jeune gardienne de la paix assise côté passager n'a pas vraiment le temps d'abaisser la vitre : deux tirs de chevrotine retentissent.

Le premier tir atteint mortellement à la tête Catherine Choukroun, vingt-sept ans. La deuxième décharge blesse grièvement à l'épaule le gardien de la paix Émile Hubbel, quarante-et-un ans. Les malfaiteurs prennent aussitôt la fuite, repérés par un taxi parisien.

Vendredi 22 Février 1991. Les obsèques de Catherine Choukroun née Poisson ont lieu à la préfecture de police. Ce lâche assassinat, aussi minable qu'énigmatique, provoque une forte émotion aussi bien dans la profession que dans la sphère publique : la jeune femme est la première policière tuée en service en France.

Les policiers, très affectés par cette affaire vont redoubler d'effort pour retrouver la trace des meurtriers, mais faute d'indices précieux ou de témoignages sérieux les pistes s'amenuisent et ne mènent nulle part d'autant que le principal témoin oculaire (un chauffeur de taxi) décède en 1992. La piste se fige sur un petit véhicule de type Austin Metro immatriculée dans les Hauts-de-Seine, montée par deux hommes et une jeune femme. Ils resteront insaisissables pendants six longues années.

31 Décembre 1996. Un renseignement précis fourni à un policier de la brigade des stupéfiants de Seine-Saint-Denis par une ancienne prostituée de la rue Saint-Denis amène les enquêteurs sur la piste providentielle d'une jeune prostituée et d'un ancien détenu se vantant d'être l'auteur du "coup du périph".

17 Juin 1997. La brigade criminelle identifie et procède à l'interpellation de trois individus : Nathalie Delhomme alias "Johanna", trente-cinq ans, ancienne prostituée et toxicomane et accessoirement propriétaire d'une Austin Metro immatriculée dans les Hauts-de-Seine. Interpellée dans la région du Vercors où elle a "refait sa vie" et devenue mère de famille, la jeune femme craque ; elle désigne formellement le tireur assis à la place passager : Aziz Oulamara dit "Jacky", trente-neuf ans, un proxénète de la rue St-Denis. Et ce dernier rejette la responsabilité sur son acolyte qui se trouvait au volant : Marc Pétaux, quarante-et-un ans.

Sur les faits, le trio alcoolisé et sous l'emprise de drogue cherchait à se procurer de l'héroïne. L'idée de tirer sur le véhicule de police serait venue par défi, après être passés une première fois devant le point de contrôle radar.

15 Septembre 2000. Au terme d'un procès difficile, sans mobile objectif et en l'absence de témoin fiable, la cour d'assises de Paris condamne Aziz Oulamara et Marc Pétaux à vingt ans de réclusion criminelle. Nathalie Delhomme est acquittée.

29 Novembre 2001. Statuant en appel du jugement, la cour d'assises du Val de Marne acquitte Marc Pétaux mais confirme la peine prononcée contre Oulamara.

27 Février 2003. Le pourvoi en cassation formulé par Aziz Oulamara est rejeté et sa peine définitivement confirmée.


Sources :
Journal Officiel n°45 du 21/02/1991, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde, article du 21/02/1991, "Sur le boulevard périphérique à Paris, une femme policer tuée par balles"
Le Monde, article du 21/06/1997, "Un homme suspecté de l'assassinat d'une jeune femme [...] écroué"
Le Monde, article du 07/09/2000, "Le meurtre d'une femme policier aux assises de Paris"
Le Monde, article du 08/09/2000, "Le poids des bruits de la rue Saint-Denis"
Le Monde, article du 12/09/2000, "Les confessions de Madame Simone"
Le Monde, article du 14/09/2000, "Une accusée disculpe l'un des suspects"
Le Monde, article du 16/09/2000, "20 ans de réclusion pour deux des accusés [...]" 
Le Monde, article du 01/12/2001, "La cour d'assises du Val de Marne acquitte Marc Pétaux [...]"

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