Serge ATTARD

1991 - L'agent de police municipale Serge Attard est abattu par un marginal à Aix-en-Provence. Marié et père de deux enfants, il avait 35 ans.

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Samedi 23 Novembre 1991, deux agents de la police municipale d’Aix en Provence (Bouches-du-Rhône) effectuent une ronde d’îlotage dans un quartier du sud de la commune où plusieurs villas ont récemment été cambriolées.

Un homme au comportement étrange attire l’attention des deux policiers. Jean-Claude Pelletier, quarante-et-un ans, est un marginal errant au hasard, arnaché de plusieurs sacs.

Les policiers ont un bref échange avec lui puis il est invité à circuler. L’homme s’éloigne en bougonnant lorsqu'il finit par plonger la main dans l'un de ses sacs dans lequel il dissimule une arme trafiquée et vise les policiers.

Le projectile atteint mortellement l'agent Serge Attard, trente-cinq ans, marié et père de deux enfants. Le tireur menace à son tour l'agent François Asquoet lequel riposte à deux reprises avec son arme de service et neutralise le malfaiteur. (suites judiciaires ignorées)

Sources :
Journal officiel n°62 du 13 mars 1992 page 3622, "Ordre national du mérite, décret portant nomination"
Le Monde, article du 29/11/1991, "Obsèques à Aix-en-Provence d'un policier municipal tué par un vagabond"

Bernard VANIER

1991 - Le brigadier Bernard Vanier est abattu par un individu armé retranché dans son domicile. Il avait 42 ans.

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Dimanche 17 Novembre 1991. Un équipage de police-secours du commissariat de Saint-Louis (Haut-Rhin) est sollicité par un résident de la commune voisine d'Huningue pour un tapage interminable provenant du domicile du voisin domicilié au rez-de-chaussée de l'immeuble. Il est environ 6h du matin.

Lorsque les policiers se présentent en bas du bâtiment, ils remarquent l'individu à l'origine des nuisances, appuyé à la fenêtre de son appartement. Il s'agit de Gilbert Scharly, trente-sept ans, individu aux lourds antécédents psychiatriques aggravés par la consommation de produits stupéfiants.

Alors qu'un dialogue s'est amorcé, ce dernier saisit un fusil de chasse qu'il a à portée de main et fait feu à plusieurs reprises en direction des policiers. Il atteint mortellement à la poitrine le brigadier de police Bernard Vanier, célibataire, quarante-deux ans.

Le quartier est aussitôt bouclé par des renforts de police tandis que le Groupe d'intervention de la police nationale de Strasbourg prépare son intervention. Vers 10h45, Scharly se montre toujours menaçant et refuse catégoriquement de se rendre.

L'assaut est lancé au moyen de grenades assourdissantes qui permettent l'interpellation du forcené. Blessé par une grenade au talon, il est transporté sous bonne escorte à l’hôpital sous le régime de la garde à vue. (Suites judiciaires ignorées)

Sources :
JORF n°51 du 29 février 1992 page 309, "Décret portant nomination à titre exceptionnel"
Le Monde, article du 19/11/1991, "Dans le Haut-Rhin, un brigadier tué par un forcené"
Journal télévisé du 17/11/1991 (reportage à 15mn20)

Didier ORTEGA

1991 - Le brigadier Didier Ortega est victime d'une crise cardiaque alors qu'il tente de porter à secours à une personne en péril dans les eaux glaciales du Rhône à Lyon.

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Dimanche 27 Octobre 1991. Des riverains signalent la présence d'une sexagénaire suicidaire sur le point d'enjamber le pont Galliéni dans le 2ème arrondissement de Lyon (Rhône). Il est 9h30, lorsque celle-ci est repérée par deux gardiens de la paix de la Compagnie de circulation alors qu'elle se débat dans les eaux tumultueuses et glaciales du Rhône.

Sans aucune hésitation, les deux policiers se portent aussitôt à son secours à la nage et luttent plusieurs minutes contre les courants violents, en vain. Alors qu'ils regagnent les berges, le brigadier de police Didier Ortega, quarante-sept ans, est pris d'un malaise cardiaque. Il tombe dans un coma irréversible et meurt à l'Hôpital Édouard Herriot le lendemain matin.

Les plongeurs de la 1ère compagnie de sapeurs-pompiers ont pu procéder au sauvetage de la personne suicidaire trois cents mètres plus en aval.

Vendredi 1er Novembre 1991. Les obsèques officielles du brigadier Didier Ortega ont lieu à l'hôtel de police de Lyon. Entré dans la police en 1970, il était marié et père de deux jeunes femmes. Effectuant toute sa carrière à Lyon, depuis sa sortie de l'école de police de Sens (Yonne), il a d'abord rejoint la 1ère compagnie territoriale avant d'obtenir un poste au centre régional de l'information et de la coordination routière de 1972 à 1989. Il obtenait le grade de brigadier de police et devait rejoindre la compagnie de circulation. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Officier de paix à titre posthume et repose désormais au cimetière de Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) d'où il était originaire.

Sources :
Journal officiel n°259 du 6 novembre 1991, "Citation à l'ordre de la nation"
Archives microfilm du Progrès, Octobre-Novembre 1991.

Pascal DENEUBOURG & Ghislain LEMARCHAND

1991 - Deux gardiens de la paix motocylistes sont tués par un automobiliste en état d'ivresse à Rouen. Un troisième victime d'une infirmité permanente.
Jeudi 3 Octobre 1991. Trois gardiens de la paix motocyclistes veillent au flux de circulation sur un point qu'ils viennent d'établir près du parc des expositions de Rouen (Seine-Maritime), positionnés sur un terre-plein central de la voie rapide menant à l'autoroute de Normandie.

Vers 20h30, un automobiliste circulant à très grande vitesse en direction du centre-ville perd la maitrise de sa Renault 21 Nevada, alors qu'une roue vient frapper violemment le bord du terre-plein. Il dévie inexorablement et vient faucher les trois policiers.

Les gardiens de la paix Pascal Deneubourg et Ghislain Lemarchand sont tués sur le coup. Quant au gardien de la paix Pascal Schang, vingt-neuf ans, il est transporté dans un état jugé désespéré à l'hôpital Charles-Nicolle. Il survivra avec de lourdes séquelles. Le conducteur en état d'ivresse manifeste s'en sort indemne ; il s'agit de Christian Vignon, quarante-deux ans.

Dès le lendemain des faits, ce dernier est mis en examen pour "homicides et blessures involontaires, conduite sous l'empire d'un état alcoolique et défaut de maitrise". Les analyses toxicologiques révélaient alors un taux délictuel d'alcoolémie de 2,4g par litre de sang, aggravé par une forte consommation d'anti-dépresseurs. Il est aussitôt écroué dans l'attente de son procès à la prison de Bonne-Nouvelle.

Mardi 8 Octobre 1991. Les obsèques officielles des deux policiers tués ont lieu dans la cathédrale de Rouen. Ils sont nommés officiers de paix et élevés au grade de chevalier de l'ordre national du mérite à titre posthume.

Originaire de Wambrechies dans le Nord, Pascal Deneubourg, trente-six ans, était marié et père de deux enfants âgés de 11 et 7 ans. Entré dans la Police en 1982, il servait depuis à la formation motocycliste urbaine de Rouen.

Originaire de Barentin dans la Seine-Maritime, Ghislain Lemarchand, trente-cinq ans, était marié et père d'une petite Corinne âgée de 9 ans. Entré dans la police en 1980, il avait débuté sa carrière à Paris avant de rejoindre à sa demande la circonscription de Rouen six ans plus tard.

Lundi 4 Mai 1992. Le tribunal correctionnel de Rouen condamne Christian Vignon à trois ans de prison ferme et 30.000 francs d'amende.
Entré dans la Police en 1982, le gardien de la paix Pascal Deneubourg était marié et père de deux enfants. Il avait 36 ans.

Portrait diffusé avec l'aimable autorisation de sa famille.
Entré dans la Police en 1980, le gardien de la paix Ghislain Lemarchand était marié et père d'un enfant. Il avait 35 ans.

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Sources et références :

JORF n°2 du 3 janvier 1992 page 110, "Décret portant nomination, ordre national du mérite"
Paris-Normandie du 04/10/1991, "Rouen : deux policiers tués par un chauffard"
Le Monde, article du 05/10/1991, "Deux policiers de Rouen tués par un chauffard en état d'ivresse"
Le Monde, article du 06/10/1991, "Un chauffard inculpé et écroué"
Le Monde, article du 06/05/1992, "Trois ans de prison ferme pour un chauffard ivre"
L'Humanité, article du 22/04/1992, "Une bombe sur la route"

Vincent LOUIS

Mardi 20 Août 1991. Le brigadier Vincent Louis, en poste à la Compagnie républicaine de sécurité N°47 de Grenoble (Isère), dévisse lors de l'ascenscion du Pic de l'Olan dans les Hautes-Alpes. Il avait quarante-deux ans, était marié et père de trois enfants.

Patrick CASASSUS

1991 - L'inspecteur Patrick Casassus est poignardé par un marginal qu'il tente de maitriser seul. Il avait 36 ans.

Son meurtrier a été déclaré irresponsable
pénalement.

Originaire des Pyrénées-Atlantiques, Patrick Casassus était marié et père de trois enfants de 12, 10 et 5 ans. Entré dans la police en 1976, il avait élu domicile dans l'Ain.

Il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur, cité à l'ordre de la Nation et élevé à titre posthume au grade de commissaire de police. Il est inhumé au cimetière de Sabaou-de-Biarritz.

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Mardi 16 Juillet 1991. Les riverains et commerçants du 6ème arrondissement de Lyon sont empoisonnés depuis plusieurs heures par un marginal d'une trentaine d'années, lequel déambule en insultant toute personne qui croise son chemin. Copieusement alcoolisé, ce dernier vient de menacer avec une arme blanche le personnel du supermarché ATAC à l'angle de la Rue Sully et de l'Avenue Garibaldi. Un client vient donner l'alerte au commissariat local se trouvant à proximité.

L'inspecteur principal Patrick Casassus, trente-six ans, connait bien son secteur. Il sait que le marginal en question se nomme Carlos Alberto Vieira-Francisco, vingt-neuf ans, pour l'avoir déjà interpellé et auditionné plusieurs fois. Il s'agit d'un
légionnaire d'origine portugaise, placé en disponibilité pour suivre un traitement psychiatrique ordonné par un hôpital militaire marseillais. Mais ce dernier s'en soustrait très régulièrement et se trouve dès lors en proie à la démence.

L'inspecteur de police se rend seul sur place, et repère le marginal alors qu'il tente de forcer l'entrée d'un salon de coiffure. Après une brève course poursuite qui s'achève devant le magasin Storéma, 58 Avenue Garibaldi, le policier tente de retenir Vieira-Francisco. Mais ce dernier saisit un couteau commando d'une lame de 20cm et porte un violent coup dans la poitrine du policier.

L'inspecteur principal Patrick Casassus tente de neutraliser son agresseur avec son arme de service, et l'atteint au genou droit. Le policier a encore la force d'essayer de le menotter mais il faiblit. Des riverains l'assistent. Vers 17h50, il gît inanimé et perd beaucoup de sang. Des policiers, des médecins urgentistes et des sapeurs pompiers arrivent sur place où l'émotion est palpable. Admis au pavillon G de l'hôpital Édouard Herriot, il est déclaré décédé à 19h02.

Son meurtrier est déclaré irresponsable pénalement et n'a jamais été jugé.

Sources :
Archive microfilm Le Progrès Juillet 1991

Marie-Christine BAILLET

1991 - La gardienne de la paix Marie-Christine Baillet est volontairement fauchée sur un barrage de police, dans un contexte de violences urbaines au Val-Fourré.

Originaire des Landes, elle avait trente-deux ans et officiait depuis huit ans et huit mois dans la police nationale. Elle est élevée au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur et nommée officier de paix à titre posthume.

Domiciliée au Val-Fourré depuis son affectation, elle repose désormais au cimetière de Mont-de-Marsan (Landes).

Son meurtrier a été condamné à dix ans de réclusion criminelle.

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Lundi 27 Mai 1991. Aïssa Ihich, dix-huit ans, meurt d'une crise asthmatique alors qu'il se trouve sous le régime de la garde à vue au commissariat de Mantes-La-Jolie (Yvelines). La commune, déjà en proie aux violences urbaines, connait plusieurs jours d'émeutes et des nuits très mouvementées.

Dimanche 9 juin 1991. Des riverains signalent que plusieurs véhicules circulent de façon anarchique dans la cité du Val Fourré. Vers 1h45, une Renault 9 signalée volée est repérée par un équipage de police dans le village de Gassicourt. Les deux occupants refusent catégoriquement d'obtempérer et une poursuite s'engage entre les deux véhicules.

Avertis par radio, les gardiens de la paix Pascal Hiblot, Marc Aucouturier et Marie-Christine Baillet immobilisent leur véhicule d'intervention au croisement de la Rue Sainte-Anne et  de la Rue Gassicourt, persuadés que les fuyards prendront une rue adjacente. Mais le conducteur de la Renault 9 alors lancée à plus de 120km/h va forcer le passage.

Les policiers sortent précipitamment de leur Renault 21 Nevada. Positionnée à l'arrière gauche de leur véhicule de service, Marie-Christine Baillet marque un temps de retard et n'a aucune chance d'éviter la Renault 9 qui s'est déportée volontairement. Elle est écrasée très violemment lors du choc. Les deux occupants de la Renault 9 désormais accidentée prennent aussitôt la fuite.

Sur place, les policiers découvrent le corps inanimé de leur collègue, éjectée à plusieurs dizaines de mètres du point d'impact. Alors qu'ils attendent les secours et que l'un d'eux procède à un massage cardiaque, un nouveau drame va se jouer. Une Volkswagen Jetta, une Renault 11 et une Mazda volées, engagées plus tôt dans le rodéo avec la Renault 9, arrivent à très vive allure dans leur direction.

Se sentant à nouveau menacé, le gardien de la paix Pascal Hiblot se met en opposition, tire à trois reprises, et atteint mortellement le conducteur de la Volkswagen Jetta, Youssef Khaïf, vingt-trois ans. D'importants renforts et services de secours convergent sur place, la situation est explosive. Marie-Christine Baillet est transportée au centre hospitalier de Mantes-la-Jolie dans un état très critique. Victime d'un arrêt cardiaque, elle entre dans un coma profond dont elle ne reviendra jamais.



Mardi 11 Juin 1991. Lhadj Saïdi, dix-huit ans, est interpellé par la Police Judiciaire de Versailles, en compagnie de trois autres individus. Tous sont originaires de la cité des Ecrivains, au Val Fourré. Saïdi a reconnu être le conducteur de la Renault 9 qui a percuté Marie-Christine Baillet. Il est inculpé et écroué pour "vol, recel de vol, violences volontaires à agent de la force publique avec arme par destination ayant entrainées la mort, dégradations". L'affaire est instruite par le juge Patrick Desmure.

Vendredi 4 Juillet 1997. La cour d'assises des Yvelines condamne Ladj Saidi à dix ans de réclusion criminelle au terme d'un long et difficile procès. Cette peine englobant la durée de détention préventive, Saïdi sort de prison trois ans plus tard et peut même assister au procès du gardien Hiblot.

Vendredi 28 Septembre 2001. La cour d'assises des Yvelines acquitte le gardien de la paix Pascal Hiblot, dont la situation de légitime défense n'était pas reconnue -ses tirs ayant eu lieu alors que la Volkswagen Jetta changeait de trajectoire et avaient atteint le conducteur à la nuque-. L'altération de son discernement due à la mort de sa coéquipière a été reconnue.


Sources et références :
JORF n°142 du 20 juin 1991, "Citation à l'ordre de la nation"
L'Humanité du 13/06/1991, "Mantes-la-Jolie : une ville meurtrie"
Libération du 05/07/1997, "Dix ans de réclusion pour Ladj Saïdi"
Libération du 06/07/1998, "A Mantes-la-Jolie, un mort attend toujours justice"
L'Humanité du 23/09/2001, "Pas de justice, pas de paix"
Le Parisien du 09/06/2011, "Il y a vingt ans, le Val-Fourré s'embrasait"  
Le Parisien du 14/06/2016, "Policiers tués : le lourd tribut du commissariat de Mantes-la-Jolie"

Catherine CHOUKROUN

1991 - La gardienne de la paix Catherine
Choukroun est victime de coups de feu tirés depuis un véhicule alors qu'elle opère sur un contrôle radar sur le périphérique parisien.

Âgée de vingt-sept ans, elle était mariée à Gilles, et le couple domicilié à Brunoy venait d'avoir une petite Estelle âgée de six mois.

La jeune policière qui venait de reprendre son service après un congé maternité avait fait le choix de travailler la nuit afin de pouvoir mieux s'en occuper.

Nommée brigadier de police à titre posthume, elle est citée à l'ordre de la nation.

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Mercredi 20 février 1991. Un équipage de la compagnie de circulation urbaine de la préfecture de police vient d'établir un point de contrôle radar fixé sur la bretelle d'accès de la porte de Clignancourt dans le 18ème arrondissement de Paris.

A 1h24, un véhicule monté par trois individus, dont une femme assise à l'arrière, circule à faible allure et finit par s'arrêter à hauteur de la Peugeot 405 des policiers
comme pour demander un renseignement ou une indulgence. La jeune gardienne de la paix assise côté passager n'a pas vraiment le temps d'abaisser la vitre : deux tirs de chevrotine retentissent.

Le premier tir atteint mortellement à la tête Catherine Choukroun, vingt-sept ans. La deuxième décharge blesse grièvement à l'épaule le gardien de la paix Émile Hubbel, quarante-et-un ans. Les malfaiteurs prennent aussitôt la fuite, repérés par un taxi parisien.

Vendredi 22 Février 1991. Les obsèques de Catherine Choukroun née Poisson ont lieu à la préfecture de police. Ce lâche assassinat, aussi minable qu'énigmatique, provoque une forte émotion aussi bien dans la profession que dans la sphère publique : la jeune femme est la première policière tuée en service en France.

Les policiers, très affectés par cette affaire vont redoubler d'effort pour retrouver la trace des meurtriers, mais faute d'indices précieux ou de témoignages sérieux les pistes s'amenuisent et ne mènent nulle part d'autant que le principal témoin oculaire (un chauffeur de taxi) décède en 1992. La piste se fige sur un petit véhicule de type Austin Metro immatriculée dans les Hauts-de-Seine, montée par deux hommes et une jeune femme. Ils resteront insaisissables pendants six longues années.

31 Décembre 1996. Un renseignement précis fourni à un policier de la brigade des stupéfiants de Seine-Saint-Denis par une ancienne prostituée de la rue Saint-Denis amène les enquêteurs sur la piste providentielle d'une jeune prostituée et d'un ancien détenu se vantant d'être l'auteur du "coup du périph".

17 Juin 1997. La brigade criminelle identifie et procède à l'interpellation de trois individus : Nathalie Delhomme alias "Johanna", trente-cinq ans, ancienne prostituée et toxicomane et accessoirement propriétaire d'une Austin Metro immatriculée dans les Hauts-de-Seine. Interpellée dans la région du Vercors où elle a "refait sa vie" et devenue mère de famille, la jeune femme craque ; elle désigne formellement le tireur assis à la place passager : Aziz Oulamara dit "Jacky", trente-neuf ans, un proxénète de la rue St-Denis. Et ce dernier rejette la responsabilité sur son acolyte qui se trouvait au volant : Marc Pétaux, quarante-et-un ans.

Sur les faits, le trio alcoolisé et sous l'emprise de drogue cherchait à se procurer de l'héroïne. L'idée de tirer sur le véhicule de police serait venue par défi, après être passés une première fois devant le point de contrôle radar.

15 Septembre 2000. Au terme d'un procès difficile, sans mobile objectif et en l'absence de témoin fiable, la cour d'assises de Paris condamne Aziz Oulamara et Marc Pétaux à vingt ans de réclusion criminelle. Nathalie Delhomme est acquittée.

29 Novembre 2001. Statuant en appel du jugement, la cour d'assises du Val de Marne acquitte Marc Pétaux mais confirme la peine prononcée contre Oulamara.

27 Février 2003. Le pourvoi en cassation formulé par Aziz Oulamara est rejeté et sa peine définitivement confirmée.


Sources :
Journal Officiel n°45 du 21/02/1991, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde, article du 21/02/1991, "Sur le boulevard périphérique à Paris, une femme policer tuée par balles"
Le Monde, article du 21/06/1997, "Un homme suspecté de l'assassinat d'une jeune femme [...] écroué"
Le Monde, article du 07/09/2000, "Le meurtre d'une femme policier aux assises de Paris"
Le Monde, article du 08/09/2000, "Le poids des bruits de la rue Saint-Denis"
Le Monde, article du 12/09/2000, "Les confessions de Madame Simone"
Le Monde, article du 14/09/2000, "Une accusée disculpe l'un des suspects"
Le Monde, article du 16/09/2000, "20 ans de réclusion pour deux des accusés [...]" 
Le Monde, article du 01/12/2001, "La cour d'assises du Val de Marne acquitte Marc Pétaux [...]"

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