Stéphane SWIGON

1984 - Le gardien de la paix Stéphane Swigon est abattu dans un guet-apens par un commando de l'ex-Front de libération nationale corse.

Originaire de Buchères, ce passionné de football était le cinquième d'une fratrie de sept enfants. Il rejoignait l'école nationale de police de Sens au début des années 80 et obtenait une affectation à la Compagnie républicaine de sécurité N°48 à Aubière avant de rejoindre sa région natale à la CRS de Troyes à sa demande.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille.
En Décembre 1984, la Compagnie Républicaine de Sécurité N°35 basée à Troyes (Aube) a la charge du maintien de l'ordre à Bastia (Haute-Corse).

La compagnie y est stationnée à moins de trois cents mètres de la Préfecture car l'île est effectivement en proie à une succession de manifestations pro-nationalistes particulièrement séditieuses, qui font suite à une manifestation officielle pour la reconnaissance du statut de prisonnier politique de nationalistes incarcérés.

On dénombrait dans la soirée du 1er décembre pas moins d'une dizaine de plastiquages de cibles républicaines comme le siège de la direction départementale de l’équipement, le rectorat académique, ou encore la destruction massive de véhicules et de locaux d'EDF.

Des milliers de "manifestants" s'en sont pris à des établissements métropolitains aux moyens de bombes artisanales prêtes à l'emploi (cocktails molotov, dynamite,...). Actes prémédités. La nuit s'est terminée très difficilement en affrontements sporadiques mais appuyés contre les CRS et les gardes mobiles. Plusieurs gendarmeries ont par ailleurs été mitraillées.

Dimanche 2 Décembre 1984. Vers 3h du matin, c'est dans ce contexte que trois gardiens de la paix de la CRS N°35, en surveillance à bord d'une Renault 5 sérigraphiée, remarquent une Renault 4L de couleur sombre qui circule à très vive allure en direction de la Préfecture. Le véhicule suspect effectue une brusque manoeuvre et se porte de nouveau à hauteur du véhicule de police.

Soudain les policiers sont victimes de tirs nourris venant du véhicule suspect. Le brigadier Pierre Gerlier, vingt-huit ans, est atteint à la jambe droite. Le gardien de la paix Michel Mouret, vingt-sept ans, grièvement blessé à la colonne vertébrale et à la tête, perd irréversiblement l'usage d'un oeil. Le gardien de la paix Stéphane Swigon, vingt-trois ans, est atteint mortellement à la poitrine et à la tête.

Jeudi 6 Décembre 1984. Les obsèques officielles du gardien de la paix Stéphane Swigon se tiennent à Troyes. Le même jour, plus de vingt mille corses refusant la violence manifestent pacifiquement dans toute l'île pour afficher leur réprobation des méthodes nationalistes et leur lassitude. A l'exception des communistes, des autonomistes et bien évidement des nationalistes, toutes les mouvances politiques se sont unis dans cet événement, qui n'avait jamais eu lieu jusqu'alors.

Mardi 11 Décembre 1984. L'attentat est revendiqué dans un communiqué authentifié par l'ex-Front de Libération National Corse. Il revendique également le mitraillage des gendarmeries de Solenzara, Ile-Rousse et Borgo au cours de la même nuit, en Corse ; ainsi que deux attentats à l'explosif à Porticcio et à Ajaccio, des attentats à l'explosif contre le siège de l'EDF, une perception, l'agence bancaire Worms, la DDE et le rectorat.

Les assassins de ce jeune policier n'ont toujours pas été identifiés.

Sources :
Le Monde, article du 12/12/1984, "L'ex-FLNC revendique le meurtre d'un CRS à Bastia"
Le Monde, article du 10/12/1984, "Le discret voyage de M. Joxe en Corse"
Le Monde, article du 07/12/1984, "Vingt mille manifestants à Ajaccio"
Le Monde, article du 06/12/1984, "Au nom de l'union sacrée"
Le Monde, article du 05/12/1984, "L'ex-FLNC revendique les attentats di week-end en Corse"
Le Monde, article du 04/12/1984, "Corse : brusque regain de violences"
Archives vidéos de l'INA, Voir le journal télévisé du02/12/1984

Joseph LEON

1984 - Le gardien de la paix Joseph Léon est tué par un duo de braqueurs. Âgé de 39 ans, il était marié et père de deux enfants.

Originaire de la Réunion, il est entré dans l'administration en 1973 et trouve la mort dix jours après avoir rejoint la BAC des Hauts-de-Seine.

Page réalisée avec l'aimable autorisation
de sa fille Christel.
Jeudi 11 Octobre 1984. La brigade anticriminalité des Hauts de Seine repère un véhicule volé garé sur un trottoir de la Rue Bellini, commune de Puteaux (Hauts-de-Seine). Procédant à une surveillance discrète, les trois policiers constatent vers 4h30 que deux individus suspects se dirigent vers le véhicule en question. Interpellation.

Mais les malfaiteurs exhibent aussitôt des armes et une brève fusillade éclate. Le gardien de la paix Joseph Léon, trente-neuf ans, est atteint mortellement par un projectile. Le brigadier Lucien Sauvage et le gardien de la paix Michel Trochain ont riposté à six reprises chacun, sans toutefois les atteindre.

Un deuxième équipage de police se lance à la poursuite des malfrats. L'un d'eux est rattrapé alors qu'il porte encore un pistolet P38. Il s'appelle Serge Lefèvre, vingt-neuf ans ; individu bien connu des services de police pour de multiples vols à main armée.

Ce dernier est un détenu permissionnaire en cavale condamné en 1979 à huit années de prison ferme pour plusieurs braquages. Les récentes réformes judiciaires lui ont permis de bénéficier en mars 1984 à une sortie anticipée de la centrale de Poissy (Yvelines).



Mardi 16 Octobre 1984. Les obsèques officielles du gardien de la paix Joseph Léon ont lieu à la préfecture des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Originaire de Saint-Leu (La Réunion), il était marié et père de deux enfants : Thierry et Christel. Né le 10 novembre 1945, il quitte la Réunion en 1965 pour effectuer son service militaire à Madagascar.

Prenant goût au métier des armes, il s’engage dans la Marine nationale et c’est là qu’il rencontre, à Toulon, sa femme Odette, originaire de cette ville du Var. À la fin de son contrat, il entre comme fonctionnaire dans la police le 1er février 1973.

Affecté le 3 septembre 1979, à sa demande, à la surveillance du métro parisien, dont la mission est de rassurer par sa présence et de traquer pickpockets et voleurs à la tire. Puis, toujours à sa demande, il rejoint, le 1er octobre 1984, la Brigade Anti-Criminalité (BAC) à Nanterre (Hauts-de-Seine).
Christel : « Mon père adorait son métier, je pense. C’était un homme d'action. Après la Marine Nationale, la Police était pour lui une évidence, je suppose. Une chose est sûre, il ne s'imaginait pas vivre vieux et il abordait la quarantaine avec quelques difficultés. Il ne supportait pas l'idée qu'il puisse finir dans un fauteuil roulant. Il était en pleine forme mais se demandait comment il ferait plus tard pour continuer à courir derrière les malfaiteurs. A la maison il décompressait en jouant de la guitare (Brassens), et je chantais avec lui. Merci de me permettre d' évoquer ces souvenirs. »


20 Octobre 1984. Arrestation d'Alain Teixeira, trente-cinq ans, interpellé Place Clichy à Paris alors qu'il retrouve sa maitresse, Barbara Affi, et laquelle faisait l'objet d'une filature par la Brigade de répression du banditisme. Cet autre habitué des braquages était dénoncé par son complice de longue date dès le lendemain de la fusillade. L'expertise balistique établie qu'il s'agit bien de l'auteur des coups de feu mortels contre le policier, au moyen d'un .357 magnum.

30 Janvier 1986. La cour d'assises des Hauts-de-Seine condamne Alain Texeira à la réclusion criminelle dite à perpétuité pour le meurtre du gardien de la paix Léon ; peine assortie d'une mesure de sûreté de 16 ans. Serge Lefèvre écope d'une peine de vingt ans d'emprisonnement pour tentative d'homicide avec une peine de sûreté de 13 ans.


Sources :
Entretien avec Christel Galtier Léon (fille)
Journal télévisé du 11/10/1984 , "reportage à 9mn23s"
Le Monde, article du 13/10/1984
, "Les syndicats de policiers ont vivement réagi après la mort d'un gardien de la paix"
Le Monde, article du 23/10/1984, "Arrestation de l'un des auteurs de la fusillade de Puteaux" 
Le Monde, article du 31/01/1986, "A la cour d'assises, autopsie d'une fusillade"

Daniel SZYMCZYSZYN

Crédit photo : Eric Szymczyszyn (neveu)
1984 - Daniel Szymczyszyn meurt dans un accident de la circulation sur le trajet de retour de son service. Il avait 29 ans.
Vendredi 5 Octobre 1984. Un camion circulant depuis Longuyon jusqu'à Longwy (Meurthe-et-Moselle) perd un chargement de bois sur la chaussée de la RN 18. Surpris, l'automobiliste qui le suivait freine brusquement. De la même manière, un camion citerne tente de l'éviter à son tour mais une violente collision se produit et le camion citerne se déporte sur l'autre voie.

Au même instant, un automobiliste qui circulait dans le sens inverse le heurte frontalement. Le choc est terrible et ne laisse aucune chance de survie au conducteur du véhicule léger, lequel meurt à son admission au centre hospitalier de Mont-Saint-Martin.

Il s'agit de Daniel Szymczyszyn, gardien de la paix au commissariat central de Longwy. Il venait de quitter son service pour rejoindre sa famille.

Auparavant affecté à la police urbaine de Strasbourg (Bas-Rhin), Daniel Szymczyszyn obtienait à sa demande une mutation à Longwy le 1er Octobre 1983. Il était âgé de vingt-neuf ans, et père d'un enfant âgé de cinq ans. Il résidait à Villette, village d'origine de son épouse, Martine Haumaret. Décrit comme très souriant et aimable, Daniel Szymczyszyn contribuait à donner une image chaleureuse des services de police.

Il repose désormais au cimetière de Villette (Meurthe-et-Moselle).

Source : Entretien avec Eric Szym (neveu)

Claude SCHAFFER

Portrait paru dans Le Parisien du 12/10/1984
1984 - Le gardien de la paix Schaffer
est lâchement abattu par un malfrat qu'il
est sur le point d'interpeller. Il avait 42 ans,
était marié et père de quatre enfants.
Jeudi 30 Août 1984. Michel Groult se promène dans une rue piétonne d'Auxerre (Yonne) avec sa grand-mère lorsqu'elle manque de se faire renverser par deux hommes à moto. Alors qu'il manifeste son mécontentement, ces derniers s'arrêtent. Le ton monte et Michel Groult reçoit un coup de poing en plein visage. Les motards repartent, mais la victime qui refuse d'en rester là, appelle la police.

Deux gardiens de la paix arrivent sur place. Munis du signalement des individus, ils les retrouvent à la terrasse d'un café : "La Tour D'Orbandelle", sur la Place des Cordeliers.

Les policiers pensent qu'ils vont régler un différend mais ils vont tomber sur deux malfaiteurs en plein préparatifs d'un vol à main armée, et suffisamment stupides pour avoir attiré l'attention. Il s'agit de Gilles Blanchard, vingt-quatre ans, et Abdelhamid Hakkar, vingt-neuf ans. Impliqué dans quatre braquages violents commis dans le Doubs et le Jura, ce dernier s'est évadé du palais de justice de Besançon en 1981 et se sait activement recherché.

Voyant que les policiers sont sur le point de les contrôler, les deux malfrats prennent aussitôt la fuite à pieds à travers les vieilles rues du centre-ville. Dans l'impasse Guinois, Blanchard parvient à s'échapper en escaladant un mur. Quant à Hakkar, il se retrouve face au gardien de la paix Alain Gounel et exhibe un Smith &Wesson 357 magnum. Il tire et blesse très grièvement le policier au ventre. Dans le même temps, le gardien de la paix Claude Schaffer est abattu d'une balle en plein coeur sans avoir pu dégainer son arme de service. Il avait quarante-deux ans.

Les malfrats parviennent à éviter les différends barrages de police et de gendarmerie mis en place, et quittent Auxerre en direction d'Avallon, 50km plus au Sud à bord d'une camionnette volée. Sur place, ils incendient le fourgon qui devait leur servir pour le braquage et se réfugient chez la soeur de Blanchard.

Samedi 1er Septembre 1984. Localisés par le SRPJ de Versailles, les deux truands et trois occupants sont interpellés au domicile de Maryline Blanchard, vingt-deux ans. Avec elle, son compagnon Thierry Pelissier, vingt-cinq ans, et Gérard De Stephano, vint-quatre ans, sont présentés devant le juge d'instruction pour "recels de malfaiteurs".



Mardi 4 Septembre 1984. Les obsèques du gardien de la paix Claude Schaffer, marié et père de quatre enfants, ont lieu à Auxerre devant le Ministre de l'intérieur Pierre Joxe. Nommé brigadier de police à titre posthume, il est cité à l'ordre de la nation.

Place Maréchal Leclerc - Auxerre
Décembre 1989. La cour d'assises de l'Yonne condamne Abdelhamid Hakkar à la réclusion criminelle dite "à perpétuité", peine assortie d'une mesure de sureté de dix-huit ans pour "meurtre, tentative de meurtre, vols avec port d'arme, vols avec violences". Après une série de renvois, Hakkar avait refusé de comparaitre et la condamnation a été prononcée en son absence. Son pourvoi en cassation sera rejeté l'année suivante. Son complice, Gilles Blanchard, est condamné à dix ans de réclusion criminelle, mais il bénéficiera dès 1992 d'une libération conditionnelle.

Juin 1995. Saisie par Hakkar depuis sa cellule, la Cour européenne des droits de l’homme juge le procès de 1989 inéquitable, arguant qu'entre le premier acte de l'instruction et la condamnation, six ans et demi ont passé en violation du principe du "délai raisonnable" dans les procès.

La Commission estime en outre que le refus de la cour d'assises de renvoyer le procès à une date ultérieure « peut être considéré comme ayant porté atteinte à l'activité essentielle de la défense qui était nécessaire à la préparation du procès ». Affirmant que « la défense n'a pas été assurée d'une manière suffisante et effective », la Commission déclare, à l'unanimité, que la France a violé l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme qui stipule que tout accusé doit « disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense » et doit pouvoir « se défendre lui-même ou être assisté d'un défenseur de son choix »

Mars 1997. Le comité des ministres du conseil de l'Europe estime définitivement que la France n'a pas respecter la convention des droits de l'homme dans l'affaire Hakkar et demande qu'un nouveau procès ait lieu. La somme de 62 000 francs à titre de dommages et intérêts est versé par la France à Abdelhamid Hakkar... Fait historique.

Février 2003. La cour d'assises de l'Yonne condamne à nouveau Hakkar à la réclusion criminelle à perpétuité, mesure assortie d'une peine de sûreté de dix-huit ans. Peine confirmée en appel en 2005.

Mars 2012. Alors considéré comme l'un des plus vieux détenu de France, Hakkar est libéré à cinquante-six ans sous contrôle électronique, après plusieurs années de procès tumultueux. Il fût déplacé à quarante-cinq reprises de prison après quatre tentatives d'évasion. Il a toujours nié le meurtre du brigadier Schaffer et avoir tiré sur son collègue, rejetant la faute sur un troisième individu anonyme imaginaire.

Le gardien de la paix Alain Gounel a pu assisté aux différentes audiences et à la libération d'Abdelhamid Hakkar depuis son fauteuil roulant qui ne le quitterra plus jamais. Hakkar bénéficie d'une discutable et complaisante couverture médiatique à cette occasion. De son côté, le tribunal de Colmar avait jugé que le maintenir en détention à la centrale d’Ensisheim n’avait plus guère de « sens ». Les familles des victimes apprécieront.


Sources et références:
Le Monde du 19/03/2012, "Libération d'Abdelhamid Hakkar, le plus vieux détenu de France"
Le Monde du 27/02/2003, "Hakkar condamné à la réclusion à perpétuité comme lors du procès de 1989"
Le Monde du 21/02/2003, "Vingt ans après les faits, le procès de Hakkar [...]"
Le Monde du 19/02/2003, "La France rouvre contre son gré le procès Hakkar"
Journal officiel 20/11/1984, page 3571 , "Décret portant nomination dans l'ordre de la légion d'honneur"
Le Monde du 04/09/1984, "Le meurtrier présumé d'un policier à Auxerre à été écroué" 
L'Yonne Républicaine du 06/11/2002
Libération du 20/02/2003
Le Monde du 26/02/2003
France Soir du 19/03/2012 

Gérard TOULON

Portrait paru sur Le Parisien du 12/10/1984
1984 - Le brigadier-chef Gérard Toulon est
tué alors qu'il est sur le point d'interpeller
de dangereux braqueurs de banque. Marié,
il avait 47 ans et était père de 2 enfants.

Si vous êtes un proche de la victime,
merci de me contacter.
Vendredi 27 Juillet 1984. Des malfaiteurs lourdement armés attaquent le siège de la Progeral, une société de transports de fonds sise à la Millière dans le 11ème arrondissement de Marseille (Bouches du Rhône). Raflant un butin de 47.500 francs, ils prennent la fuite à bord d'un véhicule Peugeot 204 bleu signalé volé. Espérant sûrement se dissimuler dans la foule, les malfrats se rendent discrètement sur le parking du Grand Casino de La Valentine.

Vers 15h30, moins d'une heure après leur méfait, des policiers expérimentés les surprennent sur le parking. Mais une fusillade nourrie éclate dans laquelle un passant est indirectement blessé. Armé d'un Ruger 357 magnum, Jean-Pierre Bucher atteint mortellement à trois reprises le brigadier-chef Gérard Toulon et blesse grièvement le gardien de la paix François Lirola, atteint par deux projectiles.

Acculé, et sur le point d'être arrêté par une autre patrouille venue en renfort, Jean-Pierre Bucher tente de se suicider en se tirant une balle dans la tête, mais n'y parviendra pas : il sera atteint d'une paralysie faciale.

Le brigadier-chef Toulon avait quarante-sept ans, il était marié et père de deux enfants.

Identifié grâce à l'analyse de ses empreintes digitales, les enquêteurs découvrent que Jean-Pierre Bucher est un détenu permissionnaire en cavale. Condamné à vingt ans de prison en 1973 pour les meurtres du mari d'une femme dont il était l'amant, puis d'un gendarme venu l'interpeller, il bénéficiait des nouvelles réformes judiciaires et de fait d'une libération conditionnelle à la moitié de sa peine en Mai 1983. Profitant de l'aubaine, il ne réintégrait bien évidement pas le centre de détention de Muret.

En Juillet 1984, il persuade Patrick Marmande, vingt-six ans, de commettre avec lui le braquage de la Progeral. Un complice employé de l'entreprise, Michel Llovet, vingt ans, lui avait alors fourni une série de renseignements.

6 Novembre 1987. Bucher est condamné à la réclusion criminelle dite à perpétuité ; peine assortie d'une mesure de sûreté de... dix-huit ans. Marmande écope de quinze ans et Llovet, de six ans.

Sources:
Archives Le Monde du 31/07/1984, "Un policier tué à Marseille"

Christian PAIOLA

1984 - Le gardien de la paix Christian Païola fait une chute mortelle alors qu'il poursuit des voleurs sur les toits d'un commerce à Vire.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mardi 12 juin 1984. Des riverains signalent la présence d'individus suspects dans un magasin de surgelés situé 60 Rue d'Aunay, commune de Vire (Calvados). Il est 3h du matin environ.

Lorsqu'un équipage police-secours arrive sur les lieux, les gardiens de la paix surprennent les voleurs qui ont accédé à l'intérieur par les toits. Alors qu'il gagne à son tour la toiture incertaine du magasin pour tenter d'interpeller les malfaiteurs, le gardien de la paix Christian Paiola chute de plusieurs mètres et meurt sur le coup. Il avait trente ans.

Entré dans la police en 1977, Christian Païola a d'abord rejoint la Compagnie républicaine de sécurité N°32 basée au Havre (Seine-Maritime). Muté à Vire en Septembre 1982 à sa demande, il s'est très vite intégré au service général, unanimement apprécié de ses collègues. Élevé au grade de brigadier de police à titre posthume, il était marié à Danièle et était père de deux enfants.

Suites judiciaires ignorées.

Sources et références :
Ouest-France du 29/09/2013, "Plaque commémorative à la mémoire de Christian Païola"
La Manche Libre du 08/06/2013, "Vire : hommage au policier Christian Païola"

Georges ZITOUNI, Gilles MORILLON et Serge TROUVE

Les gardiens de la paix Georges Zitouni, Gilles Morillon et Serge Trouvé sont fauchés par
un automobiliste ivre alors qu'ils sécurisent les lieux d'un accident très grave près de Nantes.

Si vous êtes un proche des
victimes, merci de me contacter.
Samedi 12 Mai 1984. Un individu en état d'ivresse au volant de son véhicule Citroën CX se dispute vigoureusement avec son épouse alors qu'il s'engage sur la route de Pornic à hauteur de Rezé (Loire Atlantique). Or c'est précisément sur cet axe qu'un accident grave vient d'avoir lieu. Un dispositif policier se trouve en protection des sapeurs pompiers opérant sur un véhicule gravement accidenté.

Certains des intervenants, en entendant la Citroën CX arriver, comprennent qu'un sur-accident va se produire et tentent de sauter par dessus la rambarde de sécurité. Cinq policiers et un pompier sont percutés à près de 140 km/h . On relève trois morts : le brigadier-chef Georges Zitouni, cinquante-et-un ans, originaire d'Afrique du Nord, marié et père d'un enfant ; le gardien de la paix Gilles Morillon, trente-sept ans, originaire de Cholet (Maine-et-Loir), marié et père de deux enfants ; et le gardien de la paix Serge Trouve, quarante-deux ans, originaire de Messac (Ille-et-Vilaine), marié et père de famille. Le gardien de la paix Roland Crochet est très grièvement blessé mais survivra.

18 Septembre 1984. Le tribunal correctionnel de Nantes condamne le conducteur aux chefs d'homicides involontaires et blessures involontaires, conduite en état d'ivresse à deux ans de prison dont un an ferme ainsi qu'au versement de 80.000 francs à titre de dommages et intérêts à verser aux familles des victimes.

Bernard DHENNEQUIN

Portrait paru dans Le Parisien du 12/10/1984
1984 - Le gardien de la paix Bernard Dhennequin est tué par un individu  qui dissimulait une arme blanche pendant un transfert dans le 3ème arrdt de Paris.

Marié et père de deux enfants, il avait 27 ans. Son meurtrier a été condamné à douze ans de prison.
Samedi 5 Mai 1984. Pierre Goguet, soixante-quatre ans, erre dans le Faubourg Saint-Martin dans le 3ème arrondissement de Paris. Cet alcoolique notoire insulte et menace copieusement tous les passants qu'il croise sur son chemin.

En début de soirée, un car de police secours procède inévitablement à son interpellation. Emmené dans un premier temps à l'hôpital Saint-Louis pour un examen médical, l'interne délivre alors un certificat mandant les policiers de le transporter à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police. Le diagnostic précise "un éventuel accès maniaque".

De là, les premiers intervenants se rendent à l'antenne de police locale sise rue Perrée afin d'effectuer la relève de l'équipage. Alors que le transfert est imminent, deux gardiens de la paix qui viennent de prendre leur service montent à leur tour dans le fourgon où attend toujours Goguet, impatient.

Personne ne se doute alors que l'individu est un amateur d'armes blanches et que le stylo qu'il transporte est équipé d'une lame rasoir. N'étant pas menotté, et n'ayant pas été fouillé après son arrestation, il profite d'un moment d'inattention et porte un coup mortel à la gorge du gardien de la paix Bernard Dhennequin. Il agresse également la gardienne de la paix Véronique Manquillet et la blesse grièvement au visage. Décrit comme un "loubard qui n'en a plus l'âge", capable des pires comportements, Goguet est finalement mis en examen pour homicide volontaire aggravé.

Originaire de Remaucourt (Aisne), le gardien de la paix Bernard Dhennequin avait vingt-sept ans ; il était marié et père de deux enfants. Par décret du 2 Juillet 1984, ce policier de neuf ans de service civils et militaires est nommé brigadier de police à titre posthume, et élevé au grade de Chevalier de la légion d'honneur.

Vendredi 18 décembre 1987. Évoquant invariablement la démence sénile, les excès d'alcool ou la réminiscence des conditions de sa déportation après ses faits de résistance pendant la guerre, la cour d'assises de Paris condamne Pierre Goguet à douze années de réclusion criminelle, requalifiant le meurtre en "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner".

Sources:
Archive Le Monde du 20/12/1987, "A la cour d'assises de Paris, le crime absurde de Pierre Goguet"

Joseph GARCIA

Portrait paru sur Le Parisien du 12/10/1984
1984 - Le gardien de la paix Joseph Garcia est tué par des malfaiteurs surpris en flagrant délit de vol avec effraction dans le centre-ville de Forbach. Âgé de 43 ans, il était marié et père d'un enfant.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 12 Janvier 1984. Un équipage de police secours effectue une patrouille dans les rues piétonnières du centre-ville de Forbach (Moselle). Vers quatre heures du matin, sur la Place Aristide Briand, les policiers surprennent quatre individus qui viennent d'investir un magasin de matériels électroniques. Suspectant un cambriolage en cours, ils décident de procéder à leur contrôle sur le champ.

Mais soudain des coups de feux retentissent. Les deux policiers se réfugient derrière leur véhicule administratif. Ils sont dès lors percutés très violemment par la voiture des malfrats. Trainé sur près de quarante mètres, le gardien de la paix Joseph Garcia est retrouvé dans un état très critique. Le gardien de la paix Jean Cabanski souffre quant à lui d'une fracture à la jambe.

Jeudi 2 Février 1984. Joseph Garcia s'éteint dans la matinée au centre hospitalier de Forbach. Il avait quarante-trois ans, était marié et père d'un enfant.

Le 28 Février 1984, le service régional de la police judiciaire de Nancy chargé de l'enquête identifie les quatre malfaiteurs et procèdent à leurs interpellations en région parisienne : Denis Clevenot, vingt-deux ans, originaire de Choisy-le-Roi (Val de Marne), Mohammed Lezbache, vingt ans, Abdelaziz Boudoukha, dix-neuf ans et un mineur de dix-sept ans au moment des faits (identité non révélée), tous originaires de Sarreguemines.

Le 9 Décembre 1986, Clevenot est condamné à quinze ans de réclusion criminelle pour meurtre et tentative de meurtre, et tentative de vol aggravé. Il se trouvait à bord du véhicule qui a percuté la voiture de police. Il a toujours nié les faits. Lezbache, auteur des coups de feu en direction des policiers, a seulement reconnu avoir posséder les armes découvertes à son domicile lors de l'enquête. Il est condamné à deux ans d'emprisonnement.

Sources :
Le Monde, article du 04/02/1984, "La mort d'un policier"
EDD, plateforme de presse (version inaccessible du public aujourd'hui)
Le Républicain Lorrain, article du 12/01/2017, "Quand le web rend hommage à un policier tué en 1984" 

Gilles RIO

Portrait paru sur Le Parisien du 12/10/1984
1984 - Le brigadier Gilles Rio est abattu par un individu recherché pour une agression à l'arme blanche dans les rues de Nantes. Marié et père de trois enfants, il avait 35 ans.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Dans la nuit du mercredi au jeudi 5 Janvier 1984, Martine Legros trouve refuge dans un poste de police du centre-ville de Nantes (Loire-Atlantique). Visage tuméfié, elle présente aux policiers une plaie saignante à l’aine due à une agression au couteau et accuse son mari : Noël Legros.

Le différend venait de se produire dans un café de la Place du Commerce, alors que ce dernier n'aurait pas supporté d'en être mis à la porte par le gérant. Décrit comme instable, alcoolique et violent de nature, Noël Legros a agressé son épouse avant de l'abandonner sur place.

Vers 1h00 du matin, le véhicule de l'agresseur est repéré par un équipage de police à l'angle de la Place de la Petite Hollande et de la Rue Kervegan. Il est assis dans le véhicule lorsque trois gardiens de la paix approchent pour l'interpeller. Mais le malfaiteur prend la fuite muni d'un fusil à canon scié qu'il dissimule.

Au terme d'une brève poursuite à pieds, il tire à bout touchant le brigadier Gilles Rio, lequel meurt sur le coup. Âgé de trente-quatre ans, il était marié et père de trois enfants.

Le meurtrier a pu prendre la fuite et s'est réfugié chez un couple d'amis. Il est interpellé le matin même, aux heures légales. L'enquête démontre qu'il avait 1,33 mg d'alcool par litre de sang, même quelques heures après les faits.

29 Avril 1986. Noël Legros est condamné à la réclusion dite à perpétuité par la cour d'assises de Loire-Atlantique. Ce dernier a toujours tenté d'accréditer la thèse d'un geste involontaire mais le témoignage d'un expert-armurier indiquant qu'une pression de 5kg était nécessaire pour actionner la détente du fusil avait fini de convaincre le jury.

Sources :
Journal officiel du 06/01/1984, page 191, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal télévisé du 05/01/1984 - reportage à 21mn
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