Jacques CHEVALIER

Mercredi 27 octobre 1982. Trois policiers motocyclistes de la Compagnie de circulation du corps urbain de Dijon (Côte-d'Or) reviennent d'une mission d'escorte à Beaune. A la sortie du village de Ladoix-Serrigny sur la route particulièrement étroite et sinueuse des grands crus, le gardien de la paix Jacques Chevalier est victime d'un choc frontal avec un poids lourd qui s'engageait comme lui dans un virage. Le motard âgé d'une trentaine d'années meurt sur le coup.

Si vous êtes un proche de la victime ou si vous êtes en mesure d'améliorer la qualité de ce récit merci de me contacter pour établir une page plus appropriée.

Fernand CHAUDIERES

1982 - Le commissaire Fernand Chaudières est abattu au cours de l'interpellation de dangereux malfaiteurs dans un appartement près d'Avignon.

Page réalisée l'aimable autorisation de son filleul.
Mardi 12 Octobre 1982. Le service régional de la police judiciaire du Vaucluse est sur le point de procéder à l’interpellation de trois malfaiteurs localisés au 4 Rue Blasco-Ibanez dans un appartement au sud de la commune d'Avignon (Vaucluse).

Ces derniers sont suspectés d'avoir commis plusieurs vols qualifiés dans la région et plus récemment un vol à main armée dans une caisse d'épargne de Sorgues.

Alors que les policiers entrent dans l'appartement, au premier étage, ils figent la situation et procèdent au menottage des malfrats. Mais l'un d'eux, Claude Renault, vingt-cinq ans, exhibe de façon soudaine un pistolet de calibre .38 et fait feu sur le commissaire Fernand Chaudières, trente-neuf ans, lequel est atteint mortellement à la gorge. Le tireur est aussitôt abattu dans le même temps par l'un des inspecteurs de police.

Originaire d'Oran, Fernand Chaudières devient commissaire de police en Septembre 1977 et débute sa carrière à Paris avant de rejoindre le service régional de la police judiciaire à l'antenne du Vaucluse le 23 Septembre 1980. Affecté à l'antenne de Montpellier en qualité d'adjoint au chef de la section économique, il est âgé de trente-neuf ans lorsqu'il trouve la mort en opération de police.

Sources :
Le Monde du 14/10/1982, article de Jean Leclaire, "A Avignon, un commissaire de police abattu par un malfaiteur"

Bernard MAURON & Bernard LE DREAU

Artificier Bernard Le Dréau
Ingénieur Bernard Mauron
Samedi 21 Août 1982. Aux environs de midi, Roderick Grant, conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis, quitte son domicile de l'Avenue de la Bourdonnais dans le 7ème arrondissement de Paris. Il monte dans son véhicule diplomatique stationné face au 50 de la même rue et vaque à ses occupations professionnelles. Il ne sait pas qu'il vient d'échapper à une mort certaine.

Pendant sa manœuvre pour quitter le stationnement, un engin explosif destiné à le tuer s'est détaché du châssis et s'est échoué sur la chaussée. En proie à une vague d'attentats liés à l'instabilité au Proche-Orient, la population parisienne se montre très vigilante : une passante remarque l'objet et le signale aussitôt aux services de police.

Un car de police-secours est dépêché sur les lieux et le brigadier en charge de l'équipage se rend près de l'objet pour le jauger. Il déclenche aussitôt une procédure renforcée et fait évacuer la voie de ses piétons et usagers de la route. En agissant de la sorte, l'équipage sauve de nombreuses vies humaines. Un périmètre de sécurité étanche est mis en place dans l'attente qu'une équipe de déminage vienne neutraliser l'explosif.

Quelques instants plus tard, deux techniciens du service des explosifs au laboratoire central de la préfecture de police arrivent sur les lieux. Après un premier passage, ils se portent à pieds vers l'engin, bien conscients du danger réel et mortel qu'il représente. Alors qu'ils se trouvent tous deux à proximité immédiate, le colis explose.

L'artificier Bernard Le Dréau, quarante-six ans, est tué sur le coup. Atrocement mutilé, l'ingénieur Bernard Mauron, trente-sept ans, est transporté inconscient à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière dans un état désespéré.

L'après-midi même, l'attentat dans un premier temps revendiqué par Action Directe, est signé par les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) qui bénéficient effectivement de leur soutien logistique. Les FARL forment une organisation terroriste pro-palestinienne créée en 1979 dénonçant les incursions de l'armée israélienne dans le sud Liban avec le soutien supposée de l'administration américaine. Bénéficiant du soutien du parti nationaliste syrien et militant pour la création d'un état palestinien, l'organisation terroriste est à l'origine de plusieurs assassinats et tentatives d'assassinats de diplomates américains à travers le monde, et plus particulièrement à Paris.

Lundi 23 Août 1982. Une information judiciaire est ouverte contre X pour "destruction par explosifs de biens mobiliers et immobiliers ayant entraîné la mort et des infirmités permanentes, homicide volontaire et tentative d'homicide volontaire", a été confiée à Mlle Martine Anzani, le juge d'instruction chargé des dossiers de deux des trois attentats déjà revendiqués par les Fractions années révolutionnaires libanaises contre deux diplomates américains, M. Christian Chapman et le lieutenant-colonel Charles R. Ray et un diplomate israélien, M. Yacoov Barsimantov.

Lundi 6 Septembre 1982. Bernard Mauron meurt à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière. Originaire d'Angoulême (Charente), il était marié à Victoria et père d'une petite fille.

Le service des explosifs a été créé en 1893, à une époque où les anarchistes commettaient de nombreux attentats à la bombe dans Paris. L'année précédente, Ravachol avait été exécuté, et plusieurs explosions avaient causé la mort de sept personnes. Situé 39 bis, rue de Dantzig dans le 15ème arrondissement de Paris, le laboratoire central de la préfecture de police regroupe des personnels de police volontaires - agents, ingénieurs ou techniciens - qui assurent une permanence de vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils ont à leur disposition un matériel sophistiqué. Outre une fourgonnette équipée d'une table à rayons X, ils peuvent utiliser une chenillette robotisée qui permet de manipuler et de faire exploser à distance les engins. Cette dernière, malheureusement, n'a pas été mise en œuvre pour le désamorçage du colis piégé de l'avenue de La Bourdonnais.

Mardi 12 Octobre 1982. Frederic Oriach, vingt-huit ans, militant marxiste-léniniste soupçonné d'appartenir à Action Directe est interpellé dans la gare du Nord à Paris, d'où il retire deux sacs d'une consigne automatique. Les policiers y saisissent de manière incidente des documents évoquant des objectifs d'attentats antisionistes et antimpérialistes, et des textes manuscrits autocritiques d'attentats déjà perpétrés à Paris au cours de l'année, et notamment l'attentat de l'Avenue de la Bourdonnais. Niant catégoriquement sa participation directe, il saluait néanmoins la réalisation de cet attentat. Il est condamné à 5 ans de prison en appel pour "association de malfaiteurs" en novembre 1983, puis libéré le 11 Avril 1986.

Mercredi 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah, un chrétien libanais marxiste léniniste est arrêté à Lyon par la Direction de la surveillance du territoire. La perquisition menée dans l'un de ses appartements, 18 rue Auguste Lacroix dans le 3ème arrondissement, amène à la découverte d'éléments déterminants (faux papiers, documents et textes manuscrits, et une arme utilisée dans deux assassinats de diplomates) prouvant sa complicité dans la réalisation des attentats, assassinats et tentatives d'assassinats perpétrés en France pour le compte des Fractions armées révolutionnaires libanaises. En mars 1987, il est condamné à la prison à perpétuité.


Sources et références :
Journal officiel du 25/08/1982, page 2642, "Citation à l'ordre de la nation"
Journal officiel du 08/09/1982, page 2734, "Citation à l'ordre de la nation"
Archive Le Monde du 07/09/1982, "La mort du deuxième artificier de l'avenue de la Bourdonnais"
Archive Le Monde du 24/08/1982, "Une cible américaine, une main invisible"
Archive Le Monde du 24/08/1982, "Depuis Ravachol"
Archive Le Monde du 15/10/1982
Archive Le Monde du 03/03/1987
Journaux télévisés du 21 et 22 Août 1982 (archives)
Encyclopédie du terrorisme international, éd L'Harmattan
Entretien avec Gilles Hebbrecht, ami de l'une des victimes

Eric ESCANDE

1982 - L'inspecteur de police Eric Escande est abattu par un forcené retranché dans son domicile dans un contexte de violences intrafamiliales.

Page réalisée avec l'aimable autorisation de sa famille. (photo personnelle - tous droits réservés)
Jeudi 19 Août 1982. Serge Martin, chômeur âgé de quarante-deux ans, vient de se voir refuser un poste de soudeur. Il se rend au domicile de sa belle-soeur, Mauricette Fremont, domiciliée dans le lotissement HLM des "Rouges-Gorges", commune de Bernay (Eure).

Défavorablement connu des services de police et redouté par le voisinage pour ses humeurs imprévisibles, il absorbe plusieurs litres de vin pour achever cette journée.

Lorsqu'une dispute éclate dans l'appartement, il saisit un fusil de chasse et tire plusieurs coups de feu au hasard dans la rue. Les riverains affolés font aussitôt appel à police-secours et un équipage arrive sur place aux environs de 20h.

Les policiers ne savent pas que le forcené a remarqué leur arrivée. Avant que sa belle-soeur n'aille à leur rencontre, Martin lui confie que si l'un d'eux entre, il va tirer. Mme Fremont ne mettra pas en garde les trois policiers qui se présentent.

Lorsque ceux-ci entrent dans le couloir de l'appartement, ils sont aussitôt accueillis par deux tirs de fusil de chasse. L'un frappe mortellement à bout portant un jeune inspecteur de police, Eric Escande, vingt-six ans, marié et père de deux enfants ; l'autre blesse grièvement le gardien de la paix Fernand Thibaut. Resté plus en retrait, l'inspecteur principal Jean-Paul Bouffelière parvient à neutraliser le forcené alors qu'il tente de recharger son fusil.

Février 1984. La cour d'assises de l'Eure condamne à 20 ans de réclusion criminelle Serge Martin bien qu'aucune circonstance atténuante ne lui soit accordée et que la réclusion criminelle à perpétuité ait été requise. Inculpée pour non assistance à personne en danger, Mauricette Fremont est finalement acquittée.

Septembre 2003. Le commissariat de Bernay ferme définitivement ses portes dans le cadre d'une politique de redéploiement des forces de police.

Octobre 2004. La ville de Bernay inaugurait en présence de la famille du défunt la "Place Eric Escande", à proximité de l'ancien commissariat. Tous les ans, la plaque commémorative de ce policier victime du devoir est fleurie par ses anciens collègues.


Sources :
Entretien avec Sylvie et Mathieu Escande
Journal officiel du 21/08/1982, page 2626, "Citation à l'ordre de la nation"
Archive Le Monde du 21/08/1982, "Un policier tué par un repris de justice"

Henri MORVAN

1982 - Le gardien de la paix Henri Morvan est abattu par un cambrioleur qu'il était sur le point d'interpeller.

Entré dans la police en 1976, il était marié et père d'un garçon de quatre ans. Il avait 27 ans.

Si vous êtes un proche de la victime, ou si vous l'avez connue merci de me contacter.
Vendredi 30 Juillet 1982. Deux gardiens de la paix du corps urbain de Nantes (Loire-Atlantique) patrouillent dans le quartier du rond-point de Rennes lorsqu'ils sont avisés par radio qu'une agression vient de s'y commettre. Munis d'un signalement précis, les policiers surprennent alors un individu suspect qui compte une petite liasse de billets sur le trottoir.

Ils mettent pieds à terre pour procéder à son contrôle. Mais le malfaiteur laisse tomber son sac contenant un butin de 1800 francs et du matériel de cambriolage et prend la fuite.

Rattrapé rapidement par les deux policiers, il se débat et saisit un pistolet 6,35 qu'il dissimulait. Il fait feu à bout portant sur le gardien de la paix Henri Morvan à deux reprises, lequel meurt sur le coup. Puis il tire à une reprise sur le gardien de la paix Albert Vuaillat : ce dernier n'a la vie sauve que grâce à une pièce de 5 francs restée dans sa veste, et qui a dévié la trajectoire de la balle.

Le meurtrier est interpellé le soir même de la fusillade dans un hôtel : Jacques Nème, trente-quatre ans, originaire de la région lyonnaise, a déjà passé dix ans en prison pour de multiples vols qualifiés et violents ; il a été libéré le 9 avril 1979 après avoir répondu d'une condamnation de 14 ans de prison. Il est arrêté le lendemain des faits dans un hôtel où il était descendu avec sa compagne et une petite fille âgée de 14 mois.

14 Octobre 1983. Jacques Nème est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises de Nantes, accompagnée d'une mesure de sûreté de vingt ans. L'avocat général, M. Jacques Bruneau, avait requis la réclusion perpétuelle en regrettant l'abolition de la peine de mort.* Il est décédé depuis.

Sources :
Archives numériques, Le Monde du 02/08/1982, "Un policier tué par un malfaiteur"
Archives numériques, Le Monde du 17/10/1983, Brève d'actualité "A Nantes..." *

Joël CHAMBAULT

Tous droits réservés. Sylvie Robert
1982 - Le gardien de la paix Joël Chambault est abattu par un malfaiteur pris en flagrant délit de vols à main armée, et qu'il vient d'intercepter au terme d'une course poursuite dans les rues de Dijon.
Mercredi 7 Juillet 1982. Trois individus très défavorablement connus des services de police écument les établissements du centre-ville de Dijon (Côte d'or) à la recherche d'un mauvais coup. Il est 22 heures environ.

Très loin de jouer la carte de la discrétion, ils commandent du champagne dans un bar du quartier de la gare et n'ont nullement l'intention de régler l'addition.

Ils provoquent volontairement un différend avec le gérant et volent sous la menace d'une arme de poing le fond de caisse journalier. Avant de prendre la fuite, plusieurs de coups de feu sont tirés dans la vitrine.

Insatisfaits, le trio repère un hôtel. Après avoir sévèrement roué de coups le veilleur de nuit, tous trois repartent avec le fond de caisse. Soient deux vols à main armée pour un butin particulièrement minable de 350Frs.

Montés à bord d'une Talbot Samba volée immatriculée dans le Doubs, les truands sont vite repérés par une patrouille de police sur la Place Darcy. Le conducteur de la Talbot refuse d'obtempérer et achève sa fuite en percutant une large vasque de fleurs de la petite Rue des Forges située juste derrière la Mairie. Affecté à la brigade canine qui vient de barrer la route aux malfraiteurs, le gardien de la paix Joël Chambault, trente-six ans, est sur le point d'interpeller un truand lorsque celui-ci tire à une reprise dans sa direction. Le policier est atteint mortellement à la gorge.

Au terme d'un échange de coups de feu, le tireur, Salah Louhali, trente-trois ans, est interpellé avec ses deux complices, Tijani Rehab, trente-trois ans et Gilbert Sauveur-Accardo, vingt-neuf ans. Louhali est un détenu permissionnaire qui n'avait volontairement pas regagné la maison d'arrêt locale...



Originaire de Bar-sur-Seine (Aube), le gardien de la paix Joël Chambault était marié à Nicole Gastelout. Entré en 1974 au centre régional d'instruction de la police nationale à Reims (Marne), il est affecté au terme de sa formation à la brigade canine de Dijon (Côte-d'Or). Le couple et leurs deux garçons s'installent à Sombernon (Aube).

Membre d'une fratrie de dix enfants, Joël Chambault entre très tôt dans la vie active ; à 14 ans il débute comme apprenti boucher à Bar-Sur-Seine. A 18 ans, il s'engage pour une durée de trois ans au 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine (les bérets rouges de Bayonne). Au terme de son contrat, il part à l'aventure pendant six mois aux Indes.

A son retour, il tente de monter une société spécialisée dans le terrassement pour l'aménagement des terres à vignes, mais il décide finalement de rejoindre les forces de l'ordre, comme deux de ses frères - l'un inspecteur de police à Vernon (Eure), l'autre adjudant-chef de l'armée de terre à Vitry-le-François (Aube) - et un cousin - gardien de la paix à Troyes (Aube). Nommé brigadier de police à titre posthume, cité à l'ordre de la nation, Joël Chambault désormais repose au cimetière de Sombernon.


6 Décembre 1985. La cour d'assises de la Côte-D'Or condamne Salah Louhali à la réclusion criminelle dite à perpétuité assortie d'une mesure de sûreté de dix-huit ans sans possibilité de remise de peine ou de permission de sortie. Ses deux complices ont été condamnés à vingt ans de réclusion criminelle. Après sa libération, Accardo sera de nouveau condamné à vingt ans de prison pour son implication dans plusieurs vols à main armées et extorsions violentes commises entre la Bretagne et la Haute-Garonne.

Sources et références:
Entretien avec Jean-Paul Chambault (frère)
Le Télégramme, article du 17/11/2006, "De lourdes peine requises contre les braqueurs"
Le Monde, article du 09/12/1985, "Réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtrier d'un policier"
Le Monde, article du 09/07/1982, "Un policier tué au cours d'une interpellation"
L'Express - La légende des Badinter (googlebooks, 1982)
Le Point - numéros 510 à 519 (googlebooks, 1982)

André MOURGUE

1982 - L'inspecteur André Mourgue est volontairement fauché par un véhicule monté par une bande de malfaiteurs surpris en flagrant délit de vols.
Mardi 6 Avril 1982. L'inspecteur de police André Mourgue, trente-sept ans, regagne son domicile après avoir terminé son service de nuit au commissariat de Bagnols-sur-Cèze (Gard).

Alors qu'il se trouve sur le parking de la Place Pierre Boulot, il surprend des individus en train de commettre des dégradations suivies de vols dans des véhicules en stationnement. Le policier tente de s'interposer mais les malfaiteurs prennent la fuite à bord d'une Mercedes 450 SLE et le percute volontairement alors qu'il se trouve en opposition sur la voie. Trainé sur une centaine de mètres, le policier est retrouvé mortellement blessé à même le sol.

Originaire du Gard, l'inspecteur Mourgue venait d'être affecté à Bagnols-sur-Cèze afin de se rapprocher du noyau familial. Décrit comme un homme de valeurs, pour lequel son engagement dans la police nationale avait un réel sens, il avait débuté sa carrière en région parisienne, et plus particulièrement à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il était marié et père de deux enfants et repose désormais au cimetière de Branoux-les-Taillades. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé inspecteur principal de police à titre posthume.

L'enquête n'amènera jamais à la découverte des auteurs : le véhicule des fuyards immatriculé dans les Yvelines et volé à Monteux près de Carpentras est resté introuvable. Une esplanade a été inaugurée depuis à Bagnols-sur-Cèze tout près du commissariat local en mémoire de l'inspecteur victime du devoir.

Sources :
Journal officiel du 08/04/1982 - page 1062, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde du 07/04/1982, "Un policier tué par des voleurs de voitures"
Le Monde du 10/04/1982, "Mme Badinter s'engage à demander des peines sévères contre les meurtriers de policiers"

Jacques LAGAUCHE

1982 - Le gardien de la paix Lagauche est abattu sur un point-école par un malfaiteur surpris en train de menacer un taxi.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mardi 23 mars 1982. Le gardien de la paix Jacques Lagauche, quarante-quatre ans, se trouve sur un point-école à la proximité immédiate du Collège Les Martinets à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Il aide les enfants à traverser l'Avenue de la République lorsqu'il est directement sollicité par un chauffeur de taxi visiblement apeuré.

Ce dernier n'a pas vraiment le temps d'expliquer la situation : le passager arrière tire aussitôt avec une arme de poing en direction du policier. Le malfaiteur, Bernard Durbec, trente ans, venait de menacer de mort le chauffeur s'il ne lui remettait pas son fond de caisse journalier. Il prenait la fuite après son méfait.

Durbec est interpellé moins d'un quart d'heure plus tard sur les bords de Seine, où il tentait de se dissimuler. Les enquêteurs découvrent que ce multi récidiviste sortait tout juste d'une section psychiatrique de prison avec l'approbation d'un collège d'experts médicaux.

Jeudi 8 Avril 1982. Touché très grièvement au foie et à l'estomac, le policier transporté à l'hôpital Ambroise-Paré à Boulogne-Billancourt meurt de sa blessure rendue inopérable. Il était marié et père de quatre enfants. La place où le policier est décédé porte désormais le nom du "Square Jacques Lagauche". (suites judiciaires ignorées)

Sources :
Journal officiel du 10/04/1982, page 1082, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Monde du 10/04/1982, "Mme Badinter s'engage à demander des peines plus sévères contre les meurtriers de policiers"

Jackie BOUYER & Bernard ROUSSARIE

Le gardien de la paix Jackie Bouyer, trente-et-un ans, décède dans la nuit à l'hôpital de Bayonne. Il était marié à Lysiane et père de deux enfants : Arnaud et Stéphanie.

Le gardien de la paix Bernard Roussarie, trente-quatre ans, est atteint par neuf projectiles et paralysé par une blessure à la colonne vertébrale le jour de l'attentat.

Il est transporté à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux où il épouse Martine alors qu'il se trouve toujours fortement handicapé. Malheureusement, il décèdera des suites de ses graves blessures quelques jours plus tard. Il avait trois enfants.

Avant de mourir, il avait pu reconnaitre formellement son assassin avec le concours des services de l'identité judiciaire.
Contexte : Iparretarrak  -"ceux du nord" en langue basque- est une organisation clandestine armée qui lutte pour l'autonomie du Pays basque depuis 1973. Elle refuse de voir l'identité basque devenir une "identité de supermarché" et leur société basculer vers la spéculation immobilière, la "touristification" et l'agriculture intensive. Elle intensifie ses actions dans les années 1980 en utilisant les explosifs et les armes contre les symboles de l’État français.

En 1982, quatorze membres de la Compagnie Républicaine de Sécurité N°19 basée à La Rochelle (Charente-Maritime) sont envoyés au pays basque pendant un mois pour assurer la surveillance des routes et des chemins, en renfort de la Police aux Frontières. Tous sont logés à l'hôtel "Juantorena", où les épouses sont autorisées à les rejoindre pendant une semaine.


Vendredi 19 Mars 1982. Deux gardiens de la paix de la CRS N°19 quittent leur casernement à bord d'une Renault 4L sérigraphiée. Ils doivent effectuer une patrouille du côté du col d'Ispéguy, situé sur la frontière franco-espagnole à 8 kilomètres de là. Aux environs de 21h, alors qu'ils empruntent la "Gaineko Karrika", ils tombent dans une embuscade.

Des hommes en treillis militaires surgissent du bord de la route depuis une Renault 4L de couleur beige et mitraillent la voiture des CRS à l'aide de STEN MKII, calibre 9mn. Les policiers sont atteints par trois rafales successives de tirs d'armes automatiques.

Le conducteur qui a tenté en vain de forcer l'embuscade, le gardien de la paix Jackie Bouyer, trente-et-un ans, est atteint à la tête. Il décède dans la nuit à l'hôpital de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) ; il était marié à Lysiane et père de deux enfants : Arnaud et Stéphanie.

Le gardien de la paix Bernard Roussarie, trente-quatre ans, est au plus mal : atteint de neuf projectiles et paralysé par une blessure à la colonne vertébrale, il est transporté à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux (Gironde).

Dimanche 18 avril 1982. Bernard Roussarie succombe à une embellie pulmonaire consécutivement aux graves blessures qu'il a reçu pendant l'attentat. Après être sorti du coma, avec le concours des services de l'identité judiciaire, il avait néanmoins pu reconnaître sans hésitation l'auteur des coups de feu : Philippe Bidart, considéré comme le chef historique d'IK. Cinq jours avant, il venait d'épouser Martine alors qu'il se trouvait toujours sur son lit d'hôpital, fortement handicapé. Il avait trois enfants.



Philippe Bidart, vingt-huit ans, dont la maison natale n'est située qu'à quelques pas des lieux de la fusillade est par ailleurs reconnu comme étant l'auteur d'un braquage d'une banque à Saint-Paul-lès-Dax (Landes) en Novembre 1981, ce baïgorriard entré rapidement dans la clandestinité est en fuite et se sait recherché.

Très vite, les enquêteurs font de lui le suspect numéro un. Son visage émacié s'étale à la une des journaux. Le militant devient l'homme le plus recherché de France et de Basse-Navarre. Alors que l'Espagne n'est qu'à une poignée de kilomètres, via le col d'Ispéguy, les forces de l'ordre quadrillent le village pendant plusieurs jours. De Baïgorry à Banca, la montagne est passée au peigne fin. On y retrouve le véhicule 4L abandonné par les terroristes.

Dimanche 7 Août 1983, 19h. Bidart et trois complices sont interceptés à bord d'une Renault 4L immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques par une brigade de la gendarmerie de Montfort près du camping municipal à Léon (Landes). Une longue fusillade éclate. Le gendarme Yves Giummara, trente-deux ans, est tué. Son équipier, le gendarme Jean-Pierre Plouzot est grièvement blessé. Les malfaiteurs prennent la fuite.

Mardi 25 Août 1987. Bidart et sa compagne Lucienne Fourcade, font l'objet d'un contrôle de gendarmerie au lieu-dit Port-Maguide, près de Biscarosse (Landes). Ces derniers sont mêlés aux vacanciers mais leur Renault 4L immatriculée dans les Pyrénées-Atlantiques a fini par attirer l'attention. Bidart tue le gendarme Roger Buschmann et blesse grièvement le Maréchal des logis Guy Chevanton. Le couple prend la fuite.

Samedi 20 Février 1988. Après sept années de cavale, la gendarmerie interpelle Bidart à Boucau (Pyrénées Atlantiques) en compagnie de quatre autres membres de l'organisation terroriste.

12 Novembre 1992. La cour d'assises spéciale de Paris condamne Philippe Bidart à la réclusion criminelle à perpétuité pour les meurtres des gardiens de la paix Bouyer et Roussarie. Il a toujours nié les faits.

9 Juin 1993. Philippe Bidart est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d'assises spéciale de Paris, pour le meurtre du gendarme Buschmann en 1987. Lucienne Fourcade, vingt-neuf ans, est condamnée à cinq ans de prison dont quatre avec sursis, pour complicité du vol avec arme de la voiture de touristes allemands avec laquelle le couple avait pris la fuite à Biscarosse. La jeune femme ne retournera pas en prison, sa peine ayant été confondue avec celle de quatre ans dont trois avec sursis, déjà exécutée, que lui avait infligé, en mars 1991, le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs.

2 Avril 2000. Philippe Bidart et son complice Gabriel Mouesca sont condamnés respectivement à vingt ans et quinze ans de réclusion criminelle pour le meurtre du gendarme Giummara en 1983.

14 Février 2007. Envers et contre toutes les condamnations précédentes, Philippe Bidart, en parfait état de santé, bénéficie d'une libération conditionnelle après dix-neuf ans d'incarcération, sans jamais avoir exprimé aucun remord et ayant toujours nié les faits qui lui sont imputés. Depuis 2010, il est désormais de retour dans la région basque, actif au sein du parti politique nationaliste basque Ipparalde. Il continue sa "lutte" au grand désespoir des familles des victimes.


Sources :
Entretien avec Sébastien Roussarie (fils)
Sud-Ouest du 19/03/2012 : "CRS rochelais assassinés : un si douloureux anniversaire"
Sud-Ouest du 19/03/2012 : "Il y a 30 ans, deux CRS rochelais étaient assassinés au pays basque"
La Dépêche du 15/02/2007 : "Bidart libéré, déjà la polémique"
Obsèques solennelles à La Rochelle - 23 Mars 1982 (archives vidéos, JT Antenne 2, voir à 8mn)

Jean-Louis TUFFAUD


Vendredi 19 Février 1982. Le brigadier de police Jean-Louis Tuffaud, en poste à la 6ème Compagnie républicaine de sécurité de St-Laurent du Var (Alpes-Maritimes), trouve la mort en dévissant lors d'une séance d'entrainement à l'escalade à Isola. Il n'avait que trente-cinq ans.

Mentions légales

Toutes les informations et photographies contenues dans les récits qui suivent ont été obtenues à partir de recoupement d'articles de presse archivés et/ou numérisés dans les moteurs de recherches, et/ou à partir des nombreuses correspondances avec les proches des victimes. Les sources sont citées mais il faut rester prudent sur leur fiabilité.

Les propos injurieux, haineux, indécents et globalement hors sujet ne seront pas acceptés. Il s'agit avant toute chose de rendre hommage à ces personnes.

Tous droits réservés.