André LACHICHE

1976 - Le gardien de la paix André Lachiche est victime d'un tir alors qu'il est sur le point d'interpeller un individu suspect à Dijon.

Il meurt des suites de ses blessures en 1977.
Vendredi 13 Août 1976. Depuis le début de l'été, un violeur en série agissant à visage dissimulé sévit dans les rues de Dijon (Côte-D'Or). Dans la soirée, alors qu'une nouvelle agression vient d'avoir lieu, trois gardiens de la paix repèrent un suspect coiffé d'une cagoule, qui prend aussitôt la fuite.

Alors qu'il est sur le point d'être intercepté, ce dernier exhibe de façon soudaine une arme de poing et fait feu en direction des policiers. Frappé d'une balle à la colonne vertébrale, le gardien de la paix André Lachiche s'écroule inconscient.

La trace du malfaiteur se perd mais quelques instants plus tard, un individu est interpellé sur la base d'un signalement précis : Daniel Brut. Faute d'éléments de preuves supplémentaires, il est laissé libre au terme de sa garde à vue.

Mercredi 7 Décembre 1977. Le gardien de la paix André Lachiche succombe à sa blessure aussi douloureuse qu'inopérable.

En 1979, Daniel Brut est à nouveau interpellé sur les indications d'un témoin resté anonyme. On retrouve effectivement en sa possession un revolver Smith & Wesson 38 spécial. L'expertise est formelle, il s'agit bien de l'arme avec laquelle le gardien de la paix Lachiche a été tué. Daniel Brut est inculpé d'homicide volontaire sur agent de la force publique, de viols, et écroué dans l'attente d'un procès.

21 Décembre 1982. Le procès dans lequel l'avocat général a requis la réclusion criminelle à perpétuité se termine. Mais le dossier présente une irrégularité sur le scellé de la balle meurtrière. Irrégularité sur laquelle la défense va insister tout le long du procès.

Au terme d'une heure et quart de délibéré, la cour d'assises de Côte d'Or déclare que Daniel Brut est non-coupable d'homicide volontaire et de viol ; elle reconnaît néanmoins un port d'arme prohibé. Condamné à trois ans de prison ferme, soit la durée de sa détention provisoire, il ressort donc libre du tribunal.

Sources
Le Monde, article de Robert Cerles du 21/12/1982, "Un homme accusé d'avoir tué un policier acquitté [...]"
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Raymond MARCK & Claude GIRARDIN

Volontaires pour être détachés au Liban,
les CRS Marck et Girardin meurent sous
des tirs d'obus pendant la guerre civile.
La création du Grand Liban par la France en 1920 est une source de contestation pour les nationalistes tant syriens que libanais, qui revendiquent le rattachement du Liban à la Syrie. Damas cherche de ce fait à contrôler le Liban et exerce diverses pressions qui tendent les relations entre les deux États. De plus, dans le contexte de la guerre froide, le Liban s’étant rangé dans le camp occidental, il refuse d’intégrer la République arabe unie et se distingue par sa liberté d’expression, son économie libérale et par une forte communauté chrétienne.

Reste que le nombre de réfugiés et donc de camps palestiniens au Liban surcroît après la guerre des six jours en 1967. Avec l'appui de la Syrie, certains de ces camps organisent des attaques contre l’État d'Israël, lequel contre attaque sur le territoire libanais. La guerre civile éclate en avril 1975 à la suite de graves incidents entre phalangistes chrétiens et palestiniens. Le quotidien : guérilla urbaine, assassinats de civils, francs-tireurs, bombardements. L'ambassade de France est alors située dans la rue de Damas : une artère qui fut, durant la guerre civile, la ligne de démarcation entre les quartiers chrétien et musulman.

En 1976, les premiers détachement de compagnies républicaines de sécurité sont déployés pour garder l'ambassade. Le 12 août 1976, les troupes phalangistes prennent d'assaut le camp de Tell el-Zaatar, situé dans les faubourgs chrétiens de Beyrouth. Autour de l'ambassade, les différents belligérants se tirent dessus à l'arme automatique et aux obus de mortier.

Stèle dédiée aux agents de l'ambassade de France
morts au service de la Paix. - Beyrouth
C'est dans ce contexte que deux effectifs de la Compagnie Républicaine de Sécurité N°38 - Illzach (Haut-Rhin) mettent à profit un arrêt des échanges de coups de feu pour vérifier la présence de troupes dans le parc de la résidence des pins.

Un premier obus vient souffler la façade de l'ambassade. Les deux CRS espèrent trouver à nouveau refuge dans l'ambassade, lorsque un second obus frappe leur position. Le brigadier Raymond Marck et le gardien de la paix Claude Girardin meurent sur place de graves blessures. Une troisième CRS, Jean-Marie Chaudron, est blessé également alors qu'il vient tenter de sauver les désespérés. Rendons hommage au courage de ces hommes.

Originaire de l'Alsace, Raymond Marck, trente-sept ans, marié et père de cinq enfants, est cité à l'ordre de la nation et nommé officier de paix à titre posthume. Originaires des Vosges, Claude Girardin est cité à l'ordre de la nation et nommé brigadier de police à titre posthume.

Sources:
Journal officiel du 14/08/1976, page 4883, "Citations à l'ordre de la nation"
Un demi-siècle au service de la République, de Robert Pinaud - éd. L'Harmattan (2013)

Dominique LAROSE

1976 - Le gardien de la paix stagiaire Larose
est abattu par un employé de la surveillance
générale du métropolitain à Paris.

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Contexte : Au milieu des années 70, la sécurité des usagers du métro, dont la responsabilité relève seule de la régie autonome des transports parisiens (RATP), s'est fortement dégradée. Entre avril 1970 et mai 1976, les agressions de voyageurs et d'agents de la RATP ont simplement doublé.

Le phénomène relevé par la presse ne manque pas de créer une psychose au sein de la population parisienne, si bien que la question de céder totalement la sécurité des usagers à la préfecture de police est posée. En octobre 1974, des opérations "police-métro" sont mises en place chaque semaine, à la grande satisfaction des parisiens. Le drame qui suit précipitera la création d'une unité spéciale : le service de protection et de sécurité du métropolitain de la préfecture de police (actuelle brigade des réseaux ferrés).

Dimanche 8 Août 1976. Claude Madigou, trente-huit ans, agent de la surveillance générale de la RATP, prend son service à la station Trocadéro dans le 16ème arrondissement de Paris. Il accuse trois quart d'heure de retard, et pour cause, il est copieusement alcoolisé.

Vers minuit, il décide de contrôler le titre de transport d'un voyageur tunisien qu'il suspecte de fraude. Un différend éclate très vite entre les deux hommes tant et si bien que Madigou finit par exhiber son arme de service, et menace directement le contrevenant - les agents de la surveillance générale opérant de nuit sont assermentés et effectivement armés. Le chef de station qui tente de raisonner son collègue est repoussé dans son bureau et intimé de ne pas en sortir.

Un usager qui pense assister à une agression prévient un gardien de la paix stagiaire en tenue qui vient de terminer un service de garde statique sur l'arrondissement : Dominique Larose. L'un de ses collègues, Henri Latrache, est également présent mais il se trouve sur le quai opposé.

Alors que le gardien de la paix Larose exige de Madigou qu'il lui remette son arme, ce dernier se trouve toujours dans un état d’excitation aberrant. Il finit par saisir violemment à la gorge le contrevenant. Le jeune policier s'interpose mais Madigou le repousse, le désigne avec son arme et fait feu, le tuant net frappé d'une balle tirée en plein coeur. Dans le même temps, le gardien de la paix Latrache qui vient d'assister à la scène applique plusieurs tirs et abat Madigou. L'enquête déterminera que ce dernier, employé depuis onze ans à la RATP, avait 2,4g d'alcool dans le sang.

Le gardien de la paix Dominique Larose n'avait que vingt-six ans et se trouvait encore en formation en Compagnie d'instruction et de garde sur le 16ème arrondissement. Il est élevé à l'échelon le plus haut de son grade à titre posthume, et reçoit la médaille d'honneur de la police nationale, ainsi que la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement.

Sources :
Journal télévisé du 08/08/1976
Le Nouvel Obs du 16/08/1976, "Mourir dans le métro" par Katia D. Kaupp
Le Monde du 11/08/1976, "L'agent de sécurité de la RATP était pris de boisson"
Le Monde du 10/08/1976, "Deux personnes sont tuées à la station Trocadéro"
Le Monde du 21/01/1975, "Des képis dans le métro"

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