Jean BENOIST & Pierre GUICHET

1974 - 30 Septembre 1974. Un inspecteur de police et un gardien de la paix sont tués par un forcené porteur d'explosifs dans le centre ville de Rochefort-sur-Mer.
Lundi 30 Septembre 1974. Claude Courpron, puisatier, se rend au tribunal de grande instance de Rochefort-sur-Mer (Charente-Maritime) et tente d'obtenir sous la contrainte un entretien avec le procureur de la République. Il est 11h.

Cet ancien artificier de l'armée entend effectivement régler une douloureuse affaire civile le concernant, et s'est bardé de pains de dynamite pour asseoir sa détermination.

Débouté malgré tout, le forcené quitte le tribunal toujours ceinturé d'explosifs. Le procureur de la République donne lui-même l'alerte au commissaire principal Camille Arbefeuille. Ce dernier demande l'assistance de l'inspecteur principal Jean Benoist, lequel a pris ses fonctions depuis seulement trois jours dans cette circonscription et du gardien de la paix Pierre Guichet.

Les trois policiers se rendent sur place et repèrent l'individu qui déambule les mains dans les poches. Les policiers le suivent discrètement sur la Place Colbert par la Rue de la République, mais constatent qu'il prend la direction de la Rue Audry de Puyravault : une artère commerçante très fréquentée.

Alors qu'il se trouve à hauteur du "Café de la paix", l'agent Guichet saisit un bras du forcené tandis que l'inspecteur Benoist lui emboite le pas. Mais le forcené actionne le détonateur : une explosion d'une rare violence souffle les murs et vitrines avoisinantes, emportant les vies des deux policiers, du forcené et blessant grièvement le commissaire Arbefeuille ainsi qu'un riverain, le Docteur Kerhoas.

Dans la ville, le traumatisme est à son paroxysme et l'affaire, unique en son genre, fait l'objet de beaucoup d'interprétations.

Mercredi 13 Novembre 1974. La voie desservant le lotissement "La Forêt" est baptisée "Rue MM. Benoist et Guichet, policiers victimes du devoir".

Sources et références:
Entretien avec la famille Benoist
Journal télévisé du 30/09/1974, "reportage sur le lieu des faits à 19mn55"
Le Monde du 01/10/1974, "Un homme se fait sauter à la dynamite"
Sud-Ouest du 02/10/1974 (coupure de journal)
Sud-Ouest du 03/10/1974
(coupure de journal)
Sud-Ouest du 11/10/1974 (coupure de journal)
Sud-Ouest du 16/10/1974 (coupure de journal)
Les échos du Quartier du 30/03/2015
Originaire des Deux-Sèvres, l'inspecteur principal Jean Benoist, quarante-cinq ans, était marié et père de sept enfants ; il est nommé inspecteur divisionnaire à tire posthume.
Originaire de Charente-Maritime, le gardien de la paix Pierre Guichet, cinquante et un ans, était également marié et père de famille.

Il est nommé brigadier de police à titre posthume. Tous deux sont cités à l'ordre de la nation et décorés de la médaille d'honneur de la police nationale.

Charles PALMISANO

1974 - Le gardien de la paix Charles Palmisano est abattu dans une terrible fusillade par des malfaiteurs surpris en flagrant délit de vol à main armée dans un établissement bancaire à Paris. Il avait 33 ans.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mardi 3 Septembre 1974. Trois malfaiteurs aux visages masqués entrent dans une succursale de la Banque Industrielle et Commerciale sise 88, Boulevard Barbès dans le 18ème arrondissement de Paris. Il est 14h30.

Dans les années 70, les petites banques de proximité poussent dans les rues de Paris, mais elles sont insuffisamment sécurisées.

Le sinistre trio menace sur le champ deux employés qui se trouvent à l'accueil et leur offrent des sacs à remplir de billets. Mais le casse va tourner court. Le directeur de la banque parvient à s'éclipser par une porte intermédiaire et se rue vers un gardien de la paix qui régule la circulation au coin de la rue Ordener. Ce dernier se rend alors jusqu'à son véhicule et avertit le central par radio de la situation.

Un car de Police-Secours arrive en premier sur les lieux par la Rue Marcadet et les policiers se positionnent à proximité de l'entrée de la banque, dont ils ne connaissent pas la configuration des lieux. Parmi eux, le gardien de la paix Charles Palmisano, trente-trois ans, équipé d'un pistolet mitrailleur, se place près du car de police, face à une porte vitrée opaque. Il se pense suffisamment excentré de l'entrée de l'établissement mais il ignore que la porte vitrée donne dans un couloir situé à l'arrière de la banque.

A l'intérieur, les trois truands paniquent. L'un d'eux décide d'emprunter le dit couloir et perçoit la silhouette du policier. Il tire à plusieurs reprises dans sa direction. Atteint à la tête, le gardien de la paix Palmisano s'écroule et ne se relèvera jamais. Pris par surprise, les autres policiers ripostent tant bien que mal, et le brigadier Lucien Rochefort, trente-neuf ans, s'écroule à son tour, grièvement atteint à la poitrine et au ventre.

Deux truands entament une fuite éperdue vers le nord du Boulevard Barbès où une nouvelle fusillade se produit avec des effectifs de police venus en renfort. L'un des braqueurs, Marcel Thevenot, vingt-huit ans, est abattu. Il venait de prendre en otage un riverain qui sera blessé dans l'échange de coups de feu. Son complice, André Philippon, tente désespérément de fuir en empruntant un hall d'immeuble où il est interpellé sans ménagement.

Dans le même temps, le troisième malfrat, Alexandre Vateran, trente et un ans, s'est emparé d'un fourgon et prend la fuite vers le boulevard de la Chapelle en emmenant deux otages : le caissier, Gérard Perrier, et un jeune stagiaire, Denis Bucillat.

Vateran emprunte le Boulevard Ney mais il perd le contrôle du véhicule et percute un arbre. Une fusillade éclate encore, le meurtrier de l'agent Palmisano est abattu. (suites judiciaires ignorées concernant Philippon)

Sources :
Journal télévisé du 03/09/1974 (reportage sur le lieu des faits à 10mn45)
"30 ans de bitume" de Gérard Gatineau, éd. l'harmattan
Le Monde, article du 05/09/1974, "3 personnes sont tuées et 4 autres blessées au cours d'un attaque à main armée"

René SUBRA

1974 - Le gardien de la paix René Subra est abattu par des malfaiteurs surpris en flagrant délit de cambriolage à Agde.

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Mardi 9 Juillet 1974. Les policiers de la brigade de surveillance de nuit du commissariat d'Agde (Hérault) surprennent en flagrant délit trois malfaiteurs qui s'apprêtent à cambrioler l'hôtel des postes de la ville. Il est 1h45 du matin.

Très vite, une fusillade éclate. Le gardien de la paix René Subra, quarante-six ans, est tué, ainsi qu'un témoin de la scène désireux de prêter main forte aux policiers. Il s'agit de M. Jacques Gely, négociant local âgé de vingt-six ans. Les trois malfrats parviennent à prendre la fuite. (suites judiciaires inconnues)

Sources :
Journal officiel du 11 Juillet 1974, page 7241
Le Monde, article du 10/07/1974, "Un policier et un passant sont tués au cours d'un cambriolage"

Jean YAGUES

1974 - Le brigadier Jean Yagues est fauché volontairement par le conducteur d'un véhicule signalé volé près de Grenoble.

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Samedi 26 janvier 1974. Des policiers de Grenoble (Isère) repèrent un véhicule Citroën DS suspect monté par au moins sept individus en provenance du quartier de l'Abbaye-Jouhaux. Il s'agit effectivement d'un véhicule volé qui a été régulièrement utilisé par les jeunes voyous de ce quartier réputé très difficile, servant à faire des "rallyes" entre bandes entre les immeubles à grande vitesse.

Le brigadier Jean Yagues se porte sur la voie pour intimer au conducteur du véhicule de stopper sa progression, mais celui est ci est fauché volontairement. Le conducteur et ses complices parviennent à prendre la fuite en abandonnant le corps meurtri du policier.

Jeudi 14 Février 1974. Le brigadier Jean Yagues décède des suites de ses graves blessures reçues dans l'accomplissement de sa mission. Ses obsèques officielles ont lieu quatre jours plus tard à Grenoble en présence de représentants de tous les services de police de la ville, ainsi que des autorités administratives et judiciaires. Il est nommé Officier de paix à titre posthume et cité à l'ordre de la nation.

Le brigadier Yagues avait déjà été victime sept ans auparavant de plusieurs coups de feu alors qu'il tentait de contrôler deux individus suspectés d'avoir commis un vol. Son équipier, le gardien de la paix Sylvain Sère, trente-huit ans, n'avait pas survécu.

Rapidement identifié, le conducteur mineur de la Citroën DS est interpellé avec ses complices dans le quartier de L'Abbaye dont les proches venaient réclamer bruyamment la libération devant le commissariat, puis au palais de justice.

L'information ouverte à la suite du décès du brigadier n'a pas permis d'établir le caractère volontaire des agissements du mis en cause qui a été condamné pour homicide involontaire et délit de fuite à trois ans d'emprisonnement (le maximum légal étant de quatre ans).

Sources :
Archive Le Monde du 31/03/1967, "Un policier est tué par un cycliste qu'il interpellait"
 
Archive Le Monde du 01/04/1967, "Les meurtriers seraient des nord-africains" 
Archive Le Monde du 02/04/1974, "Les loulous de l'Abbaye"
Archive Le Monde du 20/02/1974, "Aucun divorce entre la police et la justice"
Journal officiel du 20/02/1974, page 1987, "Citation à l'ordre de la nation"
Compte rendu de séance Sénat du 24/07/1975

Guy BOURDEL

Dans la nuit du dimanche au lundi 21 Janvier 1974, le corps du gardien de la paix Guy Bourdel est découvert au commissariat de Lézignan (Aude), alors situé Cours de la République. L'enquête confiée aux antennes régionales de la police judiciaire de Perpignan et Montpellier établit qu'il s'agit d'un assassinat : le policier a été abattu avec sa propre arme de service alors qu'il gardait les locaux de 20h à 4h du matin. L'arme n'a jamais été retrouvée et le meurtre reste non élucidé à ce jour.

En 1975, le commissariat ferme ses portes et laisse place à un poste de police municipale.

Sources :
L'indépendant, article du 19/09/2014, "Lézignan : des gardes champêtres aux policiers, toute une histoire"
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