Michel MORANDIN

1988 - L'inspecteur Michel Morandin est abattu par le tueur en série Roberto Succo alors qu'il enquête sur une tentative d'homicide à Toulon.

Décrit comme quelqu'un d'entier, passionné par son métier, il avait trente-cinq ans, il était marié à Jeanine et père de deux enfants.
Mardi 26 Janvier 1988. Aux environs de quatre heures du matin, Jacky Volpé, est abattu au cours d'une rixe à la sortie d'une discothèque de Toulon (Var). Le tireur, un jeune homme se faisant appeler André, prend la fuite avec deux jeunes femmes qui l'accompagnaient. Touchée à la moelle épinière, la victime ne remarchera jamais. Une enquête est ouverte à l'antenne de la police judiciaire locale, laquelle soupçonne un règlement de compte entre proxénètes.

Jeudi 28 Janvier 1988. Suivant la piste dessinée par des témoignages recueillis le soir de l'agression, les inspecteurs Morandin, Aïazzi et Thouy se rendent à l'Hôtel Prémar dans le centre ville. Les deux jeunes femmes aperçues avec l'auteur des coups de feu ont été reconnues : il s'agit de deux sœurs qui résident dans l'établissement. L'inspecteur Thouy, en position de chauffeur, reste au véhicule, tandis que ses deux collègues montent jusqu'au premier étage, chambre 7. Ils n'y trouvent qu'une seule des deux soeurs et entament un interrogatoire.

Dix minutes s'écoulent. L'inspecteur Claude Aïazzi remarque la présence d'un jeune homme qui le fixe depuis l'entrée de la chambre. Ce dernier reste curieusement silencieux et ne fournit aucune raison quant à sa présence sur les lieux. Lorsque le policier indique sa qualité, le jeune homme change brutalement d'expression et saisit une arme de poing qu'il dissimulait. L'inspecteur Aïazzi tente de le ceinturer mais il est déséquilibré par des valises obstruant l'entrée de la chambre. Le policier est frappé par deux projectiles : l'un l'atteint au ventre et l'autre à l'épaule.

Dans le même temps, l'inspecteur principal Michel Morandin est atteint grièvement à la jambe par le premier tir. Il tente néanmoins de poursuivre l'individu qui vient d'emprunter les escaliers de l'hôtel. Mais le policier est déséquilibré par sa blessure et chute. Le tireur se retourne, s'empare de l'arme du policier et l'exécute froidement. Il finit par prendre la fuite dans une Alpha Roméo en direction de la Suisse.



L'enquête avance très rapidement. Dès le lendemain de la fusillade, le logement du tueur est effectivement découvert dans la même commune grâce aux témoignages des jeunes femmes au 42 Rue Nicolas Laugier. De multiples indices sont retrouvés sur place : des armes, de nombreux objets issus de vols avec effraction et notamment sa photo sur plusieurs papiers d'identités contrefaits. La police judiciaire relie ce malfaiteur à une série de rapts, parfois suivis de meurtres, de cambriolages et de vols à main armée commis entre les Alpes et la Suisse.

Il est désormais identifié comme étant Roberto Succo, ressortissant italien de vingt-six ans. Cet individu déclaré schizophrène, auteur d'un parricide en 1981, soumis au régime de semi-liberté, s'est effectivement évadé en 1986 de l’hôpital psychiatrique où il était interné. Il est également le mystérieux meurtrier du brigadier André Castillo en 1987.

Dimanche 28 Février 1988. Avec le concours des polices suisses et italiennes, Roberto Succo est interpellé dans la banlieue de Trévise (Italie) alors qu'il tente de fuir un contrôle de police. A l'intérieur du véhicule du fuyard, les policiers de la brigade mobile découvraient le Smith & Wesson 38 spécial de l'inspecteur Morandin.

Lundi 9 Mai 1988. Roberto Succo est de nouveau interné à l'hôpital psychiatrique de Reggio-Emilia, après un refus des autorités italiennes de procéder à son extradition.

Lundi 23 Mai 1988. Jamais jugé ou confronté à ses crimes, Roberto Succo se suicide dans sa chambre d'internement, emportant ainsi tous ses secrets avec lui.

Sources et références:
Le Monde du 30/01/1988, "Fusillade à Toulon: un policier tué, un autre grièvement blessé"
Le Monde du 11/02/1988, "Le meurtrier du policier toulonnais identifié"
Le Monde du 01/03/1988, "Roberto Succo a été arrêté dans la banlieue de Trévise"
Le Monde du 19/05/1988, "Roberto Succo est déclaré irresponsable par les psychiatres italiens"
Le Monde du 25/05/1988, "Le suicide en prison de Roberto Succo [...]"

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