Bernard ALBERT

1985 - Le gardien de la paix Bernard Albert est abattu alors qu'il vient d'intercepter un véhicule conduit par des malfaiteurs.

Âgé de quarante ans, Bernard Albert était marié et père de deux enfants. La famille était domicilié sur la petite commune de Montier-en-Der (Haute-Marne). Nommé brigadier de police à titre posthume, la voie communale du commissariat de Saint-Dizier est rebaptisée en son honneur "Rue du Brigadier Albert". 

Si vous êtes un proche de la victime,
merci de me contacter.
Vendredi 8 Novembre 1985. Trois frères issus d'une famille de gitans sédentarisés dans la Marne circulent à bord d'une camionnette qu'ils viennent de voler. Il s'agit de Joseph Lenfant, quarante ans, Emile Lenfant, dix-neuf ans, lequel est au volant et de Charles Lenfant, vingt-six ans, armé d'un fusil de chasse.

Repérés par la gendarmerie, les malfaiteurs sont poursuivis sur les routes de campagnes aux limites de la circonscription de Saint-Dizier (Haute-Marne). Averti de leur progression sur la route nationale N°4, un équipage de la police nationale composé de trois gardiens de la paix décide d'établir un barrage à hauteur de la petite commune voisine d'Ancerville.

Les malfaiteurs parviennent jusqu'au barrage routier mais n'ont nullement l'intention de s'arrêter. Ils tentent de forcer le passage sans succès et la camionnette se retrouve immobilisée dans un fossé. Alors que les policiers se ruent vers le véhicule accidenté, ils sont pris sous le feu d'un fusil de calibre 12. Les gardiens de la paix Daniel Nivoix et Christian Geny sont blessés, l'un à l'épaule et l'autre à la nuque. Quant à au sous-brigadier Bernard Albert, il est tué sur le coup.

Deux malfaiteurs sont interpellés aussitôt, mais le tireur, Charles Lenfant, a pris la fuite. Les voies d'accès à la commune d'Ancerville sont barrés et l'ensemble des forces de l'ordre organise les recherches du fugitif de manière très intensive.

Jeudi 14 Novembre 1985. Confronté à l'inutilité de sa fuite, Charles Lenfant se constitue prisonnier à la Gendarmerie d'Ancerville.

Mardi 14 Octobre 1986. La cour d'assises de la Meuse condamne Charles Lenfant à la réclusion criminelle dite à perpétuité ; peine assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans. La complicité de meurtre n'a pas été retenue pour ses deux frères qui devaient répondre du vol du véhicule, et du refus d'obtempérer.

Sources :
Le Monde, article du 11/11/1985, "Un policier est tué par des malfaiteurs"
Journal officiel du 13/11/1985, page 13137, "Citation à l'ordre de la nation"

Henri CANAL

Mardi 8 Octobre 1985. Le Brigadier-chef Henri Canal, trente-huit ans et le gardien de la paix Xavier Bonnet, vingt-sept ans, motards à la Compagnie républicaine de sécurité N°58 basée à Perpignan (Pyrenées-Orientales) circulent sur la RN 117. Approchant la commune de Cases-de-Pene, ils sont surpris par la manœuvre du conducteur d'un semi-remorque qui leur coupe la voie pour entrer dans une carrière.  Originaire de Canohès, Xavier Bonnet est atteint de plusieurs fractures très graves et transporté aux urgences au centre hospitalier de Perpignan. Originaire de Perpignan, Henri Canal est tué sur le coup.

Je recherche d'avantage d'informations sur cet évènement et sur Henri Canal. Si vous êtes un proche de la victime ou si vous l'avez connu, merci de me contacter pour établir avec votre accord une page dédiée plus appropriée. 

Alain CLAVERIE

1985 - Le gardien de la paix Alain Claverie est abattu au cours du braquage d'un siège d'une société de transports de fonds. Âgé de 35 ans, il était marié et père de deux jeunes garçons.
Contexte : Dans les années 80, les convois de fonds deviennent une cible privilégiée du grand banditisme français, dont les méthodes se radicalisent d'avantage. Avec seize attaques à mains lourdement armées, sept convoyeurs et trois policiers tués, 1985 est une année noire.

Régulièrement, les enquêtes menées par l'Office centrale de répression du banditisme révèlent qu'un ou plusieurs membres du personnel des sociétés de transports de fonds sont impliqués soit par complicité ou par acte de banditisme (menaces de mort, séquestrations des familles en échange d'informations).

Si les attaques de fourgons se produisent généralement lors de la phase piétonne de la circulation fiduciaire, l'attaque directe d'un siège n'était jusqu'alors pas envisagée sérieusement. Un décret renforçant et contraignant l'exercice de cette activité sera signé en 1986 (uniformes, cartes professionnelles, blindages, conditions d'embauche,...).

Lundi 26 Août 1985. Très tôt dans la matinée, un commando de malfaiteurs armés de pistolets mitrailleurs et de grenades investissent le siège de la société de transports de fonds Protecval basée dans la zone industrielle de Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes), rue Claude Bernard. Ils neutralisent la dizaine d'employés déjà présents dans les locaux.

Visiblement bien renseignés, les malfaiteurs savent qu'un système d'alarme est directement relié au commissariat. Menacé de mort, le directeur de la société est alors contrait d'appeler le chef de poste du commissariat central pour faire croire que des travaux temporaires vont déclencher par erreur le dispositif.

Accédant aux coffres-forts, les malfaiteurs commencent à charger un camion de plusieurs millions de francs. Cependant, une patrouille de police est envoyée en toute logique jusqu'au siège de la Protecval pour s'enquérir de la situation.

Le système de sécurité programmé par horodateur très contraignant pour les convoyeurs entraîne régulièrement de nombreuses fausses alertes suite à de mauvaises manipulations. Lorsque deux gardiens de la paix se présentent à l'entrée du siège vers 6h30, ils imaginent sans doute une énième vérification de routine. Mais il n'en est rien.

Les policiers se manifestent à l'interphone pour s'entretenir avec un responsable. Un employé explique sous la contrainte qu'il s'agit d'un nouveau déclenchement accidentel. Intrigués, les policiers effectuent néanmoins une inspection autour du bâtiment et s'apprêtent à quitter la zone industrielle lorsque le chef de poste du commissariat de Cagnes les prévient par radio que des riverains ont repéré des mouvements suspects.
Crédit photo : Mathieu Claverie, tous droits réservés.
1985 - Le gardien de la paix Alain Claverie est abattu au cours du braquage du siège d'une société de transports de fonds sise près de Nice. Âgé de 35 ans, il était marié et père de deux jeunes garçons.

Sources : Mathieu Claverie, tous droits réservés
Alain Claverie était un passionné de montagne et avait très vite débuté sa carrière à la CRS 6 de St-Laurent-du-Var.
Crédit photo : Mathieu Claverie, tous droits réservés
Marianne, Alain et leurs fils Mathieu.

Lorsque qu'ils reviennent à l'entrée du siège, le gardien de la paix Alain Claverie se présente seul à l'interphone. Mais cette fois-ci, il est alerté par les cris des otages. Alors qu'il tente de prévenir son équipier, le policier est fauché par une rafale de pistolet mitrailleur. Un malfaiteur fait exploser une grenade, tandis que la Renault 18 des policiers est criblée de balles. A l'intérieur, le gardien de la paix Bernard Adragna n'a d'autre choix que de se coucher dans l'habitacle.

Dans la panique, un convoyeur séquestré pour conduire le camion dans lequel le butin a été dissimulé parvient à prendre la fuite, et gagne aussitôt la police municipale de Saint-Laurent-du-Var. Le commando s'enfuit à leur tour à bord de trois véhicules.


Mercredi 28 Août 1985. Les obsèques officielles du gardien de la paix Alain Claverie ont lieu au pied de l'hôtel de ville de Cagnes-sur-mer, en présence du directeur général de la police nationale, M. Pierre Verbrugghe, et de très nombreuses personnalités locales.

Originaire de Toulon (Var), le gardien de la paix Alain Claverie avait trente-cinq ans. Il était marié à Marianne et père de deux enfants : Mathieu, onze ans et Roland, neuf ans.

Entré au centre régional d'instruction de la police nationale de Toulouse en 1972, ce policier exemplaire, très respecté, avait commencé sa carrière à la CRS N°3 de Quincy-sous-Sénart.

Muté en 1975 à la CRS N°6 de Saint-Laurent-du-Var, il a participé à de nombreuses interventions de secours en haute montagne, sauvant des vies et échappant lui-même à la mort à deux reprises au cours d'avalanches.

En 1980, il rejoignait la Circonscription de sécurité publique de Cagnes-sur-mer, d'abord au poste de Vence, puis au central de Cagnes. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé au troisième échelon du grade de brigadier de police à titre posthume, décoré de la croix de chevalier de la légion d'honneur, de la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement, et de la médaille d'honneur de la police nationale.


Grâce à l'exploitation de l'un des véhicules repérés sur les lieux de la fusillade, l'enquête va conduire à trois interpellations. (Suites judiciaires inconnues, si vous êtes en possession d'informations susceptibles d'améliorer la qualité de ce récit, merci de me contacter) 

En novembre 1986, le Ministre de l'intérieur Charles Pasqua et le Directeur central des polices urbaines Robert Broussard sont présents pour inaugurer une nouvelle artère au centre-ville de Cagnes-sur-Mer, la Rue du Brigadier Claverie.

Sources:
Entretien avec Mathieu Claverie

Archives AFP - pressedd.com (version inaccessible du public aujourd'hui)
Le Monde, article du 28/08/1985, "Les syndicats policiers s'inquiètent de l'aggravation des attaques [...]"
Le Monde, article du 25/07/1985, "La guerre des fourgons blindés"
Nice matin,
Archive coupure de presse du 01/11/1986

Jacques FUMEY

1985 - Le gardien de la paix Jacques Fumey est abattu par un individu fiché au grand banditisme lors d'un contrôle routier à Ajaccio. Marié et père de deux enfants, il avait 50 ans.

Page réalisée avec l'aimable accord de sa famille.
Lundi 22 Juillet 1985. La brigade de surveillance de nuit d'Ajaccio (Corse) effectue des contrôles routiers à un barrage établi sur le Cours Napoléon.

Vers 3h45, les policiers procèdent au contrôle d'un véhicule monté par un individu se disant dépourvu de pièce d'identité. Les policiers le sentent fébrile et décident de vérifier d'avantage sa situation.

Alors que le conducteur feint l'agacement, il saisit un pistolet qu'il dissimulait et fait immédiatement feu en direction des policiers. Les gardiens de la paix Jacques Fumey, cinquante ans, originaire de Dijon (Côte d'or) et Antoine Salvatori, trente-six ans, originaire de Bonifacio (Corse) sont très grièvement blessés.

Atteint par trois projectiles, Jacques Fumey meurt trois jours plus tard en soins intensifs. Il était marié et père de deux enfants.

L'enquête établit que le meurtrier est un braqueur fiché au grand banditisme corse : Antoine Pasqualaggi, trente ans, nationaliste agissant dans l'ombre pour le compte du FLNC. En Mars 1983, ce dernier était inculpé dans une série de plasticages et de braquages violents, et activement recherché depuis. En Août 1986, il est interpellé en compagnie d'un cousin, lui-même en cavale. Tous deux sont effectivement suspectés d'avoir tué un bijoutier sur la commune de Nice (Alpes-Maritimes).

Le 4 juin 1988, la cour d'assises d'Ajaccio condamne Antoine Pasqualaggi à la réclusion criminelle dite à perpétuité. Peine assortie d'une mesure de sûreté de treize ans.

Sources:
Entretien avec la famille
Le Monde, article du 23/07/1985, "Deux policiers blessés par un malfaiteur à Ajaccio"

François Klein & Philippe FIVET

1985 - Un officier de paix, un gardien de la paix et un convoyeur de fonds sont tués au cours d'une attaque de fourgon blindé dans le 18ème arrondissement de Paris
Jeudi 30 Mai 1985. Un convoi de fonds de la Société Parisienne de Surveillance circule Rue Riquet dans le 18ème arrondissement de Paris avec à son bord 90 millions de francs. Vers onze heures, il est sur le point d'emprunter le pont de chemins de fer lorsqu'une camionnette Renault T800 montée par deux truands leur barre la route.

A l'arrière, trois autres malfaiteurs lourdement armés, porteurs de cagoules et gantés, sortent d'une Peugeot 305. Ils ordonnent aux agents de descendre et les y encouragent à coups de gaz lacrymogène. Le convoyeur-chef, René Causson, quarante-et-un ans, esquisse un geste de défense : il est abattu de sang froid. Les truands affichent leur détermination en écartant les curieux de la scène par des tirs à l'arme de guerre.

L'alerte est donnée. Un car de police-secours monté par un brigadier et quatre gardiens de la paix atteint l'intersection des rues Riquet et Philippe de Girard sans pouvoir aller plus loin. L'ensemble des effectifs en tenue progressent à pieds jusqu'à la rue du Canada où ils subissent des tirs d'armes automatiques. Une scène de guerre.

Dans le même temps, un véhicule de police monté par un officier de paix et trois gardiens de la paix empruntent la rue Pajol en direction de la Rue Riquet, mais ils se retrouvent à leur tour bloqués dans le bouchon qui s'est formé. Le bruit des tirs d'armes automatiques au loin les incitent à intervenir. Ils empruntent les trottoirs à pieds.

Alors qu'ils atteignent l'intersection, ils ont à vue les braqueurs, et se dispersent autour de véhicules en stationnement dans la Rue Riquet. L'Officier de paix François Klein donne une première sommation. Une fusillade d'une extrême violence éclate ; les braqueurs n'entendent pas se laisser prendre ou fuir sans le butin, ils progressent même vers les policiers depuis le trottoir opposé !

La présence de nombreux riverains, notamment de consommateurs présents dans un café à l'angle complique les tirs de ripostes. Les policiers sont contraints de se replier plus bas dans la Rue Pajol.

Positionné en embuscade sous un porche, un malfaiteur déclenche une rafale qui blesse très grièvement l'Officier de paix François Klein et atteint mortellement à la tête le gardien de la paix Philippe Fivet. Le tireur se porte jusqu'à l'officier blessé et l'exécute froidement. Les deux autres gardiens de la paix n'ont aucun échappatoire et continuent de subir des tirs.

Avec l'appui de la 2ème Brigade mobile d'arrondissements, les premiers intervenants progressent tant bien que mal et repoussent les malfrats, en tirant, vers la Rue Buzelin. Un brigadier doté d'un pistolet mitrailleur riposte et blesse l'un des malfrats à la jambe, mais l'équipe parvient tout de même à prendre la fuite en voiture ; laquelle est perdue de vue à hauteur de la Place Hébert, avec près de 7,5 millions de francs dans le coffre.

L'officier de paix François Klein meurt aux urgences de l'hôpital Bichat à 22h30. Ses collègues étaient venus en nombre à son chevet pour donner leur sang.

Mardi 4 Juin 1985. Les obsèques officielles des deux policiers tués ont lieu dans la cour d'honneur de la préfecture de police à Paris.

La mort de trois hommes, l'importance du butin, font du braquage de la rue Riquet l'un des plus gros "coups" depuis le hold-up commis par Action directe à Condé-sur-l'Escaut (Nord), au mois d'août 1979 (16 millions de francs).

Depuis le début le début des années 1980, les braquages de convois de fonds augmentent de façon alarmantes : vingt-deux attaques et tentatives d'attaques de fourgons en 1983, vingt-neuf en 1984 et déjà dix-sept pour les six premiers mois de 1985.
Originaire du Nord, l'officier de paix François-René Klein avait vingt-sept ans. Il venait d'achever, avec la 36ème promotion, sa formation à l’École supérieure des officier de paix.

Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Officier de paix principal à titre posthume. Il repose désormais au cimetière de Langon (Gironde).
Originaire également du Nord, le gardien de la paix Philippe Fivet, vingt-sept ans, était marié à Béatrice et heureux père de deux enfants : Grégory et Alison.

Cité à l'ordre de la nation, il est nommé Brigadier de police à titre posthume. Il repose au cimetière de Quiévrechain (Nord).
Alison Fivet n'est âgée que de treize mois quand le drame a lieu :  

" Vous comprendrez donc que je n'ai pas de souvenirs, ceci dit je sais que c'était un homme qui aimait la vie, qu'il a profité de chaque instant ; il était amoureux de son travail. Il aimait bien la pêche et il avait beaucoup d'humour. "


Le juge Alain Marsaud est nommé pour instruire le dossier contre X aux chefs d'assassinats, tentatives d'assassinats, coups et blessures volontaires avec armes, vols aggravés, association de malfaiteurs et infraction à la législation sur les armes.

La Brigade de Répression du Banditisme aboutit à l'interpellation de cinq individus au terme d'une minutieuse enquête. 25 Juin 1985, interpellation à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) d'une figure de la pègre toulonnaise : Michel Ghellam, vingt-six ans. Il s'agit du premier maillon de la chaine de l'enquête, relié à la fusillade au moyen d'un pistolet 9mn retrouvé sur la scène de crime, et qui a déjà servi dans un règlement de compte le 16 Mars à Paris.

Les policiers découvrent au domicile de sa maitresse où il est arrêté un véritable arsenal militaire. Il est mis en examen et écroué. Quinze mois plus tard, à la suite d'une erreur d'expertise, les corrélations entre Ghellam et la fusillade sont remises en cause, mais les enquêteurs restent certains d'avoir identifié la bonne équipe. Ghellam reste néanmoins incarcéré, alors confondu dans une affaire d'attaque à main armée avec prise d'otages commis en 1980 à Antibes (Alpes-Maritimes), ainsi que l'homicide commis à Paris le 16 Mars.

Novembre 1986. Daniel Aucouturier, trente-six ans, est interpellé à la sortie d'un café de la Rue Claude Decaen dans le 12ème arrondissement de Paris. Cet ancien légionnaire est inculpé et écroué pour complicité dans la fusillade meurtrière de la Rue Riquet. Il s'agit de l'individu blessé à une jambe au cours des échanges de feu avec les policiers et les convoyeurs de fonds. Une longue et fraiche cicatrice à hauteur de son genou l'a trahi, d'autant qu'il a toujours refusé de donner le nom du médecin ayant pratiqué l'opération.

Ghellam est toujours incarcéré à ce jour. A l'origine d'une évasion de la maison central de Clairvaux en 1992, dans laquelle un surveillant était tué, il est repris l'année suivante et écopait d'une nouvelle condamnation, soit vingt ans de réclusion criminelle. Après une nouvelle tentative en 2003, il est depuis à l'isolement.


Sources et références:

Entretien avec Alison Fivet
Journal officiel du 02/06/1985, page 6125, "Citations à l'ordre de la nation"
Journal télévisé du 30/05/1985 - reportage à 15mn20
Archives Le Monde du  31/05/1985, "A Paris, un fourgon attaqué par des malfaiteurs : un mort, deux blessés"
Archives Le Monde du 01/06/1985, "Deux policiers et un convoyeur tués au cours d'un hold-up"
Archives Le Monde du 03/07/1985, "Arrestation de Michel Ghellam, l'un des auteurs présumés du hold-up [...]"
Archives Le Monde du 25/07/1985, "La guerre des fourgons blindés"
Archives Le Monde du 22/11/1986, "Un ancien légionnaire est écrouté : une cicatrice providentielle"

Alain DUTIROU

Dimanche 21 Avril 1985. Le gardien de la paix Alain Dutirou, affecté à la Compagnie républicaine de sécurité N°29, participe à une course d'entrainement près de Saint-Lary-Soulan (Hautes-Pyrenees) dans le massif de Neouvielle.

Alors qu'il quitte le refuge de l'Oule, il est emporté par une avalanche de pierres. Il n'avait que vingt-quatre ans.

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François FERRANTE

1985 - Le gardien de la paix François Ferrante meurt dans l'explosion d'une poche de gaz alors qu'il sécurise l'intervention des marins pompiers sur un incendie d'immeuble.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mardi 5 Février 1985. Les marins-pompiers de la caserne de Louvain interviennent au 2 Boulevard Périer dans le 8ème arrondissement de Marseille (Bouches-du-Rhône) dans un immeuble de huit étages où un incendie mineur s'est déclaré dans les caves. Il est 14h50.

Les pompiers interviennent de concert avec des employés du gaz de France ainsi qu'un équipage de la police nationale pour établir un périmètre de sécurité. Malgré la faible intensité du feu, la chaleur qu'il dégage est suffisante pour faire fondre puis percer la canalisation principale de 80 mm qui alimente l'immeuble en gaz. Ce que l'ensemble des intervenants ignorent encore.

Une torchère se forme mais le phénomène n'est que de courte durée du fait du manque d'oxygène. Les agents GDF ferment la vanne de gaz sur l'Avenue du Prado. Cependant, 100m3 de gaz se sont échappé et se propage dans les étages.

Équipés de masques de protection, les pompiers ne sentent pas l'odeur de gaz accumulé. A 15h17, un brusque appel d'air et une étincelle provoquent une double explosion d'une rare violence, à la fois dans les caves et les combles du vieil immeuble construit dans les années 1930. C'est une scène de guerre qui apparait ensuite : des blocs de maçonnerie et des corps meurtris jonchent le boulevard. L'explosion aura tué six personnes, et fait trente-sept blessés.

Ainsi on relève les corps du gardien de la paix François Ferrante, lequel se trouvait en faction devant l'immeuble ; du quartier-maitre Patrick Repetto, du bataillon des sapeurs-pompiers ; de Pierre Falanga et Patrick Blanquer, respectivement chef ouvrier et plombier de Gaz de France.

François Ferrante est nommé Brigadier de police à titre posthume, et tous quatre sont cités à l'ordre de la nation. On relève également les corps d'un riverain, Monsieur Sportiello et d'un jeune automobiliste écrasé au volant de son véhicule par un bloc de béton, Denis Bretin.

A l'angle du Bd Périer quelques heures après l'explosion.

Des obsèques officielles sont organisées sur le vieux-port, Quai de la Fraternité.
Sources :
Journal officiel du 13/02/1985, page 1897, "Citations à l'ordre de la nation"
La Marseillaise, article du 06/02/2015, "Le devoir de mémoire des marins pompiers"
France 3 Provence-Alpes, article du 04/02/2015, "L"explosion du Bd Périer, 30 après"

Bertrand JUTGE

1985 - Le commissaire Bertrand Jutgé est abattu lors d'une saisie immobilière dans un pavillon de Roissy-en-Brie.

Son meurtrier a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle.
Mardi 15 Janvier 1985. Maitre Claude Michaud, huissier de justice, se présente au domicile de Paul Varasse, ingénieur informaticien de trente-huit ans, afin de procéder à une saisie immobilière importante. Il s'agit d'un pavillon situé Square Warin à Roissy-en-Brie (Seine-et-Marne). Mais ce père de famille divorcé et désormais sans emploi, croule sous les dettes ; il n'a pas l'intention de se laisser faire.

Pour accomplir sa tâche, l'huissier est accompagné d'un serrurier, M. Guy Leclerc, d'une équipe de déménageurs et du Commissaire de police de Pontault-Combault (Seine-et-Marne), Bertrand Jutgé. Lorsqu'ils se présentent face à la porte d'entrée en annonçant de vives voix leurs qualités, les intervenants font face à un silence pesant.

De fait, le serrurier commence à déverrouiller la porte lorsqu'un coup de feu retentit depuis la fente de la boite aux lettres. Celle-ci communique avec l'intérieur de la maison.

Alors que le projectile vient d'effleurer le serrurier, Paul Varasse tire une seconde fois et atteint mortellement la poitrine du commissaire Jutge. La police parlemente alors pendant plusieurs heures avec le concours de la Brigade de recherche et d'intervention. Retranché au premier étage avec son fusil acheté la veille, Paul Varasse finit par se rendre sans incident à la tombée de la nuit. 

Originaire de Langon (Gironde), Bertrand Jutgé était âgé de trente-quatre ans. Il était marié et venait d'adopter deux enfants d'origine coréenne : Anna et Vincent. Né le 24 octobre 1949 à Bordeaux, Bertrand Jutgé devient commissaire de police en septembre 1976 et rejoint la direction centrale des polices urbaines. Affecté à Lorient, il est ensuite nommé à Pontault-Combault, en Seine-et-Marne. Il est cité à l'ordre de la nation et nommé commissaire de police principal à titre posthume. La 36ème promotion de l'Ecole nationale supérieure de police porte son nom.

Vendredi 23 Octobre 1987. La cour d'assises de Seine-et-Marne condamne Paul Varasse à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre du commissaire de police Bertrand Jutge. Les jurés n'ont pas retenu la préméditation, Varasse arguant avoir seulement voulu intimider l'huissier.

Sources :
Le Monde, article du 25/10/1987, "Paul Varasse condamné à dix-huit ans de réclusion criminelle"
Le Monde, article du 24/10/1987, "Paul Varasse a-t-il voulu tuer le commissaire Bernard Jutgé"
Le Monde, article du 23/10/1987, "Devant la cour d'assises de Seine-et-Marne la mort d'un commissaire de police"
Le Monde, article du 17/01/1985, "Le Drame des saisies et le scandale des vacations"

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