Alexandre SILVESTRI

1988 - Le brigadier-chef Alexandre Silvestri est fauché par un véhicule alors qu'il est sur le point d'interpeller les auteurs d'un vol commis avec violences à Bourg.
Nuit de Noël 1988. Le commissariat de Bourg-en-Bresse (Ain) reçoit un appel pour des individus qui viennent de commettre un vol avec violences à l'encontre d'une personne vulnérable près de l’hôpital Sainte-Madeleine.

Deux policiers en civil circulent Avenue du Mail en direction des lieux de l'agression. Ils pensent repérer les quatre malfrats qui s'installent dans un véhicule en stationnement. Pour éviter de se faire remarquer à cet instant et avoir une chance de les intercepter, ils risquent un demi-tour plus loin, au débouché du tunnel permettant de passer sous les voies ferrées.

Alors que le chauffeur entame la manœuvre délicate, ils constatent qu'un automobiliste surgit du tunnel à très vive allure. Le brigadier-chef Alexandre Silvestri comprend que le choc est inévitable et tente de sortir du véhicule, mais il est percuté en pleine course. Le policier meurt sur le coup.

Le conducteur du véhicule particulier est un vétéran de l'armée originaire de Nantua ; il est mis en examen pour homicide involontaire, vitesse excessive et défaut de maitrise de son véhicule. Un an après le drame, il déclare à son procès : "C'est de voir surgir cet homme hors de la voiture qui m'a paralysé. Je n'ai rien pu tenter."

Domicilié à Bohas (Ain), Alexandre Silvestri était marié et père d'une jeune fille de treize ans. Décrit comme humain et sécurisant, il avait rejoint le commissariat de Bourg-en-Bresse en 1983, et s'y était rapidement intégré. Il était également l'animateur du centre de loisirs des jeunes de la cité Majornas et s'impliquait auprès des pré-délinquants. Rendons lui hommage.

Sources:
Entretien avec Fernand Moll (collègue)

Alain JOLIVET

1988 - Le gardien de la paix Alain Jolivet est fauché par une automobiliste alors qu'il balise les lieux d'un accident de la route près de Sanary.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Dimanche 9 Octobre 1988. Un équipage de la brigade de nuit du commissariat de Sanary-sur-Mer (var) composé de trois policiers intervient sur un accident corporel de la circulation. Vers 1h30 du matin, ils effectuent le balisage des lieux et procèdent aux constatations d'usage.

Le gardien de la paix Alain Jolivet se rend à hauteur du coffre de la Peugeot 305 du service pour disposer du matériel, lorsqu'un véhicule conduit par Julia Pesce, trente-cinq ans, le percute à très vive allure. La violence de l'impact ne laisse aucune chance de survie au policier. Le gardien de la Paix Alain Jolivet avait quarante-cinq ans, il était marié et père de deux enfants.

La conductrice est inculpée pour homicide involontaire et écrouée dans l'attente de son procès. Elle accusait un taux d'alcoolémie d' 1,93g. (suites judiciaires ignorées)

Sources :
Le Monde, article du 12/10/1988, "Une automobiliste inculpée et écrouée pour conduite en état d'ivresse [...]"

Claude MARTY & Marc PIERRE

1988 - Deux gardiens de la paix sont abattus à Perpignan par deux malfaiteurs surpris en flagrant délit de vol à main armée dans un bijouterie.
Mardi 23 Août 1988. Deux individus entrent dans la bijouterie Paulignan, rue des Augustins à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Il est 9h30. Il s'agit d'Alain Raspaut, vingt-neuf ans et Pascal Castillo, vingt-sept ans. Ces deux malfrats ont profité d'une permission de sortie pour s'évader de la maison d'arrêt de Lannemezan (Hautes-Pyrénées) où ils étaient incarcérés pour vols qualifiés. Ils sont armés et déterminés à financer leur cavale.

Munis d'armes de poings et d'une grenade offensive, ils menacent le gérant, Jean Paulignan, et sa vendeuse. Le premier se retrouve pieds et poings liés et la vendeuse est intimée d'aider les braqueurs à mettre les bijoux dans des sacs. Elle est apeurée mais elle parvient à prévenir par des signes équivoques une riveraine, laquelle prévient aussitôt le commissariat local. 

Deux îlotiers cyclomotoristes arrivent les premiers sur les lieux. Le gardien de la paix Claude Marty interpelle Castillo alors que celui-ci est sur le point de quitter la bijouterie. Mais le policier très expérimenté lui fait lever les bras et procède à une palpation de sécurité. Il découvre un pistolet 9 mm dissimulé à sa ceinture.

C'est à cet instant que Raspaut surgit et ouvre le feu avec un pistolet 7.65 au poing. Claude Marty, quarante-trois ans, est frappé de deux projectiles mortels à la poitrine, et d'un troisième à l'épaule. Son équipier, le gardien de la paix Robert Crouzet, quarante-et-un ans, est grièvement atteint au ventre.

Dans le même temps, deux gardiens de la paix motocyclistes arrivent sur place. Ils sont aussitôt pris pour cibles. Castillo est blessé à la tête en retour. Le gardien de la paix Marc Pierre, trente-six ans, est frappé par un projectile à la gorge. Son équipier, le gardien de la paix Mathieu Riera, quarante ans, est blessé à la cuisse et à l'épaule. Un employé de mairie est également victime d'un tir à la main. 

Le gardien de la paix Claude Marty est abattu le premier alors qu'il identifie et saisit l'un des deux malfaiteurs pour le menotter. Il avait 43 ans.

Originaire de Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), il était marié et père de deux enfants, Jean-Marie et Gilles. Entré dans la police en 1969, il était un ancien membre du groupe d'intervention de la police nationale de Toulouse (Haute-Garonne).
Le gardien de la paix motocycliste Marc Pierre est abattu alors qu'il arrive en renfort et surprend l'un des malfaiteurs en train de prendre la fuite avec un otage.

Âgé de trente-six ans, il était marié et père de deux enfants âgé de huit et douze ans.

Si vous êtes un proche de l'une ou l'autre victime, merci de me contacter.

Raspaut est contraint de retourner dans le magasin après s'être emparé de l'arme du gardien Marty. Pris au piège, il retient en otage l'employée de la bijouterie et espère s'enfuit dans une impasse grenade en main. Il finit par s'écrouler, touché à la hanche par les tirs de riposte des policiers arrivés en renfort. Le malfaiteur est neutralisé.

L'enquête établit que Pascal Castillo, originaire de Béziers (Hérault), avait été condamné à six ans de détention criminelle pour vol qualifié. Il n'avait pas regagné la centrale depuis le mois de mars. Il a été légèrement atteint à la tête au cours de la fusillade.

Son complice, Alain Raspaut, originaire de La Roche-sur-Yon (Vendée), condamné à une peine de dix ans prononcée en 1985 pour vol aggravé, n'avait pas reparu à la centrale de Lannemezan à l'issue d'une permission obtenue en Juillet. Dans la fusillade, il a été grièvement blessé d'une balle dans la poitrine.

25 Août 1988. Me Jean Delubac, juge d'instruction au tribunal de Perpignan inculpe Raspaut sur son lit d'hôpital d'homicide volontaire, tentative d'homicide, tentative de vol avec arme, séquestration de personnes en qualité d'otages, détention et port d'arme de première catégorie. Même scénario pour son complice. Castillo est inculpé de tentative de vol avec arme, port d'arme de première catégorie.

2 Septembre 1988. Le gardien de la paix Marc Pierre succombe lui aussi à ses blessures sur son lit d’hôpital. Il était marié et père de deux enfants âgé de huit et douze ans.

14 février 1992. Au terme de cinq jours d'audience et de deux heures de délibérés, Alain Raspaut est condamné par la cour d'assises des Pyrénées orientales à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 20 ans incompressibles pour les meurtres des deux policiers. Pascal Castillo, qui niera jusqu'au bout avoir tiré, écope de 20 ans de réclusion criminelle. 

6 Août 2003. Libéré trois ans plus tôt, Pascal Castillo est retrouvé mort dans l'Hérault, exécuté de deux balles de 7.65. Son corps gisait dans une armoire métallique flottant dans les eaux d'une mine désaffectée. Élucidé, ce meurtre est imputé à deux anciens complices d'un trafic de stupéfiants.

3 Avril 2012. Raspaut demande une libération conditionnelle qui aboutit...

7 Septembre 2015. Raspaut et deux complices sont arrêtés en Espagne dans le cadre d'une grave affaire de séquestration. Il est de nouveau incarcéré.

Sources et références :
Le Monde du 24/08/1988, "A Perpignan, un policier tué par des malfaiteurs"
Le Monde du 25/08/1988, "L'attaque à main armée d'une bijouterie à Perpignan [...]"
L'indépendant du 16/09/2015, "Le film du braquage sanglant de Perpignan"

Denis GREZE

1988 - Un gardien de la paix stagiaire
en garde statique est fauché par un véhicule
prenant aussitôt la fuite à Paris.

Si vous êtes un proche de la victime,
merci de me contacter.
Vendredi 12 Août 1988. Deux gardiens de la paix sont affectés à la protection du domicile privé du Président de la république à l'intersection du Boulevard St-Germain et de la Rue Monge dans le 5ème arrondissement de Paris.

En fin d'après-midi, un véhicule circulant à très vive allure depuis un sens interdit vient faucher les deux policiers ainsi qu'un piéton. Le gardien de la paix Denis Greze, vingt-trois ans, est découvert inconscient avec un important traumatisme crânien. Son collègue, Patrick Lesaint, vingt-quatre ans, souffre d'une fracture de la jambe. Le conducteur en fuite est interpellé quelques instants plus tard.

Lundi 15 Août 1988. Le gardien de la paix Denis Greze succombe à ses blessures à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). L'enquête démontre que le conducteur, Jacques Ohayon, quarante-quatre ans, est atteint depuis plusieurs années de graves troubles psychiatriques. Le parquet de Paris décidait de l'ouverture d'une information judiciaire au titre d'homicide involontaires et blessures involontaires. (suites judiciaires ignorées)

Sources :
Le Monde, article du 16/08/1988, "Décès d'un policier renversé par un chauffard à Paris"

Michel MORANDIN

1988 - L'inspecteur Michel Morandin est abattu par le tueur en série Roberto Succo alors qu'il enquête sur une tentative d'homicide à Toulon.

Décrit comme quelqu'un d'entier, passionné par son métier, il avait trente-cinq ans, il était marié à Jeanine et père de deux enfants.
Mardi 26 Janvier 1988. Aux environs de quatre heures du matin, Jacky Volpé, est abattu au cours d'une rixe à la sortie d'une discothèque de Toulon (Var). Le tireur, un jeune homme se faisant appeler André, prend la fuite avec deux jeunes femmes qui l'accompagnaient. Touchée à la moelle épinière, la victime ne remarchera jamais. Une enquête est ouverte à l'antenne de la police judiciaire locale, laquelle soupçonne un règlement de compte entre proxénètes.

Jeudi 28 Janvier 1988. Suivant la piste dessinée par des témoignages recueillis le soir de l'agression, les inspecteurs Morandin, Aïazzi et Thouy se rendent à l'Hôtel Prémar dans le centre ville. Les deux jeunes femmes aperçues avec l'auteur des coups de feu ont été reconnues : il s'agit de deux sœurs qui résident dans l'établissement. L'inspecteur Thouy, en position de chauffeur, reste au véhicule, tandis que ses deux collègues montent jusqu'au premier étage, chambre 7. Ils n'y trouvent qu'une seule des deux soeurs et entament un interrogatoire.

Dix minutes s'écoulent. L'inspecteur Claude Aïazzi remarque la présence d'un jeune homme qui le fixe depuis l'entrée de la chambre. Ce dernier reste curieusement silencieux et ne fournit aucune raison quant à sa présence sur les lieux. Lorsque le policier indique sa qualité, le jeune homme change brutalement d'expression et saisit une arme de poing qu'il dissimulait. L'inspecteur Aïazzi tente de le ceinturer mais il est déséquilibré par des valises obstruant l'entrée de la chambre. Le policier est frappé par deux projectiles : l'un l'atteint au ventre et l'autre à l'épaule.

Dans le même temps, l'inspecteur principal Michel Morandin est atteint grièvement à la jambe par le premier tir. Il tente néanmoins de poursuivre l'individu qui vient d'emprunter les escaliers de l'hôtel. Mais le policier est déséquilibré par sa blessure et chute. Le tireur se retourne, s'empare de l'arme du policier et l'exécute froidement. Il finit par prendre la fuite dans une Alpha Roméo en direction de la Suisse.



L'enquête avance très rapidement. Dès le lendemain de la fusillade, le logement du tueur est effectivement découvert dans la même commune grâce aux témoignages des jeunes femmes au 42 Rue Nicolas Laugier. De multiples indices sont retrouvés sur place : des armes, de nombreux objets issus de vols avec effraction et notamment sa photo sur plusieurs papiers d'identités contrefaits. La police judiciaire relie ce malfaiteur à une série de rapts, parfois suivis de meurtres, de cambriolages et de vols à main armée commis entre les Alpes et la Suisse.

Il est désormais identifié comme étant Roberto Succo, ressortissant italien de vingt-six ans. Cet individu déclaré schizophrène, auteur d'un parricide en 1981, soumis au régime de semi-liberté, s'est effectivement évadé en 1986 de l’hôpital psychiatrique où il était interné. Il est également le mystérieux meurtrier du brigadier André Castillo en 1987.

Dimanche 28 Février 1988. Avec le concours des polices suisses et italiennes, Roberto Succo est interpellé dans la banlieue de Trévise (Italie) alors qu'il tente de fuir un contrôle de police. A l'intérieur du véhicule du fuyard, les policiers de la brigade mobile découvraient le Smith & Wesson 38 spécial de l'inspecteur Morandin.

Lundi 9 Mai 1988. Roberto Succo est de nouveau interné à l'hôpital psychiatrique de Reggio-Emilia, après un refus des autorités italiennes de procéder à son extradition.

Lundi 23 Mai 1988. Jamais jugé ou confronté à ses crimes, Roberto Succo se suicide dans sa chambre d'internement, emportant ainsi tous ses secrets avec lui.

Sources et références:
Le Monde du 30/01/1988, "Fusillade à Toulon: un policier tué, un autre grièvement blessé"
Le Monde du 11/02/1988, "Le meurtrier du policier toulonnais identifié"
Le Monde du 01/03/1988, "Roberto Succo a été arrêté dans la banlieue de Trévise"
Le Monde du 19/05/1988, "Roberto Succo est déclaré irresponsable par les psychiatres italiens"
Le Monde du 25/05/1988, "Le suicide en prison de Roberto Succo [...]"

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