Henri MORVAN

1982 - Le gardien de la paix Henri Morvan est abattu par un cambrioleur qu'il était sur le point d'interpeller.

Entré dans la police en 1976, il était marié et père d'un garçon de quatre ans. Il avait 27 ans.

Si vous êtes un proche de la victime, ou si vous l'avez connue merci de me contacter.
Vendredi 30 Juillet 1982. Deux gardiens de la paix du corps urbain de Nantes (Loire-Atlantique) patrouillent dans le quartier du rond-point de Rennes lorsqu'ils sont avisés par radio qu'une agression vient de s'y commettre. Munis d'un signalement précis, les policiers surprennent alors un individu suspect qui compte une petite liasse de billets sur le trottoir.

Ils mettent pieds à terre pour procéder à son contrôle. Mais le malfaiteur laisse tomber son sac contenant un butin de 1800 francs et du matériel de cambriolage et prend la fuite.

Rattrapé rapidement par les deux policiers, il se débat et saisit un pistolet 6,35 qu'il dissimulait. Il fait feu à bout portant sur le gardien de la paix Henri Morvan à deux reprises, lequel meurt sur le coup. Puis il tire à une reprise sur le gardien de la paix Albert Vuaillat : ce dernier n'a la vie sauve que grâce à une pièce de 5 francs restée dans sa veste, et qui a dévié la trajectoire de la balle.

Le meurtrier est interpellé le soir même de la fusillade dans un hôtel : Jacques Nème, trente-quatre ans, originaire de la région lyonnaise, a déjà passé dix ans en prison pour de multiples vols qualifiés et violents ; il a été libéré le 9 avril 1979 après avoir répondu d'une condamnation de 14 ans de prison. Il est arrêté le lendemain des faits dans un hôtel où il était descendu avec sa compagne et une petite fille âgée de 14 mois.

14 Octobre 1983. Jacques Nème est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de Nantes, accompagnée d'une mesure de sûreté de vingt ans. L'avocat général, M. Jacques Bruneau, avait requis la réclusion perpétuelle en regrettant l'abolition de la peine de mort.* Il est décédé depuis.

Sources :
Archives numériques, Le Monde du 02/08/1982, "Un policier tué par un malfaiteur"
Archives numériques, Le Monde du 17/10/1983, Brève d'actualité "A Nantes..." *

Joël CHAMBAULT

Tous droits réservés. Sylvie Robert
1982 - Le gardien de la paix Joël Chambault est abattu par un malfaiteur pris en flagrant délit de vols à main armée, et qu'il vient d'intercepter au terme d'une course poursuite dans les rues de Dijon.
Mercredi 7 Juillet 1982, 22h00. Trois individus très défavorablement connus des services de police écument les établissements du centre-ville de Dijon (Côte d'or) à la recherche d'un mauvais coup.

Très loin de jouer la carte de la discrétion, ils commandent du champagne dans un bar du quartier de la gare et n'ont nullement l'intention de régler l'addition.

Ils provoquent volontairement un différend avec le gérant et volent sous la menace d'une arme de poing le fond de caisse journalier. Avant de prendre la fuite, plusieurs de coups de feu sont tirés dans la vitrine.

Insatisfaits, le trio repère un hôtel. Après avoir sévèrement roué de coups le veilleur de nuit, tous trois repartent avec le fond de caisse. Soient deux vols à main armée pour un butin particulièrement minable de 350Frs.

Montés à bord d'une Talbot Samba volée immatriculée dans le Doubs, les truands sont vite repérés par une patrouille de police sur la Place Darcy. Le conducteur de la Talbot refuse d'obtempérer et achève la poursuite en percutant une large vasque de fleurs de la petite Rue des Forges située juste derrière la Mairie. Affecté à la brigade canine qui vient de barrer la route aux malfrats, le gardien de la paix Joël Chambault, trente-six ans, est sur le point d'interpeller un truand lorsque celui-ci tire à une reprise dans sa direction. Le policier est atteint mortellement à la gorge.

Au terme d'un échange de coups de feu, le tireur, Salah Louhali, trente-trois ans, est interpellé avec ses deux complices, Tijani Rehab, trente-trois ans et Gilbert Sauveur-Accardo, vingt-neuf ans. Louhali est un détenu permissionnaire qui n'avait volontairement pas regagné la maison d'arrêt locale...



Originaire de Bar-sur-Seine (Aube), le gardien de la paix Joël Chambault était marié à Nicole Gastelout. Entré en 1974 au centre régional d'instruction de la police nationale à Reims (Marne), il est affecté au terme de sa formation à la brigade canine de Dijon (Côte-d'Or). Le couple et leurs deux garçons s'installent à Sombernon (Aube).

Membre d'une fratrie de dix enfants, Joël Chambault entre très tôt dans la vie active ; à 14 ans il débute comme apprenti boucher à Bar-Sur-Seine. A 18 ans, il s'engage pour une durée de trois ans au 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine (les bérets rouges de Bayonne). Au terme de son contrat, il part à l'aventure pendant six mois aux Indes.

A son retour, il tente de monter une société spécialisée dans le terrassement pour l'aménagement des terres à vignes, mais il décide finalement de rejoindre les forces de l'ordre, comme deux de ses frères - l'un inspecteur de police à Vernon (Eure), l'autre adjudant-chef de l'armée de terre à Vitry-le-François (Aube) - et un cousin - gardien de la paix à Troyes (Aube). Nommé brigadier de police à titre posthume, cité à l'ordre de la nation, Joël Chambault désormais repose au cimetière de Sombernon.


6 Décembre 1985. La cour d'assises de la Côte-D'Or condamne Salah Louhali à la réclusion criminelle dite à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans sans possibilité de remise de peine ou de permission de sortie. Ses deux complices ont été condamnés à vingt ans de réclusion criminelle.

Sources et références:
Entretien avec Jean-Paul Chambault (frère) 
Le Monde, article du 09/12/1985, "Réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtrier d'un policier"
Le Monde, article du 09/07/1982, "Un policier tué au cours d'une interpellation"
L'Express - La légende des Badinter (googlebooks, 1982)
Le Point - numéros 510 à 519 (googlebooks, 1982)

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