Patrick SZCZEPANEK

Jeudi 24 Décembre 1987. Un équipage police-secours circule Boulevard Berthier dans le 17ème arrondissement de Paris. L'hiver rigoureux a rendu la chaussée est très glissante. Il est six heures du matin.

Alors que les policiers atteignent la Porte d'Asnières, le chauffeur du véhicule en perd le contrôle et finit très violemment contre les rambardes métalliques d'un îlot séparant les voies.

A l'instant du choc, le gardien de la paix Patrick Szczepanek est éjecté de l'habitacle et meurt sur le coup. Il avait vingt-cinq ans.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.

Dominique ROUILLON

1987 - Le gardien de la paix Dominique Rouillon est fauché par un véhicule alors qu'il procède au balisage du lieu d'un accident de la circulation. Il avait 34 ans.
Vendredi 25 Septembre 1987. Deux gardiens de la paix de la 4ème section de roulement de Dijon (Côte-d'Or) balisent les lieux d'un accident corporel de la route entre une voiture et un cyclomoteur. Ils se trouvent à l'intersection de la rocade est et de la route nationale 5 lorsqu'un véhicule conduit par une automobiliste vient les faucher tous les deux.

Les gardiens de la paix Marcel Poulet, trente-six ans et Dominique Rouillon, trente-quatre ans sont très grièvement blessés ; l'état de santé de ce dernier demeurant le plus d'inquiétant : plongé dans le coma, il ne se réveillera effectivement jamais.

Je recherche d'avantage d'informations sur ce drame. Si vous êtes un proche de la victime, merci de prendre contact avec moi afin d'établir avec votre accord une page dédiée plus appropriée.

Michel SENSI

Jeudi 27 Août 1987. Le gardien de la paix Michel Senci, affecté à la Compagnie républicaine de sécurité N°58, meurt d'une crise cardiaque alors qu'il effectue un entrainement dans le massif pyrénéen. Il n'avait que trente-cinq ans.

Je recherche d'avantage d'informations sur cet évènement et sur Michel Senci. Si vous êtes un proche de la victime ou si vous l'avez connu, merci de me contacter pour établir avec votre accord une page dédiée plus appropriée.

Sources : 
"Victimes du devoir" de Stéphane Lemercier, éditions du Prévôt, page 173. 

Alain VELA | CSP LA SEYNE-SUR-MER (83)

1987 - Le gardien de la paix Alain Vela
est abattu des malfaiteurs qu'il vient de
surprendre en flagrant délit de vol à
main armée et séquestration à La Seyne.
Lundi 22 Juin 1987. Peu avant 8h00, trois malfaiteurs cagoulés venus à bord d'une Ford Fiesta bleue volée se présentent devant une agence de la Société Générale de Mar Vivo à La Seyne-sur-Mer (Var). Ils séquestrent immédiatement le directeur qui procède à l'ouverture de l'établissement. Mais ces derniers n'ont pas prévu qu'un autre employé détient le jeu de clefs menant aux coffres. Alors qu'ils attendent nerveusement son arrivée, l'un des malfaiteurs est remarqué par une riveraine vigilante, laquelle donne aussitôt l'alerte.

Mis en difficultés par l'arrivée de la police, ils prennent la fuite avec leur otage en direction du nord de la commune.  Avenue Garibaldi, près du Square Anatole France, la Ford Fiesta déjante et se retrouve bloquée en sens interdit face à un véhicule de policiers en uniformes.

Les malfaiteurs tirent à quatre reprises sur les policiers. Les projectiles viennent transpercer le pare-brise de leur Peugeot 305 break et blessent très grièvement à la tête le gardien de la paix assis au volant. Ses équipiers ne ripostent pas du fait de la présence de l'otage.

Le véhicule des malfrats gagne le nord de La Seyne à vive allure. A hauteur de l'école Maurice Thorez, ils choisissent d'abandonner la Ford Fiesta et leur otage pour s'emparer avec violences d'une Renault 11, dans laquelle se trouve un couple de retraités originaires de la région lyonnaise. La R11 est également abandonnée dans la cité Berthe où la trace des bandits se perd.

Mardi 23 Juin 1987. Transporté aux urgences de l’hôpital de La Timone, le gardien de la paix Alain Vela, trente-neuf ans, se trouve dans un état jugé désespéré. Il succombe à 16h45, après trois opérations chirurgicales. Entré dans la police en 1971, il était marié et père d'un jeune garçon.

Archives de presse
L'impact laissé par la balle de calibre 11,43 dans le pare-brise de la 305.

Vendredi 26 Juin 1987. Un couple est écroué pour "recel de malfaiteurs" et "non dénonciation de crime". L'interrogatoire emmène les enquêteurs sur le piste d'un truand sicilien et de deux malfrats corses. Trois noms vont ressortir de l'enquête : Ange-Toussaint Federici, Antonio Romeo et Julien Paldaci.

Ange-Toussaint Federici, membre de la pègre corse, est arrêté au cours d'un braquage à Pierrelatte (Drôme) en Novembre 1988. Inculpé dans le hold-up de La Seyne, il est condamné par la cour d'assises du Var à 9 ans de réclusion criminelle pour "tentative de vol avec arme, prise d'otages pour faciliter la commission d'un crime et la fuite des auteurs, recel de vol et vol avec port d'arme" ; évadé de la maison d'arrêt de Bastia (Corse) en Août 1990, il n'est remis derrière les barreaux qu'en Janvier 1995 après avoir alimenté sa cavale d'une longue série de braquages violents. Libéré sous condition en Octobre 2003, il est de nouveau confondu dans une affaire de triple homicide à Marseille en 2006 (affaire de la fusillade du "bar des marronniers"). Faits pour lesquels il purge à ce jour une peine de 30 ans de réclusion criminelle.

La Brigade de surveillance et de recherche de Liège (Belgique) met la main en Décembre 1992 sur Antonio Romeo dit "Nino", recherché dans le cadre de plusieurs braquages commis dans le plat pays. Ce sicilien d'origine est aussi identifié comme étant l'auteur du coup de feu mortel du braquage de La Seyne. Condamné par contumace par la cour d'assises du Var à la réclusion criminelle à perpétuité, il est également inculpé pour un assassinat commis en Allemagne en 1991. Extradé en France à partir de Janvier 1997 et condamné à 20 ans de réclusion criminelle en Décembre. Il a toujours nié les faits, et se trouve toujours incarcéré.

Julien Paldacci est interpellé à Villejuif (Val de Marne) en Mars 2012 par la Brigade nationale de recherche des fugitifs, après 25 ans de cavale. Il était porteur d'un révolver de calibre 22 long rifle, et de 20.000 euros en espèces. Condamné par la cour d'assises du Var en Décembre 1992 pour "tentative de vol avec arme, prise d'otages pour faciliter la commission d'un crime et la fuite des auteurs, recel de vol et vol avec port d'arme", il est finalement acquitté faute de preuves suffisantes.

Sources :
Le Monde du 25/06/1987, "Hold-up à La Seyne : un policier mortellement blessé"
FR3 Rhône-Alpes du 14/09/2013, "26 ans après un hold-up mortel, un homme acquitté aux assises du Var"

Roger LATASA

Crédit photo: Mickaël P., PAF Hendaye
1987 - Le gardien de la paix Roger Latasa est tué près d'Hendaye au cours de l'interpellation de deux membres de l'organisation clandestine armée Iparretarrak. Âgé de 37 ans, il était marié et père de trois enfants.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
Dans la nuit du samedi au dimanche 21 Juin 1987, un barrage de police établi par cinq agents de la  police de l'air et des frontières basée à Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) est mis en place à hauteur de gare de La Négresse à Biarritz.

Les contrôles se succèdent jusqu'à ce que le conducteur d'une Renault 4 venant d'Arbonne s'arrête à un stop. Il est 23h00. Les deux occupants sont tenus de se soumettre au contrôle ordonné par des gestes réglementaires mais le conducteur refuse d'obtempérer. Aussitôt, deux policiers qui se trouvaient en position d'attente à bord de leur Renault 18 se lancent à leur poursuite.

Ils rattrapent sans peine la R4 qui s'est engagée sur un chemin non goudronné de la commune d'Anglet, près de l'étang de Brindos. Mais elle se retrouve bloquée sur un passage de chemin de fer et cale. Les policiers placent leur R18 devant la R4 pour la coincer encore davantage. Le chauffeur est interpellé sur le champ, il s'agit de l'activiste basque Pierre Bidart alias "Betti", trente-et-un ans. Il est le frère de Philippe Bidart, alors considéré comme le chef de l'organisation clandestine armée Ipparetarrak.

Iparretarrak (IK) -ceux du nord en langue basque- est une organisation aux méthodes terroristes qui lutte pour l'autonomie du Pays basque depuis 1973. Elle refuse de voir l'identité basque devenir une "identité de supermarché" et leur société basculer vers la spéculation immobilière, la "touristification" et l'agriculture intensive. IK intensifie ses actions dans les années 1980, en utilisant les explosifs et les armes contre les symboles de l’état français. En 1982, deux CRS étaient assassinés, attentat non revendiqué mais attribué à IK.

Le passager de la Renault 4 est une jeune femme de vingt-six ans, activiste basque également, évadée de la prison de Pau depuis décembre 1986 : Marie-France Heguy alias "Maddi". Maddi s'enfuit à pied sur la voie ferrée avec un sac contenant un pistolet 9mn et des faux documents d'identité. Elle est rattrapée par le gardien de la paix Roger Latasa. Ce dernier l'escorte menottée jusqu'au siège arrière de la R18.

L'impensable se produit à 23h14 : un train en provenance d'Irun arrive à plus de 80 km/h et frappe de plein fouet la R4 et surtout la R18 qui se trouve pour moitié sur la voie ferrée. La partie avant de la R18 est projetée sur le côté droit de la voie ferrée à plus de 300m du point d'impact, avec le policier. Le train emporte sur plus de 200m la partie arrière de la voiture où se trouvait la militante basque. On retrouve son corps désarticulé, toujours menotté et partiellement calciné dans la carcasse du véhicule.

25 juin 1987. Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire à l'encontre de Pierre Bidart, le dossier IK est instruit par le juge Michel Legrand. Bidart est inculpé de "transport d'armes et de munitions, recel de malfaiteur et associations de malfaiteurs, infraction en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler l'ordre public par l'intimidation ou la terreur".

Sources
Journal télévisé du 22/06/1987 - 3ème minute
Encyclopédie du terrorisme international de Thierry Vareilles (p. 351)
Ballades en Pays Basque, publication du 21/06/2010
Le Monde du 28/06/1987, "Un sympathisant du groupe IK écroué"
Le Monde du 23/06/1987, "Deux morts au cours de l'arrestation d'un nationaliste basque"

André CASTILLO

1987 - Le brigadier André Castillo est abattu par un rôdeur à proximité de son domicile : le tueur en série Roberto Succo.

Affecté à la formation motocycliste urbaine de Chambéry depuis 1979, il était marié à Marie-Louise et père de deux enfants.


Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Vendredi 3 Avril 1987. Le brigadier de police André Castillo quitte son domicile à Tresserve (Savoie) et emprunte sa Peugeot 305 pour prendre son service au commissariat de Chambéry. Il est 6h du matin environ.

Il n'effectue que trois cents mètres lorsque, sur le parking de la Place de la Mairie, il remarque la présence d'un individu suspect qui rôde autour d'un véhicule en stationnement. Suspectant un vol en cours, il quitte précipitamment sa voiture et va à la rencontre du malfaiteur.

Mais il est abattu sur le champ par ce dernier. Le policier s'écroule, atteint mortellement au cou par une balle de calibre 22 long rifle. Un voisin retrouve son corps inanimé à côté de son véhicule, moteur en marche, portière conducteur ouverte. Son arme de service a disparu.

Interrogés, les riverains signalent aux enquêteurs qu'ils ont remarqué la présence inhabituelle d'un jeune homme en tenue de treillis militaire dans le voisinage. La piste envisagée est celle de voleurs de voitures dérangés en plein travail.

30 janvier 1988. Le revolver d'André Castillo est retrouvé dans une Alpha Roméo rouge volée et abandonnée près de Lausanne (Suisse)

28 Février 1988. Le meurtrier est enfin identifié au terme d'une longue enquête avec le concours des polices suisses et italiennes. Roberto Succo, vingt-six ans, ressortissant italien est interpellé dans la banlieue de Trévise (Italie) alors qu'il tente de fuir un contrôle de police à bord d'un véhicule de grosse cylindrée signalée volée la veille. A l'intérieur du véhicule, les policiers de la brigade mobile découvraient le Smith & Wesson 38 spécial de l'inspecteur Michel Morandin, tué à Toulon en Janvier de cette même année.

Succo s'était évadé en 1986 d'un hôpital psychiatrique près de Venise où il était soigné pour schizophrénie aigüe. Il y était alors placé pour parricide. Sur la route de sa cavale, il prend les vies de quatre autres personnes et prend plusieurs personnes en otage lors de ses déplacements.

Sur les circonstances entourant la mort du brigadier Castillo, Succo a déclaré qu'il l'avait tué car il s'était montré trop curieux et lui avait demandé ses papiers d'identité alors qu'il dormait dans une voiture volée ce matin là. Le tueur déclarait de ses propres termes: "Si j'étais tombé sur une patrouille, j'aurais tiré. Je tue les gens qui m'énervent. Si quelqu'un me barre la route, je le tue".

Dimanche 23 Mai 1988. Roberto Succo se suicide dans sa cellule de la prison de Vicence (Italie). Il avait préalablement avoué six de ses meurtres et des experts psychiatres venaient de le déclarer à nouveau irresponsable pénalement du fait de sa pathologie.


Sources :
Archive Le Monde du 25/05/1988, "Le suicide de Roberto Succo [...]"
Archive Le Monde du 19/05/1988
Archive Le Monde du 02/03/1988 
Archive Le Monde du 04/02/1988, "L'enquête sur le meurtre d'un policier toulonnais [...]"
Archive Le Monde du 04/04/1987, "Un policier chambérien abattu à Tresserve"

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